Les inspecteurs d'OC Transpo coûtent plus cher qu'ils rapportent

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Dès la fin décembre, OC Transpo modifiera son offre de service pour pallier les «répercussions disproportionnées» qu'ont subies certains utilisateurs l'an dernier.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Année après année, la rémunération des inspecteurs d'OC Transpo coûte plus cher à la Ville d'Ottawa que les revenus générés par leurs constats d'infraction remis aux usagers n'ayant pas acquitté leurs droits de passage. Plus précisément, le gouffre s'élève à plus d'un demi-million de dollars depuis 2011.

En 2014 seulement, le trou s'élève à plus de 242000 $, selon des chiffres obtenus par LeDroit en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

OC Transpo se défend toutefois de trop payer ses inspecteurs et agents spéciaux dont la tâche est de capturer les pêcheurs qui embarquent par la porte arrière d'un autobus pour économiser quelques dollars.

« Leur rôle outrepasse l'émission de contraventions. Ils assurent aussi le bien-être et la sécurité des usagers. Nous voulons qu'ils soient là pour éduquer les clients sur nos services également. C'est pour cette raison que nous ne donnons pas toujours des amendes, mais des avertissements verbaux et par écrit. Il faut avoir un équilibre et non seulement donner des amendes aux gens », explique Troy Charter, directeur général adjoint d'OC Transpo.

Bon an, mal an, les 12 inspecteurs chargés de vérifier les preuves de paiement ainsi que les quelque 50 agents spéciaux patrouillant le réseau du transporteur en commun distribuent 5000 avertissements.

« Parfois, ils n'ont pas la bonne preuve de paiement, ou souvent il s'agit du début d'un mois et les clients n'ont pas renouvelé leur laissez-passer. Nous évaluons le tout cas par cas. Nous laissons cela au bon jugement de nos inspecteurs », explique M. Charter.

Une personne reconnue coupable de « sauter » sur un autobus doit débourser 125 $. Le fait que certaines des 3000 à 4000 contraventions émises par année ne sont pas payées par certains délinquants n'est pas source d'inquiétude non plus.

« Nous n'avons pas un quota quant au nombre de billets d'infraction. Nous ne voulons pas être perçus comme une entreprise cherchant seulement à épingler les gens. D'ailleurs, les sommes recueillies ne s'avèrent pas une source de revenus additionnelle pour OC Transpo. »

Ainsi, tous les fonds perçus sont retournés dans le coffre de la municipalité et non du transporteur public. Ainsi, aucun « budget de contraventions » n'est établi d'année en année.

« Nous voulons que nos agents engagent un dialogue avec les clients, notamment pour les décourager de sauter d'un autobus à l'autre par la porte arrière sans payer leur trajet », répète M. Charter.

Ce dernier explique que cinq à six blitz ont lieu par année pour sensibiliser les clients d'OC Transpo. Néanmoins, leurs inspecteurs travaillent sept jours par semaine couvrant 20 heures de service quotidiennement.

« Depuis des années, il s'agissait d'une nécessité de laisser les gens rentrer par l'arrière d'un autobus pour permettre des embarquements et des débarquements rapides. Avec la venue du train léger, on peut s'attendre à des changements à nos services et politiques », avise toutefois M. Charter.

Avec Willliam Leclerc

Une pratique bientôt désuète avec le train léger?

La pratique de sauter sur un autobus OC Transpo par la porte arrière gratuitement sera rendue plus difficile avec la venue du grain léger en 2018. C'est du moins ce que prétendent les dirigeants du transporteur en commun public.

« Nous étudions actuellement les meilleures tendances dans le milieu avec l'arrivée prochaine de l'O-Train sur la Ligne de la confédération au centre-ville d'Ottawa, explique Troy Charter, directeur général adjoint d'OC Transpo. L'une des mesures que nous envisageons sérieusement est l'implémentation d'une barrière payante dans toutes les stations. »

M. Charter précise que l'ajout de tourniquet, comme dans plusieurs métros du monde, semble d'ores et déjà une option qui sera écartée. Les délinquants arrivent quand même à sauter par-dessus ce mécanisme.

« Au bout du compte, il faudra que les usagers paient afin d'entrer dans le réseau. »

À cet effet, la Ville d'Ottawa garde Vancouver à l'oeil, elle qui effectue à l'heure actuelle des changements « importants » à son réseau.

Ainsi l'action d'embarquer clandestinement serait pratiquement éliminée dans le corridor est-ouest traversant le centre-ville.

« De plus, l'accès par l'arrière dans les autobus express est moins commun », soutient M. Charter.

Différence entre les amendes et le salaire des inspecteurs

AnnéeNombre de billetsTotal des amendes*Salaire brut des inspecteurs**Différence
20114410551 250$

687 435$

-136 185$

20124767

595 875$

647 950$

-52 075$

20133726

465 750$

595 443$

-129 693$

20143392

424 000$

666 691$

-242 691$

TOTAUX

2 036 875$

2 597 519$

-560 644$

* Le coût de chacun des constats d'infraction est de 125$ ** Le salaire des inspecteurs et agents spéciaux inclut leur paie normale, les heures supplémentaires et toutes les primes.
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