Les résidents du quartier Britannia font entendre leur inquiétude

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Encore une fois, hier, le chef de police Charles Bordeleau a réitéré son engagement à endiguer les gangs de rue dans la capitale.

Martin Roy

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L'annonce, hier, de l'arrestation d'une vingtaine de suspects en lien avec les gangs de rue n'a pas réussi à calmer les inquiétudes de certains résidents d'Ottawa.

Des criminels se livrent présentement une guerre dans le quartier Britannia, qui a été le théâtre de trois fusillades en moins de deux semaines.

Le porte-parole d'un groupe de résident, Geoffrey Sharpe, appelle la Ville à prendre l'affaire plus au sérieux.

Depuis quelques jours, le Service de police d'Ottawa multiplie les conférences de presse pour démontrer que la situation est sous contrôle.

Celle d'hier était pour annoncer l'arrestation de 27 personnes et la saisie d'une quantité de drogue d'une valeur marchande de plus de 130000$ à la suite d'enquêtes qui ont commencé en juin dernier. Tout ça dans le cadre de deux opérations, surnommées Karma et Calamity.

C'est un écran de fumée, estime M. Sharpe, qui était invité à s'exprimer devant les membres de la Commission de police, hier soir. «Combien ont-ils saisi? 85000$ en drogue? Vous savez combien il se transige en drogue et en prostitution dans le quartier? Sans doute des millions de dollars!» croit-il, ajoutant que la police seule ne peut venir à bout du problème.

Le plan de M. Sharpe se résumerait en trois interventions: plus de patrouilleurs, plus de caméras de surveillance et des peines plus sévères.

En définitive, M. Sharpe appelle à une meilleure union des forces communautaires, politiques et policières afin «d'écraser» le crime organisé.

Le chef de police Charles Bordeleau, de son côté, a réitéré son engagement à endiguer le phénomène. «Jusqu'à date, cette année, on a arrêté 76 personnes en lien avec les gangs de rue. Nous avons la capacité de traiter le problème. Nous avons eu du succès jusqu'à date. Mais le nombre de fusillade, c'est encore une inquiétude», a-t-il admis.

Depuis le début de l'année, les autorités rapportent des dizaines d'incidents impliquant des armes à feu. Trop souvent, les résidents des quartiers touchés craignent de dénoncer les suspects, ou refusent carrément de parler aux policiers.

Bilan des opérations

Depuis le mois de juin, l'Unité des armes à feu et des bandes de rues a arrêté 27 personnes, dont deux hommes recherchés pour tentative de meurtre. Ces individus sont accusés collectivement de 254 chefs.

Un mineur âgé de 16 ans est accusé de possession d'une arme à feu non enregistrée et de munitions. L'aînée du groupe, Wendy Bergeron, 61 ans, est accusée de possession de stupéfiants dans le but d'en faire le trafic et de recel.

Une forte proportion des suspects doit d'ailleurs répondre à des accusations de possession d'arme.

Par ailleurs, deux hommes de 25 et de 28 ans, Fawaz Abdulah, d'Ottawa, et Hussein Mohammad, de Morewood, sont chacun accusés de deux chefs de tentative de meurtre. Tous les deux font aussi face à une quarantaine d'accusations reliées aux armes à feu.

L'opération Karma, qui s'est déroulée de juin à la fin du mois de novembre, a mené à l'arrestation 14 personnes, ainsi qu'à la saisie de quatre armes à feu, de quantités considérables de drogues, estimées à 61550$, et de 5000$ en argent.

Le projet Calamity, qui découle de la première enquête, a eu lieu entre juin et août. Elle visait plus particulièrement le commerce de la drogue et les suspects utilisant des armes à feu pour parvenir à leur fin. Les 13 suspects appréhendés doivent répondre à 117 accusations. Trois armes à feu, plus de 400 munitions, 24000$ en drogue et environ 45000$ en argent ont été saisis.

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