Une «tape sur les doigts» de Denise Laferrière

La conseillère Denise Laferrière... (Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit)

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La conseillère Denise Laferrière

Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit

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Pas de suspension pour la conseillère Denise Laferrière. La Commission municipale du Québec (CMQ) impose plutôt une « réprimande » à l'élue qui mettra fin à sa carrière politique en novembre prochain après 16 ans à la table du conseil municipal de Gatineau.

La CMQ conclut que la participation de Mme Laferrière aux vidéos promotionnelles du projet Place des peuples, au printemps 2015, constitue un manquement au Code d'éthique et de déontologie des membres du conseil municipal de la Ville de Gatineau. 

La juge Sandra Bilodeau n'a toutefois pas donné suite à la recommandation du procureur de la CMQ qui proposait une suspension de deux jours comme sanction. Elle ne s'est pas plus rangée derrière l'avocat de Mme Laferrière qui recommandait qu'aucune sanction ne soit imposée à la conseillère.

« La non-imposition d'une sanction est une recommandation trop clémente de l'avocat de l'élue, écrit la juge Bilodeau dans sa décision rendue jeudi. Le geste posé par madame Laferrière était dénué de toute prudence et n'a pas fait l'objet au préalable de quelques vérifications ou validations. Un élu doit toujours être gouverné par la prudence, dans la recherche de l'intérêt public, afin d'avoir un comportement éthique en tout temps. La Commission estime toutefois qu'une suspension, tel que recommandé par le procureur indépendant, est trop sévère. L'imposition d'une réprimande apparaît à la Commission comme une sanction juste et raisonnable, compte tenu de la bonne foi de l'élue, malgré son imprudence et de la grande médiatisation de ce dossier, avant même que la Commission ne soit saisie officiellement de la demande d'enquête. »

« On a voulu me faire taire »

Mme Laferrière affirme être soulagée de la fin de ces procédures qui ont duré deux ans. « C'est une tape sur les doigts pour la forme de mon intervention, mais par sur le fond, pas sur le contenu, a-t-elle lancé. La Commission n'a rien retenu contre moi sauf mon imprudence. J'ai peut-être été un peu naïve. Si c'était à recommencer, je dirais la même chose, mais pas dans un véhicule promotionnel. »

L'élue du quartier Hull-Wright affirme avoir vécu beaucoup de stress au cours des deux dernières années en raison des procédures juridiques devant la CMQ. « Je crois que le but de cette plainte était avant tout de me faire taire, ajoute-t-elle. J'étais la seule qui parlait d'une voix forte dans ce dossier et on a voulu nuire à ma liberté d'expression. »

Un message aux promoteurs et aux élus

Le plaignant, Bill Clennett, estime que l'important dans ce dossier c'est que la CMQ a conclut qu'il devait y avoir une sanction. « Ça lance un message aux promoteurs qui tentent d'instrumentaliser les politiciens et ça rappelle aux élus qu'il y a une ligne à ne jamais traverser », dit-il. 

Ce dernier rappelle toutefois que c'est en vertu du Code de déontologie des élus de la Ville de Gatineau que Mme Laferrière a été sanctionnée. « Québec impose certaines règles, mais Gatineau les a bonifiés, explique-t-il. Sans cette bonification, Mme Laferrière n'aurait pas été sanctionnée par la CMQ. Le gouvernement du Québec devrait resserrer les choses un peu et étendre aux autres municipalités le code d'éthique et de déontologie que s'est donnée la Ville de Gatineau. »




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