Des survivants témoignent

Ruth Katz a participé à la cérémonie tenue... (Adrian Wyld, La Presse Canadienne)

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Ruth Katz a participé à la cérémonie tenue hier à l'hôtel de ville d'Ottawa.

Adrian Wyld, La Presse Canadienne

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« J'ai perdu toute ma famille. Mon père, mes grands-parents, des oncles, des tantes, des cousins et toute la famille de mon mari sont décédés. Tout le monde est mort là. Mais celui qui a survécu est mon mari. »

Le « là » évoqué par Vera Kovesi représente le plus célèbre camp de concentration de la Deuxième Guerre mondiale où plus de 1,1 million de Juifs ont été tués dans des chambres à gaz : celui d'Auschwitz en Pologne.

Plusieurs cérémonies commémoratives se sont tenues mardi dans le monde pour souligner la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste qui coïncidait cette année avec le 70e anniversaire de la libération d'Auschwitz par des troupes russes de l'armée rouge.

Un tel hommage, solennel, a eu lieu à l'hôtel de ville d'Ottawa en présence de dignitaires, mais aussi de survivants du « chapitre le plus noir de l'Humanité. »

« C'est très important de commémorer cet événement, car une telle atrocité ne peut jamais se reproduire [...] De toutes les horreurs qui se sont produites depuis dans le monde, aucune d'elle n'est comparable à l'holocauste. Cette tragédie, nous la vivons chaque jour de notre vie. Nous n'avons pas besoin de nous en souvenir, mais le reste du monde doit s'en souvenir », explique Mme Kovesi en parlant des cérémonies rendant hommage aux victimes de l'Allemagne nazie.

Pour certains survivants toutefois, les monstruosités vécues dans les camps de concentration les hantent toujours. « Mon mari n'est pas venu à la cérémonie d'aujourd'hui, reprend Mme Kovesi. Il est toujours incapable de participer à de tels événements. Il n'en parle jamais. »

Vera Gara, née juive à Vienne au début des années 1930, a passé le début de son adolescence dans des camps de concentration.

« Mais je ne parle jamais d'Auschwitz, car je n'y ai jamais été », précise la dame, ayant aujourd'hui 82 ans.

Capturée par les Allemands à 11 ans, elle a ensuite vécu dans des camps de concentration avec ses parents, son père trouvant la mort dans celui de Bergen-Belsen, où quelque 70 000 Juifs auraient été tués. Quelques mois plus tard, sa mère et elle ont abouti au camp de Terezin.

Encore aujourd'hui, elle s'explique mal les raisons pour lesquelles les Allemands du Troisième Reich ont voulu effacer les Juifs de la carte.

« Pourquoi nous haïssaient-ils tant ? Qu'avions-nous fait ? Qu'est-ce que 1,5 million d'enfants avaient fait pour être envoyés aux chambres à gaz ? »

Éternelle optimiste, Mme Gara parle volontiers de ces années d'horreur depuis qu'elle s'est installée au Canada en 1970, notamment dans des écoles depuis plus de 35 ans. Elle a aussi raconté son histoire dans un livre Least Expected Heroes of the Holocaust (Les héros les plus improbables de l'Holocauste). Elle relate comment des gens ont fait preuve d'humanité dans les moments les plus terribles. Du nombre, elle remercie une poignée d'Autrichiens leur fournissant des denrées, dont une petite fille de 12 ans nommée Mitzl.

« Nous nous parlons toutes les semaines. Nous sommes toujours des amies, 70 ans plus tard. »

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