Michel Gratton s'est éteint

Michel Gratton en 2003, lors du lancement de... (ARCHIVES, LeDroit)

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Michel Gratton en 2003, lors du lancement de son livre sur la croisade de l'hôpital Montfort.

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Intelligent, passionné, talentueux et bon vivant. Voici les mots qu'ont trouvés les proches du journaliste, chroniqueur et auteur Michel Gratton pour parler de leur ami décédé, hier, à l'âge de 58 ans.

Michel Gratton a débuté sa carrière au Droit, en 1973, à titre de journaliste sportif. À peine âgé de 20 ans, il impressionnait ses collègues par son intelligence et sa vivacité d'esprit.

« Michel était un véritable génie. LeDroit était son journal et il avait toujours des plans pour le faire grandir. Toutefois, Michel n'était pas un gars qui voulait être à l'avant-scène, il voulait seulement que les choses se fassent », se souvient Claude Tremblay, ancien journaliste et chef des nouvelles au Droit et actuel directeur des ventes et marketing.

Rapidement, le « p'tit » gars de Vanier a gravi les échelons et s'est retrouvé à la couverture municipale de la Ville d'Ottawa puis sur la colline parlementaire où son passage n'est pas passé inaperçu.

« Michel avait une plume incroyable. Il pouvait facilement faire passer une gamme d'émotions dans ses textes. Lorsque nous avons travaillé ensemble sur la colline, il était un journaliste très en vue. Il se donnait à fond, tout le temps », raconte Maurice Godin, journaliste à Radio-Canada.

« Il avait une plume qui pouvait par moment être vitriolique mais il a toujours eu le souci d'expliquer aux gens ce qui se passait », renchérit le chroniqueur et ex-directeur de l'information du Droit, Adrien Cantin.

De Mulroney à Montfort

Cette plume, l'ancien premier ministre du Canada Bryan Mulroney l'a lui aussi remarquée et a fait de Michel Gratton son secrétaire de presse de 1984 à 1987. Journaliste passionné, il retourne à la presse écrite du côté anglophone quelques années plus tard, avant d'entreprendre son plus grand combat : la sauvegarde de l'hôpital Montfort.

« Sans Michel, je n'aurais jamais pu réussir ce que j'ai fait », affirme d'emblée Gisèle Lalonde, la tante du défunt et présidente de l'organisation S.O.S. Montfort. Celui qu'elle considère comme son « petit-gars », se donnera corps et âme de 1997 à 2002 pour sauver le centre hospitalier francophone d'Ottawa.

« L'hôpital Montfort, c'est grâce à lui. Il a porté cette cause au bout de ses bras et l'a fait connaître au niveau national. Je pense que les Franco-Ontariens doivent beaucoup à Michel », souligne son frère et chroniqueur au quotidien LeDroit, Denis.

Michel Gratton a aussi partagé ses connaissances avec les élèves de La Cité collégiale, où il a enseigné pendant quelques années. « Ses élèves l'adoraient. Il avait une façon incroyable de communiquer avec eux », raconte M. Cantin qui l'a embauché à l'époque.

Il a aussi transmis son savoir dans plusieurs livres, articles et chroniques portant sur des événements marquant de la francophonie en Ontario et la ville d'Ottawa. « Pour lui, la ville de Vanier était son royaume », souligne Gilles Pilon, un ami d'enfance de Michel Gratton mais aussi un ancien collègue du Droit qui avait référé ce dernier à un gestionnaire du journal en 1973.

« Il était en amour avec la communauté franco-ontarienne. Il aimait cette communauté profondément », ajoute Ronald Caza, avocat dans la cause Montfort.

S'il aura marqué la communauté franco-ontarienne par son cran et sa détermination, c'est aussi ce souvenir qu'il laisse à ses proches. « Michel était quelqu'un de profondément indiscipliné mais il vivait à 150 miles à l'heure. Un jour il m'a dit : 't'sé, Gilbert, moi je vais mourir debout'. C'est ce qu'il a fait », raconte Gilbert Lavoie, chroniqueur au journal LeSoleil et ancien chef des nouvelles au Droit.

« Il n'a pas vécu longtemps mais il a vécu intensément », souligne pour sa part son frère Denis.

Michel Gratton a été retrouvé sans vie dans son appartement hier après-midi. Il laisse dans le deuil ses trois filles, Valérie, Marie-France et Brigitte ainsi que ses six frères et soeurs, Ginette, François, Gérard, Jean-Pierre, Denis et Lucie.

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