Les monuments spontanés limités à six mois

La Ville d'Ottawa a décidé de réglementer l'installation de monuments spontanés... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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La Ville d'Ottawa a décidé de réglementer l'installation de monuments spontanés sur les voies publiques en l'honneur de victimes d'accident.

Le comité des transports de la municipalité a décidé de limiter leur présence à six mois. Cette mesure vise à respecter le deuil des proches, mais aussi d'éviter de provoquer d'autres incidents fâcheux sur la route.

«Il s'agit d'un enjeu complexe et très délicat», a témoigné Keith Egli, président du comité, qui devait se pencher sur l'épineuse question mercredi.

Depuis quelques années, quelques hommages ont fait surface dans la municipalité pour commémorer le décès d'une personne. Du nombre, les vélos fantômes - peints en blanc - ont attiré l'attention. Comme celui installé à l'intersection des rues Bank et Riverside en l'honneur de Meg Dussault, renversée et tuée par un camion lorsqu'elle circulait à cet endroit à l'été 2013.

«Je ressens un mélange de tristesse et de frustration. Meg Dussault était une très bonne amie. L'apparition de bicyclettes fantômes, installées par des étrangers et non des membres de la famille, est pratiquée partout au monde. Comment peut-on dire qu'ils sont des dangers? Des camions continuent de tourner à ce coin, pourtant on ne fait rien pour éliminer ce danger!» a pesté la citoyenne Tina Bélanger aux membres du comité, un trémolo dans la voix.

À l'inverse, le résident Tim Farr a dit sympathiser «du fond du coeur» avec Mme Bélanger. Toutefois, a rappelé que les voies publiques, payées par les contribuables, doivent être réglementés pour éviter les obstructions pour piétons et cyclistes de même que les distractions pour les automobilistes.

«Je suis favorable à ce que la municipalité tranche pour ces raisons, même si je sympathise avec les proches des victimes», a-t-il plaidé.

Dans la même veine, le conseiller municipal David Chernushenko, un fervent cycliste, croit que le deuil doit éventuellement «s'éloigner des trottoirs».

«Depuis trois ans que j'en entends parler et bon nombre de gens soutiennent qu'un tel monument soit temporaire. Il est devenu clair qu'il fallait prendre une décision.»

Seule la conseillère municipale dans Somerset, Catherine McKenney, a voté contre le nouveau règlement. Elle croit qu'une durée plus appropriée aurait été d'un an.

Le conseil municipal doit donner sa bénédiction finale la semaine prochaine.

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