Les chauffeurs de taxi pressent la capitale d'agir

Une cinquantaine de chauffeurs de taxi d'Ottawa ont... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Une cinquantaine de chauffeurs de taxi d'Ottawa ont manifesté mercredi matin à l'hôtel de ville pour exiger plus d'actions contre Uber.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Une cinquantaine de chauffeurs de taxi d'Ottawa ont manifesté «symboliquement» mercredi matin à l'hôtel de ville pour exiger une intervention accrue de la municipalité contre le service de covoiturage commercial Uber.

«Nous sommes venus ici pour dire à la Ville d'Ottawa qu'ils doivent en faire plus contre Uber. Ce service illégal est exploité depuis un an. Pourtant, il faut un permis pour conduire un taxi, pourquoi n'y a-t-il pas de conséquences? Nous demandons aux policiers et aux agents de réglementation municipaux de cibler davantage ces chauffeurs, [...] parce que sinon, quelque chose de malheureux se produira en ville et nous leur rappellerons qu'ils n'auront rien fait pour le prévenir», a expliqué Amrik Singh, président du syndicat Unifor représentant tous les chauffeurs de taxi d'Ottawa.

Malgré le ton dur de M. Singh, aucun geste disgracieux n'a été observé mercredi. Une dizaine de policiers étaient sur place. Au moins un policier était muni d'une caméra vidéo pour enregistrer tout débordement.

Au cours des dernières semaines, quelques actes de violence ont éclaté en ville. Certains chauffeurs de taxi ont même organisé des opérations «d'infiltration» auprès de leurs semblables d'Uber et des prises de bec entre les deux clans se sont répétées.

«Malheureusement, une poignée de nos chauffeurs ont agi de façon répréhensible, outrés par l'absence du renforcement des règles municipales et du manque de respect pour notre profession. Les gens de l'industrie du taxi sont extrêmement frustrés», a signalé M. Singh.

Faire comme Uber

Quelques chauffeurs ont d'ailleurs vivement exprimé leur colère verbalement, mercredi, au 110, avenue Laurier Ouest.

«Si le statu quo persiste au cours des prochains mois, je vais commencer à exploiter mon taxi comme Uber. C'est la seule façon que l'on pourra rivaliser. Je ne renouvellerai pas ma licence (en avril), je n'effectuerai pas mes vérifications de sécurité. Je ne suivrai plus les règles. Ce sont les politiques municipales - et leur non-respect - qui nous mettre dans cette position. Nos dépenses sont beaucoup plus grandes», a lancé Tony Hajjar, un chauffeur travaillant sous la bannière West Way.

«Mais où sont donc les lois dans ce pays? Pourquoi n'y a-t-il pas plus de contraventions? C'est honteux! Ce n'est pas de nature canadienne, car dans ce pays on respecte les règles», a enchaîné son homologue de Capital Taxi, Faouz Moussa.

Une porte-parole de la Ville d'Ottawa, Susan Jones, a rappelé que les efforts pour épingler les chauffeurs clandestins se multiplient.

«À l'heure actuelle, nous avons déposé 148 chefs d'accusation contre 64 chauffeurs Uber, a-t-elle indiqué. Nous encourageons le public à choisir des taxis légaux, car nous ne pouvons pas assurer leur sécurité à bord de véhicules non réglementés.»

Les chauffeurs de taxi avaient choisi spécifiquement le 16 septembre pour présenter une lettre avec leurs doléances au maire d'Ottawa, Jim Watson. Il s'agissait d'une journée de mobilisation de l'industrie mondiale du taxi contre Uber. M. Singh s'est dit satisfait par le nombre de manifestants présents, lui qui ne voulait pas perturber le service à sa clientèle ni déranger le public.

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