De chaudes luttes à prévoir dans la capitale

La course à la mairie se joue surtout... (Étienne Ranger, LeDroit)

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La course à la mairie se joue surtout entre Mike Maguire et Jim Watson. Anwar Syed (au centre) souhaite toutefois brouiller les cartes.

Étienne Ranger, LeDroit

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Les élections municipales approchent à Ottawa. Lundi, un certain nombre des 600000 électeurs éligibles iront aux urnes. Si la victoire du maire sortant Jim Watson semble d'ores et déjà annoncée, faute d'opposition sérieuse, des luttes intéressantes s'annoncent dans quelques quartiers de la ville.

Il y a quatre ans, 20 candidats ont mis leur nom dans le chapeau pour la course à la mairie. Du nombre, le maire sortant, Larry O'Brien, le conseiller Clive Doucet ainsi que Jim Watson - à l'époque ministre à Queen's Park avant de se lancer dans la course - s'avérait des candidats de premier plan pour diriger la Ville. M. Watson avait alors remporté son pari en recueillant 47,8% du vote populaire.

Cette année toutefois, seulement huit candidats sont en lice. Outre le maire sortant, seul l'aspirant maire Mike Maguire jouit d'une certaine reconnaissance. En 2010, 6618 électeurs, environ 2,5% de la population, avait jeté leu dévolu sur le conservateur.

Malgré l'absence de candidats ayant un bagage politique sérieux, M. Watson a refusé de s'asseoir sur ses lauriers au cours des dernières semaines, dévoilant au compte-gouttes les divers éléments de sa plate-forme électorale.

De son côté, M. Maguire a tenté de tirer profit de la situation et est devenu de facto le principal rival de M. Watson. Encore vendredi, il semblait douter de ses chances.

«Si j'obtiens 40% du vote populaire, je crois qu'il s'agit d'un indicateur clair de la part du public qu'il existe des enjeux plus importants que le tourisme, les vélos et la plantation d'arbres», a-t-il lancé en faisant allusion à des promesses électorales de son rival.

M. Maguire, qui prône l'austérité à tout prix, a proposé une série d'idées visant à mettre fin aux «dépenses outrancières». Sa vision d'un train de banlieue, version économique, sur des rails désuets et loin du centre-ville a été lourdement critiquée, tant par M. Watson que des experts de la scène municipale.

«Mon plan n'a pas été préparé avec des cartes Google et un crayon-feutre, mais par des ingénieurs», avait d'ailleurs commenté le maire sortant, offrant ainsi l'une des meilleures citations de la campagne.

Luttes dans les quartiers

La réalité est tout autre dans les quartiers. Plusieurs secteurs de la ville ont été la scène de luttes âprement disputées.

Dans Rideau-Vanier par exemple, rien n'est acquis pour le conseiller sortant Mathieu Fleury. Deux candidats de qualité sont sortis du lot. Le premier, Marc Aubin, a plutôt opté pour une campagne négative. L'ex-président d'une association communautaire locale s'est attaqué sans cesse à l'échevin sortant. De son côté, Catherine Fortin LeFaivre a favorisé une approche différente. La directrice des communications d'un organisme national a proposé plusieurs nouvelles idées (centre d'injection supervisé, bibliothèque centrale au marché By) pour se démarquer au lieu de remettre en question le travail de M. Fleury.

Édiles en péril

Deux échevins semblent particulièrement en péril lundi prochain.

Dans Kitchissippi, la conseillère sortante Katherine Hobbs est critiquée de toutes parts. Ses détracteurs l'accusent de favoriser les intérêts des promoteurs au lieu des doléances des citoyens du secteur. Rappelons qu'elle a appuyé bon nombre de projets controversés au cours de son mandat. Scène assez inédite, elle a même senti le besoin de se défendre lors de son mot d'introduction au premier débat électoral de son secteur. Son rival principal, Jeff Leiper, est un ancien président d'une association communautaire locale. Il a fait campagne sur son refus d'accepter des dons de promoteurs - pourtant légal selon la loi - contrairement à Mme Hobbs qui accepte de telles sommes en vue de sa réélection.

Le poste de Peter Clark dans Rideau-Rockliffe est également convoité par bon nombre de prétendants de qualité. Lors de débats électoraux, M. Clark a été critiqué à quelques reprises - tant par des électeurs que des opposants - pour son laxisme dans certains dossiers, notamment en matière de logement social.

Finalement, un vétéran de la politique municipale et un ennemi juré du maire Watson pourrait aussi venir chauffer Mark Taylor dans le quartier Baie. Fort de sa réputation, Alex Cullen pourrait causer la surprise quoique le conseiller sortant n'a pas fait de gaffes majeures pendant son mandat.

L'aspirant Mike Maguire lance un appel au «bon sens»

Le candidat à la mairie d'Ottawa, Mike Maguire, a fait un dernier appel au «bon sens» des citoyens de la capitale nationale, vendredi, afin de les convaincre de s'opposer au régime de Jim Watson lors du scrutin municipal de lundi.

«À qui faites-vous confiance pour gérer les dépenses et les taxes de la Ville d'Ottawa au cours des quatre prochaines années? J'ai une grande confiance que les citoyens d'Ottawa feront preuve de bon sens», a lancé M. Maguire afin de convaincre les indécis à choisir son camp.

Depuis le début de la campagne, le conservateur avoué prône une meilleure gestion financière des fonds publics par la municipalité. Son plan de train de banlieue plus économique, l'achat d'électricité du Québec pour obtenir des prix plus alléchants et ses autres propositions visent tous à limiter les «dépenses outrancières».

«D'abord et avant tout, il s'agit d'un vote économique. Tout ce que j'ai avancé en campagne est relié à cela. Nous voulons plus de taxes, plus d'emprunts et plus de dépenses ou nous voulons vivre selon nos moyens?»

À cet effet, la maire Watson se targue d'avoir gardé les hausses de taxes à un minimum au cours de son mandat. Il répète à qui veut l'entendre qu'en 2014, l'augmentation de taxes a été limitée à 1,9 %, soit le plus bas taux en sept ans à la Ville d'Ottawa.

Parmi les sept opposants du maire sortant, M. Maguire s'est avéré le prétendant le plus en vue au cours des derniers mois.

«Nous avons une dynamique intéressante à la mairie, dit-il. Essentiellement, la course est entre (Jim) Watson et moi. Nous avons chacun une position très claire. Mais notre philosophie est diamétralement opposée. J'espère que mon message résonne suffisamment auprès des gens qui ne sont pas satisfaits.»

Le français, un regret

M. Maguire dit ne pas avoir de regrets quant au déroulement de sa campagne. Certes, les 20000$ recueillis pour mousser sa candidature, «probablement un quarantième du budget de M. Watson», lui ont rendu la tâche plus difficile.

C'est plutôt au chapitre des communications dans la langue de Molière qu'il rougit un peu plus.

«J'aurais aimé mieux communiquer en français. Je suis relativement à l'aise avec cette langue, mais j'évite délibérément de parler en français en public, car cela me rend nerveux. En rétrospective, j'aurais dû polir mon français davantage.»

Jim Watson prononcera le dernier discours de sa campagne dimanche.

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