«C'est la nature de la business»

La vigilance des chauffeurs est assurée en raison... (Martin Roy, LeDroit)

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La vigilance des chauffeurs est assurée en raison des nombreuses normes fédérales en place. Des périodes de repos sont prévues.

Martin Roy, LeDroit

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Même si les dirigeants d'OC Transpo voulaient éliminer complètement l'octroi d'heures supplémentaires à leurs chauffeurs d'autobus pour limiter les dépenses, cette option s'avère impossible à réaliser en raison des imprévus inhérents à leur boulot.

«Il y a une combinaison de choses qui font en sorte que nos chauffeurs doivent effectuer des heures supplémentaires. C'est la nature de la business, lance Troy Charter, gestionnaire aux opérations du transport en commun pour la Ville d'Ottawa. Par exemple, nos opérateurs peuvent être retardés par un accident ou diverses intempéries.»

M. Charter rappelle qu'en moyenne 900 chauffeurs sont sur les routes lors des heures de pointe.

«Nous n'avons aucun contrôle là-dessus. L'année dernière, nous avons eu six ou sept événements qui ont eu un impact majeur, signale-t-il. Même s'il y a une tempête de neige, nous voulons nous assurer de donner le meilleur service possible à notre clientèle, même si nos autobus sont en retard.»

Dans le même ordre d'idées, les nombreux événements culturels ou sportifs présentés pendant l'année à Ottawa nécessitent l'ajout d'autobus pour assurer le transport des spectateurs. Ces circuits permettent donc à des chauffeurs d'arrondir leur fin de mois puisqu'il s'agit de travail supplémentaire.

«On pense au Bluesfest, au Festival de jazz ou même plus récemment aux matches du Rouge et Noir au parc Lansdowne», précise M. Charter.

Cette pratique ne risque pas de disparaître de sitôt puisque la municipalité encourage l'utilisation du transport en commun pour de tels déplacements.

Toutes ces heures supplémentaires sont prises en considération lors de la confection du budget d'OC Transpo, explique M. Charter, qui a travaillé à l'élaboration de ceux-ci pendant plus de huit ans. Pas question de dépasser le cadre budgétaire alloué par la municipalité non plus, ajoute le gestionnaire.

«Les chiffres fluctuent d'une année à l'autre en matière d'heures supplémentaires. Si jamais il y a plus de dépenses une année, on compense en s'ajustant ailleurs dans notre budget.»

Danger pour la sécurité publique?

Le gestionnaire se montre rassurant quant aux effets pervers des heures supplémentaires sur la conduite, notamment en matière de fatigue et ce, même si une collision entre un train VIA Rail et un autobus d'OC Transpo a fait six morts, le 18 septembre 2013. Les conclusions quant aux causes à l'origine de cet accident sont attendues dans quelques semaines dans le rapport d'enquête du Bureau de la sécurité des transports du Canada.

M. Charter soutient que la vigilance des chauffeurs est assurée en raison des nombreuses normes fédérales en place. Le Règlement sur les heures de conduite de services des conducteurs de véhicules utilitaires «prévoit les périodes de repos nécessaires», dit-il.

«Un conducteur ne doit pas dépasser 14 heures dans une journée. La durée maximale allouée à la conduite ne doit pas dépasser 13 heures. Par ailleurs, huitheures de repos sont obligatoires entre chaque journée de travail. Un jour de congé est également exigé après 14 jours successifs au boulot», explique M. Charter.

Ainsi, un conducteur ne peut accumuler les heures supplémentaires pour remplir ses poches, avise-t-il.

«Nous surveillons nos opérateurs.»

Jfdugas@ledroit.com

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