Une voix francophone contre le bilinguisme officiel

«Des «intégristes francophones» diabolisent les élus s'ils n'appuient... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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«Des «intégristes francophones» diabolisent les élus s'ils n'appuient pas leurs revendications, dénonce le professeur Paquet.

Martin Roy, Archives LeDroit

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Un professeur de l'Université d'Ottawa remet en question la pertinence du bilinguisme officiel à Ottawa, ainsi que l'approche employée par les partisans de cette cause.

Le directeur du Centre d'études en gouvernance, Gilles Paquet, ne mâche pas ses mots pour commenter l'approche, notamment, du Mouvement pour une capitale officiellement bilingue, mené par Jacques de Courville Nicol. Selon lui, des «intégristes francophones» ont instauré un «régime de terreur» où les élus sont diabolisés s'ils n'appuient par leurs revendications.

«On a un maire francophile, mais on ne le laisse pas faire son travail parce qu'on lui met un fusil sur la tempe», commente l'expert en gouvernance.

Dans un texte publié dans la revue en ligne optimumonline.ca, M. Paquet revient également sur l'affaire Montfort. Il affirme que cette cause portée en cours est un autre exemple d'une approche qui cause des divisions entre les anglophones et les francophones.

Gilles Paquet estime qu'il est mal avisé d'imposer des conditions par la voie des tribunaux et en invoquant la Charte canadienne des droits et libertés. Selon le professeur de l'Université d'Ottawa, il faut plutôt mener des luttes politiques.

«Si on a des problèmes, politiquement, on peut les résoudre en parlant aux échevins, aux élus municipaux et en faisant changer les choses souplement. Si ce n'est pas souple, on mènera des campagnes pour faire élire des échevins différents», explique M. Paquet. 

«Mépriser tout ce monde-là et parler de politicailleries municipales comme si c'était des minus, et vouloir imposer de force d'en haut, une loi qui va contraindre tout ce monde-là à avoir, par exemple, des conditions linguistiques pour l'emploi, ça me fait peur», ajoute le directeur du Centre d'études en gouvernance.

Une région bilingue

Pour appuyer ses arguments, Gilles Paquet affirme également qu'il ne faut pas observer la capitale du Canada comme une ville, mais plutôt comme une région. 

L'expert considère que la Ville d'Ottawa a volontairement, au cours des dernières décennies, abandonné le concept de «ville capitale» pour faire place à celui de région de la capitale nationale. Selon lui, cet effort a été fait, notamment, dans le souci d'offrir une capitale bilingue.

M. Paquet craint que le bilinguisme officiel cause une réaction négative dans la communauté anglophone puisque la Ville de Gatineau et l'Outaouais québécois n'auront jamais d'obligations pour les services en anglais, comme ce serait le cas pour les francophones à Ottawa. Il estime que cela créerait des tensions inutiles entre francophones et anglophones.

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