Tassé et Goneau s'en prennent au maire

Les candidats à la mairie, Denis Tassé et... (Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit)

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Les candidats à la mairie, Denis Tassé et Sylvie Goneau, n'ont pas été tendres envers l'administration Pedneaud-Jobin dans leurs commentaires sur le litige opposant la Ville à l'entrepreneur Profex.

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Le candidat à la mairie de Gatineau, Denis Tassé, pointe du doigt le maire Maxime Pedneaud-Jobin et son administration pour ce qu'il juge être l'instauration à la Ville d'une « tendance lourde » à judiciariser des dossiers, tant avec des citoyens qu'avec les entrepreneurs.

Le jugement de la Cour du Québec rendu par la juge Patsy Bouthillette, le 2 août dernier, dont Le Droit publiait les détails dans son édition de lundi est, selon M. Tassé, un autre exemple de l'échec de l'administration Pedneaud-Jobin. 

« Lorsqu'une juge de la Cour du Québec vient nous dire que les méthodes de l'administration Pedneaud-Jobin sont loufoques, je vous avoue que c'est très inquiétant pour les citoyens de Gatineau », affirme M. Tassé. 

La candidate à la mairie, Sylvie Goneau, affirme pour sa part que ce jugement et les allégations faites par l'Association de la construction du Québec démontrent que le maire Pedneaud-Jobin, malgré ses promesses, a été incapable de changer les relations entre la communauté entrepreneuriale et l'administration municipale. 

« Ce sont des doléances qu'on a entendues plus d'une fois, dit-elle. Le maire a beau dire que ce ne sont que des entrepreneurs qui s'en prennent à la Ville, mais là on a une juge, des particuliers, la collectivité entrepreneuriale et l'Ombudsman qui offrent le même jugement. »

M. Tassé ajoute que le cas qui a mené au jugement de la Cour du Québec n'est pas unique, rappelant au passage le plus récent rapport de l'Ombudsman de Gatineau qui se dit préoccupé par l'augmentation de la judiciarisation des dossiers municipaux. « Cette culture d'opposition mise en place depuis l'élection de 2013 par Maxime Pedneaud-Jobin doit cesser le 5 novembre prochain, lance M. Tassé, visiblement déjà sur le sentier électoral. Quand une personne a la confrontation dans le sang, elle le fait partout. Le maire est d'accord avec les agissements de l'administration parce qu'il agit lui-même comme ça. »

Il est impossible, toutefois, pour M. Tassé, d'étayer ses affirmations par des chiffres précis sur le nombre de cas qui ont dû se rendre jusque devant les tribunaux à Gatineau au cours des dernières années. Il refuse aussi de préciser comment il compte s'y prendre pour changer les choses. « Je ne dévoilerai pas mon programme électoral tout de suite, mais fiez-vous sur moi, je vais le faire, dit-il. Les citoyens voudront voter pour quelqu'un qui a de l'expérience dans la gestion et l'administration. »

Il promet toutefois, comme Mme Goneau, de mettre rapidement en place une table de concertation à laquelle siégeront les hauts fonctionnaires et les entrepreneurs. Sylvie Goneau ajoute qu'elle y siégerait personnellement comme éventuelle mairesse.

La candidate rappelle aussi que le maire s'est « beaucoup attardé à changer les structures » au cours du dernier mandat. « Il a pris tout son mandat pour faire ça, mais nous avons la preuve que ça prend plus que ça pour changer une culture, dit-elle. On est encore très loin de l'approche client qu'on disait vouloir implanter. » 

Salissage

Denis Tassé accuse le maire Pedneaud-Jobin d'avoir pris des décisions depuis quatre ans pour « salir la réputation de citoyens de notre communauté ». Il cite en exemple le transfert du dossier du centre multifonctionnel à l'Unité permanente anticorruption et les avis juridiques demandés concernant le conseiller Marc Carrière et le promoteur Claude Hamelin. 

Le candidat à la mairie termine son communiqué par « fini le salissage de réputation, fini le manque de transparence, fini le manque de collaboration, le 5 novembre prochain, ça doit changer ».

«Il faut regarder les faits» - Pedneaud-Jobin

La « tendance lourde à la judiciarisation » à Gatineau dénoncée par les candidats à la mairie Denis Tassé et Sylvie Goneau ne passe tout simplement pas l'épreuve des faits, selon le maire Maxime Pedneaud-Jobin.

Le maire sortant de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin... (Etienne Ranger, Archives Le Droit) - image 3.0

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Le maire sortant de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

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« Avant de généraliser et de lancer des accusations, il faut regarder les faits », affirme-t-il dans un communiqué de presse diffusé en fin d'après-midi, lundi. Ce dernier a refusé toutes les demandes d'entrevue sur le sujet et sa réaction n'aborde pas les éléments soulevés par la juge Patsy Bouthillette de la Cour du Québec dans un récent jugement. Elle affirmait entre autres que la Ville a utilisé des manoeuvres « loufoques » ayant mené à la judiciarisation d'un dossier avec un entrepreneur de la région. 

« Notre philosophie est d'éviter la judiciarisation, comme en témoignent les statistiques de 2016 qui révèlent que sur 922 réclamations, seulement 12 se sont rendus en cour », précise le maire. Il ajoute que la Ville a développé une « bonne relation » avec le monde des affaires au cours des dernières années, notamment dans la réalisation de la réforme du service de l'urbanisme et du développement économique. 

M. Pedneaud-Jobin ajoute que le plus récent palmarès de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante révélait que Gatineau était la ville dont les services aux entreprises s'étaient le plus améliorés au cours de la dernière année et qu'elle se classait désormais dans les 50 municipalités les plus performantes au Canada. Gatineau croupissait dans les bas-fonds du classement de ce palmarès depuis plusieurs années.




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