Le VG a des questions pour Ottawa

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Le vérificateur général Alain Lalonde a déposé son rapport annuel, hier.

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La Ville d'Ottawa a dépensé 58 millions$ en salaires pour plus de 600 employés temporaires dont le conseil municipal ignorait l'existence, l'an dernier, signale le vérificateur général Alain Lalonde dans son plus récent rapport annuel.

Des gestionnaires de services municipaux ont procédé à ces embauches de leur propre chef, payant les salaires à même des budgets prévus à d'autres fins sans en avertir les élus. «Je ne dis pas que ces 600 employés ne sont pas nécessaires. Je dis seulement que le conseil devrait savoir qu'ils existent», a déclaré M.Lalonde, lors d'un point de presse, hier.

La direction municipale a aussitôt rétorqué à M.Lalonde que les postes temporaires lui «procurent la souplesse nécessaire» pour maintenir des services pendant les périodes de pointe ou fournir des occasions de formation et de perfectionnement, notamment.

Le VG d'Ottawa a aussi découvert que 21 postes à temps ont été éliminés sans que le conseil municipal n'ait été mis au courant. Les salaires associés à ces postes totalisaient 1,8 million$. Une centaine d'autres postes sont vacants depuis deux ans alors que l'argent épargné est utilisé d'autres fins, notamment l'embauche d'étudiants durant l'été, précise le rapport.

Alain Lalonde relève aussi des problèmes au niveau de communications institutionnelles de la Ville d'Ottawa. Selon lui, l'organisation pèche par manque d'une «orientation stratégique cohérente, un mandat clair et une direction forte». Il note que «de nombreux services ont perdu confiance et se sont dotés de leurs propres ressources internes pour pallier ces carences», créant 20 nouveaux postes pour la somme de 1 million$.

Les lacunes des communications municipales ont été particulièrement évidentes lors du lancement du programme de compostage, il y a près de trois ans, alors que «les auditoires n'ont pas été correctement ciblés» et que l'organisation «n'a pas évalué et exploré suffisamment les méthodes les plus efficaces pour joindre les auditoires cibles», selon M.Lalonde.

L'embauche d'un nouveau gestionnaire qui s'affaire à mettre sur pied une stratégie de communication cohérente a depuis réglé une bonne partie des problèmes, selon le directeur municipal Kent Kirkpatrick.

Du côté d'OC Transpo, M.Lalonde souligne que la manière de gérer les horaires de travail des chauffeurs depuis la grève de 2008-2009 n'a jamais permis au transporteur public d'engranger les économies annuelles de 3,1 à 4,5 millions$ auxquelles il s'attendait. Au contraire, «le nouveau processus d'établissement des horaires est moins efficace et plus coûteux», dit-il.

La réduction de la longueur maximale d'une journée de travail de 13 à 12heures coûte plus cher à la société de transport en commun puisqu'il lui faut plus de chauffeurs sur la route pour effectuer le même travail, estime Craig Watson, président de la section locale 279 du Syndicat uni du transport.

La direction d'OC Transpo a convenu de revoir la question des horaires lors des prochaines négociations contractuelles avec ses chauffeurs, dans un peu plus de trois ans. Un comité spécial se penche déjà sur la question, selon John Manconi, directeur général.

En outre, M.Lalonde suggère que mettre fin à la mainmise de l'Association des camionneurs du Grand-Ottawa sur les contrats de déneigement permettrait à la municipalité d'économiser 680000$ par année. «Lorsqu'un groupe contrôle le marché, il peut contrôler les prix. Nous devrions retourner à notre ancien système compétitif», a-t-il exhorté.

«La direction municipale est d'accord avec la grande majorité des recommandations du VG. En fait, il n'y a que deux désaccords sur plus de 100 recommandations. Dans la plupart des cas, nous avons déjà commencé à apporter des changements», a précisé M.Kirkpatrick.

Fait intéressant: la ligne téléphonique «fraude et abus» de la Ville d'Ottawa a permis au VG d'épingler un employé qui se reposait dans son véhicule sur son lieu de travail et qui, à une occasion, a manipulé l'horloge de pointage. Ce dernier a écopé d'une suspension sans solde de cinq jours.

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