Le SAGAS donne des maux de tête à la Ville d'Ottawa

Un nouveau système de prestation pour les gens sur l'aide sociale, imposé par... (Archives, LeDroit)

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Un nouveau système de prestation pour les gens sur l'aide sociale, imposé par la province de l'Ontario en novembre dernier, fait mal à la Ville d'Ottawa et pourrait causer des surprises dans le budget des services sociaux.

«Nous traversons une période très difficile avec ce système. Le problème touche l'ensemble des municipalités ontariennes et ce n'est pas quelque chose qui se réglera en quelques semaines ou quelques mois, mais peut-être bien dans un an ou deux», s'inquiète Aaron Burry, directeur général des services sociaux et communautaires de la municipalité.

Le système automatisé de gestion de l'aide sociale (SAGAS) visait à maximiser l'efficacité de la prestation de services d'aide sociale aux gens en besoin. Or, c'est plutôt le contraire qui s'est produit, notamment quand vient le temps d'effectuer des paiements aux bénéficiaires. De nombreux pépins paralysent le système au quotidien.

«C'est aussi lent que de la mélasse, illustre M. Burry. Le nouveau système ne fonctionne pas avec les anciennes données, ce qui provoque des délais assez longs pour compléter des démarches autrefois assez simples. Un changement d'adresse peut prendre une heure, par exemple. Ç'a vraiment un impact sur tout ce que l'on tente d'accomplir.»

Les employés doivent donc mettre les bouchées doubles et travailler en temps supplémentaire, particulièrement à la fin des mois, pour tenter de livrer des services adéquats. «La province comprend mal comment le système affecte les gens qui travaillent en première ligne. Notre productivité est minée. La situation est critique», affirme M. Burry, qui croit qu'à ce rythme, certains de ses employés souffriront d'épuisement professionnel.

Coûts imprévus

Par ailleurs, les coûts s'accumulent pour la Ville.

M. Burry estime que le «système instable» provoque des dépenses additionnelles de 25000$ à 35000$ par semaine. Pour l'année, Ottawa pourrait faire face à un trou budgétaire allant jusqu'à 4 millions de dollars en raison du personnel nécessaire pour livrer les services.

Le gouvernement de l'Ontario a reconnu que sa nouvelle structure nécessitait de nettes améliorations. Elle a donc versé des fonds aux municipalités ontariennes afin de combler une partie du manque à gagner. Ottawa a reçu 221000$ de la province avant Noël. Mais au rythme actuel, cette enveloppe disparaîtra à la fin du mois de mars.

«Il ne faut pas oublier que ce système touche nos citoyens les plus vulnérables. Si leur chèque ne rentre pas, ils ne mangent pas», s'alarme à son tour Diane Deans, présidente du comité des services communautaires et de protection, qui chapeaute les services sociaux.

«Ceci est un problème que la province a créé et il faut que ça soit un problème qui est résolu par la province», a-t-elle déclaré en parlant du fiasco SAGAS.

Au bout du compte, le comité des services communautaires et de protection a adopté son budget préliminaire de 525 millions de dollars, jeudi. Parmi les dépenses prévues, notons des investissements de 4,5 millions pour le Centre récréatif François-Dupuis et d'un million pour la construction du centre de théâtre francophone La Nouvelle Scène.

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