Difficile, parce que l'élu du quartier Kanata-Sud, à Ottawa, devait revivre les heures sombres d'octobre dernier, lorsque son fils Jamie s'est enlevé la vie à l'âge de 15 ans. Encourageante, parce que le message qu'il s'efforce de transmettre depuis ce tragique événement commence à résonner.
« Nous devons continuer nos efforts de sensibilisation. Nous pouvons sauver des vies », a déclaré M. Hubley à la presse, dans le cadre de la Journée mondiale de la prévention du suicide.
Jamie Hubley n'en pouvait plus d'être stigmatisé à l'école et sur Internet en raison de son homosexualité.
« C'est l'aspect de la chose que je n'ai jamais comprise. Comment quelqu'un de si jeune pouvait-il décider de commettre un tel acte ? Et il n'est pas le seul. Il y a beaucoup de jeunes comme lui autour de nous. Il faut essayer de comprendre ce qui les pousse à prendre une telle décision », a exhorté M. Hubley, la voix remplie d'émotion.
Chaque année, environ 50 personnes s'enlèvent la vie à Ottawa. Pour chaque suicide, on compte trois tentatives avortées. Le suicide demeure la deuxième cause de mortalité chez les jeunes. Environ 10 % des élèves de niveau secondaire admettent y avoir déjà songé. « Ce n'est que la pointe de l'iceberg », a indiqué le Dr Isra Levy, médecin chef en santé publique de la Ville d'Ottawa.
La meilleure chose à faire est d'en parler, s'entendent M. Hubley et le Dr Levy.
Après le suicide de Jamie, l'élu de Kanata-Sud et sa conjointe Wendy sont partis à la rencontre d'autres parents, partageant avec eux leur témoignage. « Chaque fois que nous parlons du suicide (de notre fils), quelqu'un, quelque part se manifeste et décide de parler au lieu de passer à l'acte. Ces personnes voient l'impact qu'aurait leur suicide sur leurs proches ».
La Ville d'Ottawa a proclamé la journée d'hier la Journée de prévention du suicide dans la capitale. « Il est tout à fait acceptable de demander et de recevoir de l'aide », a déclaré la conseillère Diane Holmes, présidente du conseil de la santé publique d'Ottawa, au nom du maire Jim Watson.
« L'adolescence est tellement une période tumultueuse », a souligné Nicole Loreto, directrice des communications du centre de santé mentale Royal Ottawa.
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