Première priorité des États généraux de la francophonie d'Ottawa

Faire de la capitale une ville bilingue

Le maire Jim Watson a reçu les conclusions... (Martin Roy, LeDroit)

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Le maire Jim Watson a reçu les conclusions des États généraux de la francophonie des mains de Michelle de Courville Nicol et de Martine Plourde, présidente du comité de gestion.

Martin Roy, LeDroit

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La communauté franco-ottavienne a parlé.

Après un an et demi d'introspection et de remue-méninges sous la forme de café citoyens, elle a finalement établi un cadre de priorités qui guidera ses choix dans les prochaines années. Et c'est sans surprise l'officialisation de la capitale comme ville bilingue qui trône au sommet de la liste.

Mais la route risque d'être longue et périlleuse. Parmi les acteurs que la communauté devra cibler pour faire avancer ce dossier se trouve évidemment les « preneurs de décisions de tous paliers gouvernementaux ».

Or, le maire Jim Watson a une nouvelle fois fermé la porte à cette idée, hier, en marge du Sommet des États généraux de la francophonie d'Ottawa.

Le premier magistrat a répété que la politique de bilinguisme adoptée il y a plus de 10 ans suffit. Et ce, bien qu'elle soit inadéquate, de son propre aveu.

« Je pense que la politique marche bien », a-t-il martelé, rappelant que la mesure fait consensus au sein du conseil municipal actuel. « [Même si] ce n'est pas parfait... »

« Il faut continuer à améliorer notre politique actuelle. Parce que de temps en temps on voit qu'il y a des fautes (qui sont commises). »

M. Watson s'est défendu de refuser de défendre le bilinguisme officiel par crainte de s'aliéner une frange de l'électorat, comme l'ont laissé entendre des citoyens cette fin de semaine lors d'ateliers de discussions. « Je n'ai pas peur d'un contrecoup (backlash), s'est-il défendu. La politique marche bien pour les résidents. »

Dans son discours de clôture, celui qui se décrit comme un « fier francophile » s'est d'ailleurs longuement épanché sur les réalisations de la Ville en matière de francophonie depuis quelques années.

Du système bilingue d'annonce des arrêts dans les autobus d'OC Transpo, au service 3-1-1 offert dans les deux langues, en passant par la nomination de Charles Bordeleau à la tête du corps policier municipal. Les exemples démontrant la bonne foi de la Ville sont nombreux, a-t-il laissé entendre.

Cherchant à éviter l'écueil de la langue, M. Watson a aussi fait une large part à l'économie dans son discours.

« Les résidents ont d'autres priorités. La plupart des lettres et des courriels que je reçois de citoyens francophones ne concernent pas la langue, s'est expliqué le maire. C'est les impôts, le développent économique, l'environnement, la culture. »

Du chemin à accomplir

Le conseiller du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, « reconnaît les efforts » déployés par les participants au sommet afin de faire avancer le dossier. Mais il reste encore beaucoup de chemin à accomplir avant que l'élu défende le projet à la table du conseil.

« C'est un départ. Je vais continuer à m'asseoir avec les gens de la communauté pour savoir, c'est quoi, le bilinguisme officiel, avant de l'amener à la table des élus », soutient M. Fleury.

« Au niveau théorique, il n'y a pas beaucoup de gens qui vont s'opposer au bilinguisme officiel. Mais c'est en pratique... Ça veut dire quoi au niveau budgétaire, désignation, employés, offre de service... Qu'est-ce qu'on recherche ? Il faut que ça passe d'un niveau théorique à pratique maintenant », dit-il, assurant qu'il ne s'agit pas qu'une question de coût.

Si elle reconnaît que l'officialisation de la capitale comme ville bilingue est « le souhait de tous les francophones », la ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur, croit qu'il en revient à la Ville et à ses citoyens de prendre la décision.

La ministre ontarienne croit également que « le fédéral a un rôle à jouer ».

Ce à quoi le député fédéral d'Ottawa-Orléans, Royal Galipeau, rétorque que la ministre Meilleur « ne connaît pas sa constitution, si elle dit ça ». « Les villes sont de juridiction provinciale », lance-t-il, indigné.

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