Suicide de Nadia Kajouli, étudiante à l'Université Carleton

Un infirmier américain dans l'eau chaude

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L'Américain soupçonné d'avoir poussé au suicide une étudiante de l'Université... (Photo courtoisie)

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Catherine Lamontagne
Le Droit

L'Américain soupçonné d'avoir poussé au suicide une étudiante de l'Université Carleton l'an dernier pourrait être accusé sous peu d'avoir encourager quelqu'un à s'enlever la vie, selon le Service de police de St-Paul, au Minnesota.

William Francis Melchert-Dinkel, un infirmier du Minnesota, aurait encouragé une étudiante de 18 ans, Nadia Kajouji, à s'enlever la vie lors de nombreuses conversations sur Internet. Le corps de la jeune femme avait été retrouvé dans la rivière Rideau le 20 avril 2008, plus d'un mois après sa disparition.

Défi pour la Couronne

Selon Teresa Scassa, professeure titulaire à la Faculté de droit de l'Université d'Ottawa, il pourrait être difficile pour la Couronne d'établir une preuve tangible, advenant le cas que le suspect soit accusé.

« Dans un cas comme celui de Nadia Kajouji, il est plus facile d'établir la preuve puisqu'il semble y avoir des enregistrements des conversations entre le suspect et la victime. Toutefois, il peut être plus difficile de prouver hors de tout doute que le personne ayant écrit ces messages est réellement la personne accusée. Il s'agit d'un défi car on peut relier une adresse à un ordinateur, mais pas un utilisateur unique à celui-ci », explique-elle.

Comparativement au Canada, il existe dans certains états américains une loi spécifique pour les crimes ayant lieu sur Internet. Devant une telle situation, la police américaine se doit d'être prudente, selon Mme Scassa, puisqu'un événement comme celui du Minnesota pourrait créer un précédent.

« Pour plusieurs l'enquête menée par la police du Minnesota peut sembler longue mais les policiers se doivent de procéder avec soin, même si la preuve est là. La situation est également différente en raison de la distance entre les individus. Il faut voir si le fait de donner des conseils à des kilomètres de distance est considéré comme un encouragement au suicide », souligne-t-elle.

Situation canadienne

Au Canada, le suspect aurait probablement déjà été accusé, selon Mme Scassa, en raison d'un article du code criminel qui condamne une personne ayant encouragé quelqu'un à s'enlever la vie, sur Internet ou ailleurs.

« Peu importe le jugement rendu dans ce dossier, s'il y en a un, celui-ci peut être utile dans les pays où la juridiction est semblable ou du moins où il y a des ressemblances. Il est toutefois important de préciser que le Canada possède déjà des lois lui permettant d'agir lors de crime sur Internet touchant à la fraude ou à la pornographie infantile par exemple », précise Teresa Scassa.

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