OC Transpo dans la mire du vérificateur général

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Le premier rapport du vérificateur général de la Ville d'Ottawa, Ken Hugues, contient 113 pages et couvre six vérifications ainsi que 39 recommandations visant l'amélioration des pratiques de la municipalité.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Le premier de deux rapports déposés cette année par le vérificateur général de la Ville d'Ottawa a relevé des irrégularités chez OC Transpo.

Ken Hughes a d'abord dénoncé l'entente exclusive signée entre la municipalité et un organisme de bienfaisance pour assurer la gestion des objets perdus dans les autobus et les trains. De 2001 à 2014, la Ville a versé 600 000 $ à Heartwood House, sans tâter l'intérêt d'autres organismes similaires par voie d'appel d'offres.

«Il n'est pas normal de dépenser une telle somme à un seul fournisseur», a avancé M. Hughes, lors de sa présentation, jeudi à l'hôtel de ville.

La vérification a également révélé qu'un employé de la Ville était dans une situation réelle ou potentielle de conflit d'intérêts.

M. Hughes a aussi tapé sur les doigts d'OC Transpo pour avoir permis à ses employés de garder les articles non réclamés, une «tradition» de longue date. Seulement 26 % des quelque 30 000 objets oubliés en 2013 ont été remis à leur propriétaire.

Finalement, il a critiqué la lenteur du transporteur en commun à diffuser des avis d'annulation de certains de ses trajets. Pendant la période de deux semaines étudiée par le vérificateur général, 30 % de ses avertissements ont été envoyés 20 minutes après l'heure de passage d'un autobus ou d'un train.

Le directeur général d'OC Transpo, John Manconi, a reconnu que l'administration précédente avait été fautive en prolongeant les contrats du gestionnaire des objets perdus, mais il a souligné que cette décision a permis au transporteur public d'économiser des fonds. «Autrefois, nous assurions le service des objets perdus. Un tel service coûtait 70 000 $ par année. L'entente avec Heartwood House, 600 000 $ sur 14 ans, revient à une dépense d'environ 43 000 $» par année, s'est-il défendu.

Le directeur général de la municipalité, Kent Kirkpatrick, indique qu'un appel d'offres a été lancé à la fin de l'année 2014 pour gérer ce service. Une entente doit être signée sous peu, dit-il. M. Manconi a aussi avancé qu'il avait mis fin à la pratique des employés de garder des objets perdus le jour même où il a pris connaissance de celle-ci, l'été dernier.

Autres vérifications

Par ailleurs, le vérificateur général a signalé que la direction de la Ville s'est strictement fiée à l'évaluation d'un promoteur lorsqu'elle a acheté une propriété, au coût de 1,3 million $, en vue de l'aménagement de terrains de soccer. Les politiques de la municipalité dictent que deux évaluations indépendantes doivent être effectuées afin de corroborer le montant recherché par le vendeur.

En plus de ces vérifications, M. Hughes a étudié le processus d'évaluation environnementale, les contrats au Service du parc automobile, un financement au School of Speech and Drama, la gouvernance du département des technologies et de l'information, ainsi que l'éthique dans le milieu de travail.

À ce chapitre, il a noté que 20 % des personnes sondées craignent des représailles s'ils dénoncent leurs collègues ou supérieurs pour malversations. Le sondage effectué auprès de 17 262 employés, avec une participation de 16 %, a aussi fait état du favoritisme de la haute direction pour certains employés.

Le rapport de 113 pages couvre six vérifications ainsi que 39 recommandations visant l'amélioration des pratiques de la municipalité. La direction de la Ville a accepté toutes les suggestions.

Les élections municipales d'octobre dernier ont forcé M. Hughes à dévoiler ses vérifications en deux temps, cette année. Son deuxième rapport, attendu en novembre, portera notamment sur les opérations hivernales, qui ne cessent de défoncer le budget établi depuis 2013.

Ce deuxième rapport pourrait donc être plus cinglant. «Mon travail n'est pas simplement de trouver des scandales, a-t-il souligné. Toutefois, s'il y en a, c'est mon rôle de les répertorier. À l'heure actuelle, il n'y a pas de scandale à Ottawa.»

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