Le périple des boat people: le Projet 4000, une initiative ottavienne

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Marion Dewar, mairesse d'Ottawa à l'époque, avait pris l'initiative d'accueillir 4000 réfugiés d'Asie du Sud-Est.

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Le Droit

C'est en voyant à la télévision la détresse des boat people, ces réfugiés de la mer d'Asie du Sud-Est, que la mairesse d'Ottawa de l'époque, Marion Dewar, a entrepris les démarches pour que la Ville vienne en aide à ces réfugiés.

Son fils Paul Dewar, aujourd'hui député fédéral d'Ottawa-Centre, se souvient encore de l'affliction de sa mère à la vue de ces images. «Elle était touchée par ce qui se passait, raconte-t-il. En tant que descendante d'immigrants écossais qui avaient vécu longtemps dans la pauvreté, elle comprenait la détresse et le besoin de ces gens.»

Le gouvernement canadien s'était fixé un quota de 8000 réfugiés à accueillir sur son territoire pour l'année 1979.

Constatant que seulement la moitié avait pu venir au pays, la mairesse Dewar a pris l'initiative d'accueillir le reste des réfugiés, soit 4000.

C'est dans ce contexte que la Ville d'Ottawa a lancé, en 1979, le Projet 4000, par lequel des résidents de la région ont parrainé près de 400 réfugiés vietnamiens, cambodgiens et laotiens afin de les accueillir dans la capitale nationale.

Une générosité qui a fait sa marque

L'élan de solidarité a été sans précédent. Après avoir lancé la campagne de parrainage à travers les médias locaux, de nombreuses personnes ont répondu à l'appel de solidarité.

Voyant cette initiative prendre de plus en plus d'ampleur, le conseil municipal vota à cette époque à l'unanimité en faveur du Projet 4000.

Après seulement quelques mois, près de 4000 réfugiés ont pu être accueillis grâce au parrainage privé. L'Outaouais a reçu environ 800 d'entre eux.

Le premier ministre Joe Clark a emboîté le pas, permettant à près de 60000 réfugiés d'Asie du Sud-Est de fuir les régimes communistes. 

D'ailleurs, le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a reconnu la contribution de la population canadienne en décernant la distinction Nansen pour les réfugiés au «peuple canadien», en 1986, faisant ainsi du Canada la seule nation à avoir obtenu cette distinction.

Tensions diplomatiques entre le Vietnam et le Canada

L'adoption d'un projet de loi qui institue une journée nationale de commémoration de l'exode des réfugiés vietnamiens et de leur accueil au Canada crée des tensions dans les relations entre le Vietnam et le Canada.

Alors que le Canada commémore le 30 avril comme la «Journée du Parcours vers la liberté», marquant ainsi la chute de Saigon en 1975 et le départ des réfugiés de la mer vers le Canada, les autorités vietnamiennes y voient «une loi totalement aberrante qui dénature l'histoire de la lutte du peuple vietnamien pour la libération et la réunification nationale».

Le porte-parole du ministère vietnamien des Affaires étrangères, Le Hai Binh, a fait savoir que son pays «s'oppose énergiquement à l'adoption par le Canada de cette loi». Son ministère a d'ailleurs convoqué l'ambassadeur du Canada au Vietnam, le 24 avril dernier, pour lui signifier sa désapprobation.

Pour le sénateur Thanh Hai Ngo, qui a piloté le projet de loi, cette loi n'a pas été faite pour heurter la République socialiste du Vietnam, mais pour reconnaître l'action du Canada dans l'accueil des réfugiés vietnamiens.

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