De nouveaux élus d'Ottawa s'affichent pour le bilinguisme officiel

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Le nouveau visage du conseil municipal d'Ottawa pourrait ranimer le débat de la désignation bilingue officielle dans la capitale nationale.

Deux des candidats nouvellement élus, lundi soir, habiles en français, se sont prononcés en faveur d'une telle appellation en campagne électorale, notamment au sein du questionnaire  formulé par l'Association des communautés francophones d'Ottawa.

«Je travaillerai en collaboration avec les conseillers municipaux en faveur du bilinguisme pour choisir la meilleure avenue pour ce projet», avait exprimé Tobi Nussbaum, qui a vaincu le conseiller sortant de Rideau-Rockcliffe Peter Clark par près de 30 points de pourcentage.

Comme plusieurs, l'avocat du ministère des Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada croit que le moment est opportun pour déclarer la Ville d'Ottawa officiellement bilingue.

«D'ici 2017, la Ville d'Ottawa devrait devenir une ville officiellement bilingue dans le cadre de la célébration du 150e anniversaire de la Confédération. Ce faisant, nous reconnaîtrions notre rôle unique en tant que capitale canadienne et nous montrerions à tous les Canadiens et les Canadiennes que les deux langues fondatrices de notre pays y sont reconnues et respectées.»

Par ailleurs, le nouvel échevin dans Kitchissippi, Jeff Leiper, s'est aussi montré ouvert au bilinguisme officiel.

«Je soutiens le bilinguisme officiel pour la Ville d'Ottawa et je participerai volontiers à une discussion au sein du conseil à ce sujet. Cependant, il faut être réaliste, les discussions ne seront pas faciles», a-t-il laissé entendre nuançant par ailleurs que la municipalité avait «beaucoup d'autres priorités.»

Néanmoins, M. Leiper semble déterminé à faire rayonner la langue française à l'hôtel de ville.

«Nous devons encourager l'utilisation du français au sein des réunions, des consultations et des comités en nous assurant que le personnel de la Ville puisse bien communiquer en français. Je m'engagerai donc à avoir un plus haut niveau de bilinguisme au sein du personnel de la Ville.»

Ajout d'un franco

Par ailleurs, un autre francophone s'ajoute à la table décisionnelle pour les quatre prochaines années.

Jean Cloutier a succédé à Peter Hume dans le quartier Alta Vista, mais il se montre prudent pour le moment quant à la question linguistique de l'heure.

Avant de crier sur tous les toits qu'il souscrit à une désignation bilingue officielle, le comptable veut  explorer davantage les contrecoups d'une telle décision.

«Le maire (Jim Watson) a établi la position de la Ville.  C'est un système qui fonctionne bien. Avant de se prononcer, il faudrait savoir les répercussions d'une désignation bilingue. Où sont les lacunes qui seraient corrigées avec une telle appellation? Quels seraient les coûts?  Sans véritable projet sur la table, il est difficile de prendre position. Chose certaine, un tel projet se doit d'être rassembleur.»

Un allié à Toronto?

Les groupes et personnes qui militent pour le bilinguisme officiel pourraient compter sur un allié inattendu pour relancer le débat linguistique dans la capitale nationale. 

Le nouveau maire élu de Toronto, John Tory, a surpris tout le monde lundi soir dans la Ville-Reine lorsqu'il a entamé son discours de la victoire dans la langue de Molière. Pourtant, il avait refusé de se prononcer sur les enjeux francophones tout au long de la campagne à la mairie.

«John est un francophile et un amoureux de la langue française, a soutenu Mathieu Chantelois, l'un des conseillers politiques de M. Tory, lors d'un entretien avec La Presse Canadienne. Ce qu'on a vu en soirée représente bien ce qu'est John Tory et il n'aura jamais peur d'afficher le fait français à Toronto. Ça ne le dérange pas si ça crée des vagues et ça ne dérangera pas la majorité des Torontois.»

Avec La Presse Canadienne

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