Les contrôles de routine sous examen

L'an dernier, les agents du Service de police... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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L'an dernier, les agents du Service de police d'Ottawa ont effectué 4 405 contrôles de routine.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Un mois et demi après que Queen's Park ait annoncé l'instauration de nouvelles règles «plus claires» pour mettre un terme à des pratiques jugées injustifiables, le Service de police d'Ottawa (SPO) est en pleine période de consultation et de révision au sujet du fichage, cet acte controversé qui consiste à ce que les policiers procèdent à des contrôles de routine pour obtenir de l'information sur des gens qui ne sont ni arrêtés, accusés ou suspectés de quoi que ce soit.

Même s'il accueille favorablement la décision du gouvernement provincial, le SPO persiste à dire, dans un rapport présenté hier à la commission des services policiers, que cette pratique est un outil clé pour aider à résoudre et à prévenir la criminalité sur son territoire.

Par exemple, un agent peut agir ainsi s'il aperçoit un fourgon inconnu garé à l'extérieur d'un complexe industriel tard la nuit ou si un individu inconnu est vu en train de parler à un membre connu d'un gang de rue.

Une telle opération n'est pas faite à tout hasard, précise-t-il, admettant du même souffle qu'une politique et une formation claires sont nécessaires.

L'an dernier, les agents du SPO ont effectué 4405 contrôles de routine, une pratique permettant de recueillir et d'enregistrer des informations à partir d'interactions et d'observations que plusieurs perçoivent comme du profilage racial. Il s'agit d'un recul de 17% par rapport à l'année précédente et de 37% en comparaison avec 2012.

«Trouver un équilibre»

«Il faut s'assurer de trouver un équilibre entre la sécurité publique et les droits des individus, a indiqué en juin le chef du SPO, Charles Bordeleau. Il avait du même coup admis que ses agents utilisent ces contrôles notamment pour bâtir leurs enquêtes et obtenir des mandats de perquisition, ainsi que pour préparer des opérations d'infiltration de revendeurs de drogue, par exemple.

Une fois la période de consultation terminée, le corps policier prévoit fournir une rétroaction aux directives provinciales cet automne, en vue de la mise en oeuvre de celles-ci à l'hiver prochain.

De 2011 à 2014, 23402 contrôles de routine ont été effectués par le SPO. Parmi les 45802 personnes interpellées, 80% étaient des hommes et 40% étaient âgés entre 20 et 29 ans. Plus de la moitié étaient des Caucasiens blancs (58%), alors que les autres étaient des Noirs (20%) ou des Moyens-Orientaux (14%). De plus, le tiers des gens étaient dans le système plus d'une fois et la majorité des interceptions se sont déroulés entre 20h et minuit.

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