Îles de la Chaudière: «Cette terre est notre église»

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D'ici 10 ans, Windmill souhaite créer de toutes pièces une communauté de 3500 personnes avec condos, restos et autres commerces sur les îles de la Chaudière.

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La compagnie Windmill Developments a franchi une nouvelle étape jeudi avec son projet de densification des îles de la Chaudière.

Le comité d'urbanisme de la Ville d'Ottawa a accepté le changement de zonage nécessaire pour laisser le champ libre à l'aménagement du «chef-d'oeuvre de durabilité», malgré une forte opposition de la communauté autochtone de la région de la capitale nationale.

Près de 50 personnes se sont présentées devant les membres du comité d'urbanisme de la Ville d'Ottawa jeudi pour tenter de convaincre la municipalité de ne pas acquiescer à la demande du promoteur qui souhaite créer de toutes pièces une communauté de 3500 personnes. Condos, restos et autres commerces inclus.

«Nous ne sommes pas contre la compagnie qui a présenté un beau projet. Nous sommes préoccupés par le choix du site. Il s'agit d'un site spirituel important pour la communauté autochtone», a fait valoir Daniel Stringer comme plusieurs autres intervenants d'ailleurs.

«Cette terre est notre église, notre synagogue, notre temple, notre mosquée», a illustré à son tour Suzanne Keeptwo.

Le rêve du Chef Commanda

Bon nombre d'intervenants présents devant le comité d'urbanisme ont cité le «rêve» de William Commanda, l'ancien Grand Chef de la communauté de Kitigan Zibi afin d'implorer les élus de voter contre le changement de zonage nécessaire pour l'aménagement du projet. «L'âme du peuple algonquin» a longtemps suggéré, avant son décès en août 2011, de transformer l'endroit en lieu axé sur la guérison et la réconciliation - notamment avec l'édification d'un centre de la paix - pour tous les peuples et non seulement les Autochtones.

«Aidez-nous à redonner cette terre au peuple, a plaidé Karen Bisson aux élus. Il voulait restaurer cette terre et la transformer en un parc. Pensez à l'impact positif. Mais si vous pensez en terme de dollars, penser au potentiel d'attraction qu'un tel parc apporterait.»

Certains ont même avancé l'idée que le site pourrait devenir un site du patrimoine mondial de l'UNESCO avec une planification appropriée ou même un «parc Stanley», comme à Vancouver. «Nous avons l'occasion d'aménager quelque chose de spectaculaire qui attirerait le monde entier», a indiqué Richard Jackman.

Plusieurs témoignages poignants du genre ont été entendus jeudi dans la salle Champlain de l'hôtel de ville. La fille du «Grand-père» Commanda a particulièrement retenu l'attention. «Je ne comprends pas vos lois. Je ne sais pas quoi vous dire, a affirmé Evelyn Commanda. Mais je vous demande, au nom d'un homme qui a propagé l'amour, de ne pas diviser cette terre.»

Malgré les plaidoyers des opposants, la vice-présidente du comité d'urbanisme, Jan Harder, a rappelé à plusieurs reprises que le rôle des élus était de trancher sur des propositions concrètes et non de traiter des enjeux autochtones plus larges liés au projet. Elle a aussi insisté sur le fait que les opposants auraient pu se prononcer lors des deux consultations publiques tenues par le promoteur. «Plus de 1200 personnes sont venues à ces consultations. C'est phénoménal comme nombre», a-t-elle signalé.

De son côté, le pdg de Windmill, Jonathan Westeinde, soutient qu'il est à l'écoute des préoccupations des Autochtones, mais il rappelle que le site, contaminé après 200 ans d'exploitation industrielle, nécessite un moteur économique important pour permettre cette réhabilitation sur les îles.

«Il ne faut pas oublier aussi que 20% du site sera composé de verdure comparativement à zéro en ce moment où il s'agit plutôt d'un stationnement. Bref, nous allons naturaliser cette aire et l'améliorer même si nous voulons y construire quelque chose.»

Le changement de zonage devrait être officiellement accepté mercredi prochain lors d'un vote du conseil municipal.

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