Les libéraux accusés de se traîner les pieds

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France Gélinas

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Si la Ville d'Ottawa n'est toujours pas officiellement bilingue, c'est parce que les libéraux à Queen's Park optent continûment pour la loi du moindre effort, dénonce la critique néo-démocrate en matière d'Affaires francophones, France Gélinas.

La députée de Nickel Belt, dans la région de Sudbury, accuse le gouvernement de Dalton McGuinty et sa ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur, de toujours «opter pour le choix facile, le statu quo» lorsqu'il est question de faire avancer la francophonie ontarienne. «Ce sont toujours les mêmes qui perdent, en fin de compte. Nous, les francophones».

De l'avis de Mme Gélinas, le bilinguisme officiel de la Ville d'Ottawa aurait pu être enchâssé dans la loi provinciale il y a longtemps, si Mme Meilleur en avait fait la promotion. «En ce moment, à Queen's Park, le français n'est ni promu, ni encouragé. Il n'est que toléré. On se contente de respecter la Loi sur les services en français, point à la ligne.»

De récents accrocs à la politique de bilinguisme de la Ville d'Ottawa ont ravivé l'épineux débat sur une désignation officielle, qui mettrait l'anglais et le français sur un pied d'égalité en vertu de la loi. Cette désignation devrait venir de la province, à la suite d'une demande de la municipalité.

Le maire Jim Watson, un ancien ministre dans le gouvernement McGuinty, s'oppose à toute notion de bilinguisme officiel. Il dit que la politique actuelle de «bilinguisme pratique» fonctionne, bien qu'elle ne soit pas parfaite.

«Dans le ciment»

«Nous avons seulement besoin d'un maire, quelque part, qui s'oppose et c'est suffisant pour que tout prenne dans le ciment et que plus rien ne se passe. Les libéraux ne semblent rien vouloir faire en matière de francophonie à moins d'avoir l'unanimité. Ils savent bien qu'ils ne l'auront jamais», fustige Mme Gélinas au Droit.

La députée de Nickel Belt fait un lien entre la situation à Ottawa et celle dans la région de Durham, en banlieue de Toronto, où la communauté francophone tente d'obtenir une désignation en vertu de la Loi sur les services en français de l'Ontario. «Tout le monde est en faveur. Il n'y a qu'un maire qui s'oppose. C'est suffisant pour que rien ne bouge».

«Il faut que l'Ontario dans son ensemble comprenne les bienfaits du bilinguisme», affirme Mme Gélinas, qui voit aussi d'un «très bon oeil» que le commissaire aux services en français de la province, Me François Boileau, enquête sur des plaintes de résidents au sujet des services municipaux offerts à Ottawa.

La ministre Meilleur répond que «les services sont beaucoup plus importants qu'une désignation». Elle croit qu'Ottawa est entre bonnes mains avec M. Watson, un maire «toujours sensible à sa population francophone», dit-elle. Au final, «ce sera la décision de la municipalité», précise la députée d'Ottawa-Vanier.

«Je n'ai pas à m'excuser pour ce que notre gouvernement fait en matière de francophonie. Nous faisons beaucoup. Je laisse aux citoyens le soin de juger», relance Mme Meilleur.

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