Ottawa: Le bilinguisme officiel passe par les anglophones

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«Le maire Watson n'aurait pas le choix de réviser sa position», selon Mathieu Fleury

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La désignation bilingue officielle de la Ville d'Ottawa passe par... les anglophones.

C'est ce qui s'est dégagé des discussions entretenues par un panel composé du conseiller municipal Mathieu Fleury et d'universitaires portant sur l'enjeu linguistique de l'heure dans la capitale fédérale lors d'une activité organisée hier par Regroupement des étudiants de Common Law en français au pavillon Fauteux de l'Université d'Ottawa (l'Ud'O).

« La question réelle est où est la communauté anglophone dans le débat ? avance l'échevin de Rideau-Vanier. Il faut aller la chercher, tout comme les conseillers unilingues anglophones, les chambres de commerce anglophones pour revendiquer que la Ville soit bilingue. Environ 40 % de la population est bilingue. Il faut aller chercher le 60 % pour leur faire comprendre que c'est un rayonnement, un atout et non simplement une revendication de la population francophone. Il faut sortir de notre francophonie. Si toute la communauté se rallie, M. Watson n'aurait pas le choix de réviser sa position. »

M. Fleury, qui appuie le bilinguisme officiel, répondait à une question du public : « Comment peut-on convaincre le maire Jim Watson de changer d'avis, tout en lui permettant de sauver la face ? »

Rappelons que le premier magistrat refuse depuis toujours de porter son soutien à la cause de la désignation officielle, signalant que l'actuelle « politique de bilinguisme pratique » suffit pour desservir les francophones de la capitale nationale.

« Je crois que le maire est obsédé avec le mot 'pratique'. Très franchement, je ne sais pas ce que cela veut dire. Pourquoi opposer un symbole à quelque chose de pratique ? C'est très problématique [...] Ça ne tient pas la route », critique Linda Cardinal, détentrice de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques de l'Ud'O et membre du Mouvement pour une capitale du Canada officiellement bilingue.

Un autre universitaire, présent dans l'auditoire cette fois, estime que la formule gagnante pour faire changer l'opinion de la majorité ottavienne - et celle du maire - est de miser sur l'équité.

« Le grand défi est de trouver la façon de convaincre la communauté anglophone. Le plus grand obstacle est la peur. C'est ce qui empêche M. Watson de faire quelque chose dans cette élection. Il a peur de perdre des votes. Et la seule façon de combattre la peur, c'est avec de l'information. L'objectif ultime est donc de faire comprendre aux anglophones que leurs voisins francophones veulent les mêmes services qu'eux. Voilà le chemin à suivre », propose John Mark Keyes, professeur à la leçon de la section Common Law de l'Ud'O.

« Si on arrive à convaincre une partie de la population anglophone de sorte qu'une majorité revendique le bilinguisme officiel, ça devient irrésistible pour le maire Watson de se rallier derrière ça », croit à son tour son collège François Larocque.

Par ailleurs, Mme Cardinal est aussi d'avis que les conseillers municipaux ont un plus grand rôle à jouer, en raison de leur légitimité en tant qu'élu, afin de faire avancer la cause du bilinguisme officiel. « Mathieu Fleury est seul ou presque au conseil municipal. Évidemment, ce serait un comportement suicidaire de sa part de dire 'Je veux le bilinguisme ou sinon je démissionne' par exemple. »

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