Casse-tête linguistique à la Ville d'Ottawa

Dans la foulée de la fusion municipale en 2001, la nouvelle Ville d'Ottawa... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Dans la foulée de la fusion municipale en 2001, la nouvelle Ville d'Ottawa s'est dotée d'une politique de bilinguisme et, du même souffle, d'un organe chargé de la faire respecter : la Direction des services en français (DSF). Celle-ci reçoit chaque année des dizaines de plaintes d'employés municipaux et de citoyens, qui rappellent que vivre et travailler en français est un droit qui n'est pas encore pleinement acquis dans la capitale du pays. LeDroit a consulté un résumé de toutes les plaintes traité par la DSF de janvier 2011 à août 2014, en vertu d'une demande d'accès à l'information.

Respecter la politique de bilinguisme de la Ville d'Ottawa est un véritable casse-tête pour OC Transpo et le Service des loisirs de la Ville d'Ottawa. C'est du moins l'un des constats à tirer après consultation des rapports de plaintes produits par la Direction des services en français pour les trois dernières années.

Erreurs de traduction sur des affiches, messages sur les réseaux sociaux truffés de fautes ; les usagers du transporteur sont régulièrement confrontés à une utilisation approximative du français. Et dans certains cas, OC Transpo met des semaines sinon, voire des mois à apporter les corrections.

La gestionnaire de la Direction des services en français (DSF), Renée Bertrand, estime qu'il est normal que les services les plus utilisés par les citoyens soient aussi ceux qui sont le plus souvent visés par des plaintes.

« Le Service de transport en commun et le Service des loisirs sont plus souvent visés que d'autres puisqu'ils sont les services utilisés par un grand nombre de citoyens. Il s'agit aussi de services de première ligne à la clientèle. Le nombre de plaintes est proportionnel à la visibilité de ces services dans la vie de tous les jours des résidents d'Ottawa », affirme-t-elle.

Mais comment la résolution de certaines plaintes peut-elle s'étendre sur plusieurs semaines, lorsqu'il s'agit, par exemple, d'une simple erreur de traduction ?

Voyons celle-ci :

Plainte : « Affiches promotionnelles pour (le service) Presto (d'OC Transpo) en anglais seulement ». Dénouement : « Une réimpression des affiches sera faite pour tous les points de vente et d'information ». Temps de résolution : « 30 jours ouvrables ». Soit plus d'un mois.

En fait, un délai de 45 jours ouvrables est la cible visée par la DSF. Elle y arrive dans « 90 % des cas », dit-elle.

En ce qui concerne le Service des loisirs, les plaintes touchant le manque d'activités en français dans l'ouest de la ville sont particulièrement récurrentes. Historiquement plus nombreux dans l'est, les francophones sont aujourd'hui présents aux quatre coins de la municipalité.

Manque de ressources

En réalité, la DSF manque de ressources pour s'assurer de la qualité et de l'uniformité du français dans l'appareil municipal. Au total, environ 60 % des plaintes envoyées concernent des fautes flagrantes de français sur des affiches qui portent le seau de la Ville d'Ottawa.

La DSF dit traiter chaque jour « plus de 120 demandes de traduction ». Ce boulot monstre est accompli par trois traducteurs à l'interne et une quarantaine de pigistes à l'externe.

« Dans un contexte municipal, les délais sont souvent extrêmement serrés et allouent parfois à peine assez de temps pour la traduction », avoue Mme Bertrand.

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