Opposition au bilinguisme officiel par un professeur de l'Université d'Ottawa

La communauté franco-ontarienne réagit vivement

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«Il nous a fait tellement de trouble à Montfort, lui. Il parlait toujours contre nous autres. Je suis assez en maudit!», a pesté Gisèle Lalonde.

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La déclaration d'un professeur de l'Université d'Ottawa, qui a remis en question ce week-end la pertinence d'une désignation bilingue officielle à Ottawa, a fait réagir plusieurs ténors de la francophonie ontarienne hier.

« C'est épouvantable, fulmine Jacques de Courville Nicol, le visage public du Mouvement pour une capitale du Canada officiellement bilingue. Il est complètement déraisonnable. Ses propos sont francophobes, remplis de faussetés et ne sont pas dignes d'un académicien ni d'un Canadien français qui semble attaquer son milieu. Il essaie de créer une confrontation entre les anglophones et les francophones, ce qui va complètement à l'encontre de notre mouvement. Pourtant, il y a des milliers de personnes qui nous appuient. Il attaque toute la communauté française, d'un bout à l'autre du pays. »

Le grand défenseur de la cause franco-ontarienne réagissait aux propos du directeur du Centre d'études en gouvernance, Gilles Paquet, qui a qualifié, au cours du long week-end, les efforts de rendre la capitale nationale bilingue comme étant un « régime de terreur » mené par des « intégristes francophones. »

« Il s'agit de propos injurieux. Ça manque de sérieux et ça va trop loin, rétorque à son tour Alexandre Mattard-Michaud, président de l'Association des communautés francophones d'Ottawa (ACFO). Le fait de dire de telles injures nuit à sa crédibilité. » M. Mattard-Michaud rappelle que le principal intéressé avait multiplié « des attaques virulentes » en 1997 contre le mouvement SOS Montfort, visant à sauvegarder le seul hôpital francophone d'une fermeture.

Gisèle Lalonde « en maudit »

« Il nous a fait tellement de trouble à Montfort, lui. Il parlait toujours contre nous autres. Je suis assez en maudit ! Franchement, il devrait avoir honte de parler contre les gens de sa propre langue, a pesté Gisèle Lalonde, figure de proue du mouvement pour sauver l'hôpital Montfort. Il parle contre tout ce que les francophones veulent au lieu d'être un chef de file. J'imagine qu'il aime ça nous voir 'petits'. »

C'est d'ailleurs ce que déplore le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), un organisme qui appuie le bilinguisme officiel à la Ville d'Ottawa.

« Il est important de donner des symboles aux minorités linguistiques. Si nous laissons place aux accommodements, les minorités finissent par écoper et disparaîtront. Il nous faut un leadership. C'est ça qui a fait avancer la francophonie en Ontario, soutient Denis Vaillancourt. Le bilinguisme officiel est un dossier beaucoup plus large que seulement la Ville d'Ottawa. Néanmoins, il a droit à son opinion. Mais est-ce que l'Ontario aurait ses écoles francophones si on avait adopté une telle philosophie autrefois ? »

Le père de la Loi 8 sur les services en français, Bernard Grandmaître, ne se dit pas surpris des propos de M. Paquet. Il dit en avoir entendu de toutes les couleurs lors des divers combats qu'il a livrés au fil des ans pour la cause franco-ontarienne.

« J'ai souvent entendu le message qu'il ne fallait pas déranger les anglophones. Si nous avons peur de cela, nous n'aurons jamais une ville bilingue, comme le souhaitent plusieurs anglophones et francophiles d'ailleurs. Il y a toujours quelqu'un qui pense que c'est inutile de militer pour cela. Mais ce n'est pas une personne qui va renverser la volonté de 600 000 personnes (Franco-Ontariens). »

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