Des francophones défavorisés

Marc (nom fictif) a l'ambition de grimper les échelons, mais son employeur, la... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Marc (nom fictif) a l'ambition de grimper les échelons, mais son employeur, la Ville d'Ottawa, ne lui facilite pas la vie. Exaspéré que des formations en français soient «systématiquement annulées» en raison d'une trop faible participation, il dépose une plainte à la Direction des services en français (DSF), dans l'espoir que justice soit faite.

L'histoire ne dit pas si Marc a finalement participé au programme de perfectionnement. Les données consultées par LeDroit révèlent toutefois qu'il n'est pas le seul employé francophone à s'être buté à l'administration municipale, dans l'exercice de ses droits linguistiques.

Plus d'une quinzaine de francophones à l'emploi de la Ville se sont sentis suffisamment lésés dans leurs droits linguistiques.

La DSF a fermé le dossier de Marc deux semaines plus tard, après avoir rappelé le Centre d'apprentissage à ses devoirs pour que des «mesures soient prises afin d'accroître le nombre d'employés inscrits aux cours en français». Pourtant, la politique de bilinguisme est claire: «les cours [doivent être] offerts en français même si au début la participation est peu élevée», peut-on lire dans le document adopté en 2001 par le conseil municipal.

Plus d'une quinzaine de francophones à l'emploi de la Ville se sont sentis suffisamment lésés dans leurs droits linguistiques pour déposer une plainte contre leur employeur, de 2011 à août 2014. Les raisons sont variées.

En juillet 2013, un employé d'OC Transpo en avait assez de voir des collègues être embauchés sans avoir les «compétences linguistiques requises». Il jugeait la situation «injuste» pour les employés qui, eux, étaient réellement bilingues. La DSF a pris plus de quatre mois à clore le dossier après avoir «discuté» avec les gestionnaires d'OC Transpo.

En septembre 2011, la DSF s'est penchée sur une autre plainte interne provenant celle-là du Service des loisirs. Un fonctionnaire jugeait «non inclusif» un événement pour les employés conçu entièrement en anglais. Des «ateliers et interventions» en français ont été ajoutés après l'intervention de la DSF.

Les citoyens ne sont pas les seuls à remarquer les erreurs de français que commet la Ville dans ses communications. En août 2013, un employé a rappelé la municipalité à l'ordre parce que ses messages sur son site Internet au sujet des travaux routiers «ne sont pas vérifiés et contiennent souvent des fautes». Le Service des communications a admis son erreur et a offert ses excuses.

NOMBRE DE PLAINTES PAR ANNÉE À LA DSF

2014* 91

2013 89

2012 49

2011 62

2010 88

2009 31

2008 26

2007 36

2006 30

2005 32

2004 33

2003 41

2001-02 19

* De janvier à septembre

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