La capitale cache un passé vicieux

Durant les 30 premières années d'existence d'Ottawa, les... (Simon SB)

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Durant les 30 premières années d'existence d'Ottawa, les voyous étaient libres de courir les rues impunément puisqu'il n'y avait ni police, ni prison.

Simon SB

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Des politiciens vaniteux, vicieux ou véreux. Une atmosphère de far ouest où chacun fait sa loi. Des bordels qui débordent. Sous son air pudibond et terne, Ottawa cache un passé olé olé.

«À sa fondation en 1827, Ottawa était réputée pour être la plus violente d'Amérique du Nord», clame Caitlin Corbett, une guide touristique qui anime depuis cinq ans une marche brossant un portrait décapant de la capitale.

Durant les 30 premières années, les voyous étaient en effet libres de courir les rues impunément, lesquelles étaient contrôlées par des gangs, alors qu'il n'y avait ni police, ni prison.

«La prison la plus près était à Perth, on Ontario. Cela prenait plusieurs jours à dos de cheval pour s'y rendre. Souvent, le criminel s'échappait avant d'y arriver», affirme l'actrice de formation coiffée d'un chapeau melon.

Quelques dizaines de soldats de l'armée britannique étaient chargés de faire régner l'ordre. Ces derniers, débordés, devaient parfois faire appel aux autorités de Montréal.

En plus d'être le théâtre de violences, les rues de la capitale étaient couvertes d'un tapis de crasse en quasi-permanence. La poussière des scieries hulloises se mélangeait à la fumée de l'industrie lourde, la boue printanière et la gadoue hivernale.

«Il y avait bien des trottoirs, mais faits de bois. Il en manquait souvent des planches, soit à cause d'un bris ou suite à un vol», poursuit en anglais Mme Corbett.

À cette époque, l'industrie forestière était reine, mais peinait à fournir un emploi à tous et chacun, laissant des masses de désoeuvrés en proie à la criminalité.

Les violences étaient exacerbées par la présence de deux groupes religieux (catholiques et protestants), divisé en quatre groupes ethniques: canadiens-français, anglais, écossais et irlandais.

Difficile d'imaginer que cette bourgade sans grande respectabilité a pu devenir la capitale d'un pays à bâtir, en 1857.

La clé réside dans sa localisation: Montréal, Toronto, Québec et Kingston étaient jugés trop vulnérables face à une attaque américaine.

«Ottawa a été choisie pour des raisons militaires. Cela a été une décision très controversée à l'époque», signale Cailtin Corbett.

Au Parlement aussi...

La vie sur la colline du Parlement n'était pas plus tranquille, et à bien des égards, à l'image de ses quartiers agités.

John A. Macdonald, le tout premier premier ministre du pays, était un buveur émérite notoire.

«Il était un politicien très habile, surtout lorsqu'il était question de pot-de-vin», affirme Mme Corbett.

William Mackenzie King, qui dirigea le Canada pour un total de 21 ans, buvait certes moins, mais sa fascination pour les phénomènes surnaturels lui confère également le statut d'homme paillard à ses heures.

Quant à Wilfrid Laurier, ses charmes n'étaient pas visibles qu'aux yeux de sa femme...

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