Aujourd'hui coordonnateur des visites aux Ailes d'Époque du Canada, une des plus importantes collections privées d'aéronefs, le Montréalais d'origine a passé plus de 10 000 heures entre ciel et terre. Un petit calcul rapide permet de conclure que l'homme a passé une année et quart en l'air pendant sa vie.
Le corps en l'air, mais pas la tête. Car M. Mayer a toujours su ce qu'il voulait. Sa passion brûlante et son talent pour le vol l'a propulsé dans les plus hautes sphères, où gravitent les meilleurs. « J'ai volé pendant 37 ans, dans 26 types d'avions différents. Et je n'ai jamais eu d'incident. Très peu de pilotes peuvent en dire autant sans mentir », explique-t-il.
« En tant que pilote dans l'armée, j'ai toujours grimpé au sommet des échelons, peu importe dans quel emploi je me retrouvais. »
M. Mayer peut en effet se vanter d'avoir sur son curriculum vitae le poste de pilote VIP pour les premiers ministres et dignitaires étrangers.
M. Mayer a raconté son récit à qui voulait l'entendre, samedi, au Musée de l'aviation et de l'espace du Canada, alors que s'y tenait la Classique aérienne et automobile de la capitale. Une centaine de voitures étaient aussi exposées sur le tarmac de l'ancien aérodrome de Rockcliffe.
Le début de carrière de l'homme fut en ce sens prémonitoire. Il s'engage dans l'armée à 18 ans. Son entraînement le met rapidement au défi. Sur 56 aspirants pilotes, il fut l'un des sept seulement à obtenir son laissez-passer pour la « liberté ».
Car s'est bien de ça dont il s'agit. La sensation de « défier les lois de la nature ». De pointer son regard vers le ciel et ne voir que l'horizon.
« Pour être un bon pilote, tu n'as pas besoin d'être un académicien. Mais tu dois avoir des qualités bien spéciales, comme de fines habiletés motrices. Il faut que l'avion devienne une extension de son corps. »
L'homme attendait son premier vol depuis aussi longtemps qu'il se souvienne. Il se revoit, les bras en croix, descendre à toute vitesse, entre deux édifices de briques rouges, une venelle dans son Montréal natif, attendant que les nuages viennent le chercher.
Sa plus grande fierté ? Il en a deux : avoir été instructeur-pilote pour les vertes recrues, et avoir eu la responsabilité d'un équipage de 16 personnes au-dessus de l'Atlantique durant la Guerre froide.
« On dit qu'on peut sortir le pilote de l'avion, mais on ne peut pas sortir l'avion du pilote. Lorsque tu t'envoles pour la première fois, soit que tu es complètement envoûté, soit que tu ne veux plus jamais y retourner. Il n'y a pas d'entre-deux. »