Uber crée encore des remous

Une cinquantaine de chauffeurs de taxi ont accueilli... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Une cinquantaine de chauffeurs de taxi ont accueilli bruyamment Chris Schafer, un des dirigeants d'Uber, lors de sa visite à Ottawa.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Le passage d'un cadre d'Uber Canada à Ottawa n'est pas passé inaperçu mardi.

Une cinquantaine de chauffeurs de taxi de la capitale nationale ont accueilli le gestionnaire des politiques publiques de l'entreprise de covoiturage commercial, Chris Schafer, et des commerçants de la région avec pancartes et chants de «honte à vous» au Musée canadien de la nature.

Les manifestants avaient une dent contre le Regroupement des gens d'affaires de la capitale nationale (RGA), qui avait invité le dirigeant d'Uber pour une conférence dans le cadre d'un dîner-causerie.

«Uber est un voleur. Nous ne laisserons pas exploiter leur service!, a scandé Amrik Singh, président du syndicat de tous les chauffeurs de taxi d'Ottawa. Pourquoi les gens d'affaires appuient-ils une entreprise illégale? Nous, nous sommes de vrais hommes d'affaires. Nous demandons leur appui.»

Malgré la présence de quelques policiers, la mobilisation des chauffeurs de taxi n'a pas dégénéré. Un seul contestataire a réussi à franchir les portes du musée avant d'être intercepté par des agents de sécurité qui lui ont demandé poliment de quitter les lieux.

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Le gestionnaire des politiques publiques d'Uber, Chris Schafer

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À l'intérieur, le président du conseil d'administration du RGA, Denis Chaîné, a expliqué le choix d'inviter un représentant d'une entreprise «illégale» à Ottawa.

«En invitant M. Schafer aujourd'hui, on ne vient pas applaudir ou crucifier Uber de quelque façon que ce soit. Nous sommes ici pour les écouter et prendre connaissance de leurs services et de leur modèle d'affaires. [...] Peu importe les réalités réglementaires ou légales, nous ne sommes pas là pour favoriser le modèle Uber versus celui de l'industrie du taxi. Ces derniers ont complètement le droit de s'exprimer, de manifester. Ils auraient pu se procurer des billets pour cet événement public...»

Pas un compétiteur direct

De son côté, M. Schafer a dressé les grandes lignes de «l'entreprise technologique» américaine lors de son discours. Il a aussi réfuté les allégations qu'Uber exploite un service illégal, rappelant que des injonctions déposées par les villes d'Edmonton et de Toronto à cet effet ont été rejetées par un juge.

«Ils ont jugé que le cadre réglementaire actuel ne s'appliquait pas à Uber et que l'enjeu est d'ordre politique. Des changements aux politiques municipales doivent être entrepris et c'est sur quoi la ville d'Ottawa s'attarde en ce moment avec sa réforme de l'industrie du taxi», a-t-il soutenu après avoir passé la matinée à l'hôtel de ville.

M. Schafer a par ailleurs laissé entendre qu'environ 50% des chauffeurs Uber d'Ottawa travaillent moins de 10 heures par semaine.

«Pour la plupart d'eux, il ne s'agit pas d'un emploi à temps plein, voire à temps partiel. Il leur permet simplement d'arrondir les fins de mois.»

À cet effet, il soutient qu'Uber n'est pas en compétition directe avec l'industrie du taxi.

«À mon avis, il s'agit de deux services complémentaires. La vraie compétition est le véhicule de chaque particulier. Si vous pouvez offrir un service sécuritaire, moins coûteux et plus efficace alors à ce moment vous rivalisez avec les coûts associés à la réalité d'être propriétaire d'une automobile.»

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