Geste désespéré pour sauver Fierté dans la capitale

Le déficit de Fierté dans la capitale est... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Le déficit de Fierté dans la capitale est trop élevé pour lui permettre de se qualifier à nouveau pour des subventions de la Ville d'Ottawa.

Martin Roy, Archives LeDroit

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Au terme d'une soirée haute en rebondissements, le festival Fierté dans la capitale n'est plus en faillite. Du moins, pour l'instant.

Les membres de l'organisme à but non lucratif chargé d'organiser le défilé de la fierté gaie d'Ottawa étaient réunis à l'hôtel de ville pour leur assemblée générale, hier soir. Or, au courant de la journée, le conseil d'administration a transformé cette rencontre en soirée d'information.

Puisque l'organisation avait déclaré faillite, l'organisation, en soi, n'existe plus. Une assemblée générale était donc impossible. La réunion a tout de même eu lieu afin de répondre aux questions des membres concernant le processus de banqueroute.

Les gens rassemblés dans la place Jean-Pigott ne voulaient pas entendre parler de la suite des choses. Ils ont réclamé massivement des explications sur les problèmes financiers du festival, leurs causes et ce qui a mené le conseil d'administration à prendre la décision, sans les consulter, de se placer sous la protection de la Loi sur la faillite.

La frustration des membres de l'organisation, déjà palpable, est devenue plutôt incontrôlable. La présidente de Fierté dans la capitale, Jodie McNamara, affirmait ne pas être en mesure de répondre aux questions puisqu'elle et le reste du conseil d'administration font l'objet de menaces de poursuite en diffamation.

Une question a toutefois changé le cours de la soirée: «Est-ce que nous sommes, en ce moment, officiellement en faillite?»

Après un moment d'hésitation, Mme McNamara a répondu que les documents allaient être finalisés ce matin. Hier soir, Fierté dans la capitale existait donc toujours.

Une assemblée extraordinaire a été déclenchée où il a été convenu de repousser la déclaration de faillite de 45 jours. Une assemblée générale annuelle en bonne et due forme aura lieu au cours des prochaines semaines pour déterminer quelles mesures seront prises pour sauver l'organisme.

Entretemps, le conseil d'administration a démissionné après avoir nommé un nouveau conseil intérimaire qui jettera un second coup d'oeil sur la situation.

«Nous avons exploré toutes les options que nous croyions possibles. [...] Nous ne voyions plus aucun recours, affirmait Jodie McNamara après l'assemblée. C'est une autre option, j'espère qu'ils pourront trouver une solution parce que nous n'en avons pas été capables.»

«J'avais l'impression d'être dans un navire qui coule et de n'avoir aucun recours pour empêcher ça. Mais peut-être qu'il y a un moyen», a lancé, en retenant à peine ses sanglots, celle qui est désormais l'ex-présidente de Fierté dans la capitale.

Peu de détails connus

Après tous ces rebondissements, il n'en demeure pas moins qu'on en sait très peu concernant les problèmes financiers du festival. En début de soirée, Jodie McNamara a énoncé, sans entrer dans les détails, trois aspects principaux qui expliquent le déficit.

D'abord, des fournisseurs ont reçu des contrats par une tierce partie - qu'elle n'a pas voulu identifier - à des montants qui n'ont pas été approuvés par le conseil d'administration.

Le volume d'alcool acheté ne correspondait pas aux sommes recueillies par la vente de boissons et à la quantité d'alcool qui restait à la fin du festival. Mme McNamara soutient qu'une enquête policière est ouverte pour éclaircir cette situation.

Finalement, la participation aux activités payantes n'a pas été au niveau anticipé, entraînant moins de revenus.

Au final, Fierté dans la capitale est devant un déficit de plusieurs dizaines de milliers de dollars. Le montant exact demeure flou en raison des nombreuses erreurs de calcul dans les états financiers de l'organisme.

Le déficit était toutefois trop élevé pour lui permettre de se qualifier à nouveau pour des subventions de la Ville d'Ottawa. Pour Jodie McNamara, sans ces subventions, Fierté dans la capitale ne pouvait se sortir de ce bourbier financier. C'est pour cette raison que le conseil d'administration souhaitait déclarer faillite.

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