Touristes chez-nous

Ce n'est pas le choix qui manque, cet... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

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Ce n'est pas le choix qui manque, cet été, en termes d'activités à Gatineau. Le Cirque du Soleil, par exemple, s'est récemment installé en ville pour y présenter son spectacle Volta.

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

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ANALYSE / J'ai vu l'exposition d'art visuel À perte de vue à la Fonderie. Rien compris.

C'est censé faire réfléchir aux relations complexes qu'entretiennent les Canadiens et les Premiers peuples avec l'espace et le territoire. Pendant que je faisais bêtement le tour de ces oeuvres gigantesques en tentant de m'imaginer au vernissage, à discuter de mon expérience avec les convives, ma fille de huit ans, elle, n'en revenait tout simplement pas. 

Visiblement, sa relation avec l'espace est différente de la mienne. Elle n'a jamais pensé faire le tour des sculptures. Elle est rentrée dedans. Je l'ai suivie. Je n'ai rien compris, mais je crois avoir fait un pas en avant. On est resté là un bon 45 minutes. On s'est amusé. De retour à la maison, ma fille s'est lancée dans une furieuse séance de bricolage.

Plus de 3000 personnes ont jusqu'ici franchi les portes de cette exposition gratuite menée par AXENÉO7 dans cet ancien édifice industriel. Le centre d'artistes rêvait depuis des lustres d'utiliser ces lieux comme plateforme culturelle et faire réaliser à la Ville de Gatineau le potentiel de l'outil de diffusion unique au Québec qu'elle a entre les mains. 

L'été 2017 agira-t-il comme le tremplin permettant à Gatineau de se démarquer dans la promotion de l'art visuel ? L'occasion d'occuper avec panache une place unique dans l'écosystème culturel québécois semble bien réelle pour cette municipalité qui tente présentement de relancer son centre-ville avec les arts et le patrimoine. 

Ce n'est cependant là qu'un seul des fruits que la Ville pourrait cueillir dans l'arbre du 150e de la Confédération canadienne. Le centre-ville fourmille de monde depuis le début de l'été.

Les terrasses du Vieux-Hull sont pleines. Les événements urbains qui attirent habituellement quelques centaines de personnes par jour en voient débarquer des milliers.

Tous dans le centre-ville s'entendent pour dire que c'est du jamais-vu. Si 3000 personnes ont déjà visité À perte de vue, ce n'est pas le fruit du hasard. Ce n'est pas que soudainement les Gatinois se sont découvert une passion pour l'art contemporain. 

Cette effervescence est en grande partie due au fait que la locomotive des festivités du 150e, c'est Gatineau qui l'a. Plus de 300 000 personnes ont déjà visité l'exposition d'art floral MosaïCanada au parc Jacques-Cartier. Les visiteurs proviennent de partout au Québec, au Canada et dans le monde. La seule présence de cet événement provoque un engouement qui déborde sur tout le reste de l'offre événementielle dans le centre-ville. 

Le comité du 150e affirme que 26 % des visiteurs de l'exposition jusqu'à maintenant proviennent de Gatineau.

Ça veut dire qu'environ le tiers de la population de la ville s'est rendu sur l'Île-de-Hull dans le dernier mois pour faire autre chose que travailler. Peut-être que ces Gatinois y auront découvert un restaurant intéressant ou un bar sympathique. Peut-être reviendront-ils pour AGWÀTÀ, les Grands Feux ou le Cirque du Soleil dans la deuxième partie de l'été. Peut-être découvriront-ils qu'un sentier culturel a récemment été aménagé. Peut-être pousseront-ils eux aussi la curiosité et qu'ils iront voir l'exposition À perte de vue.

Tourisme Outaouais admet que le vrai test de 2017, c'est 2018. Gatineau et son centre-ville voudront garder le momentum engendré par un été qui ne passe qu'une fois aux 150 ans. MosaïCanada finira par quitter le parc Jacques-Cartier.

Le Canada fêtera l'an prochain son 151e anniversaire. C'est déjà moins glamour et ça ne viendra pas avec une pluie de subventions pour organiser un gros party. 

Les touristes qui affluent à Gatineau depuis quelques semaines ne sont pas très différents des gens de la place. Un peu comme ces milliers de visiteurs, ça prenait aux Gatinois un événement d'envergure pour qu'ils accourent massivement dans leur centre-ville et s'aperçoivent qu'il s'y passe des choses.

Si Gatineau souhaite continuer d'attirer ses propres citoyens dans son centre-ville, elle devra trouver autre chose pour les forcer à y revenir.

Faire de la fréquentation d'un lieu boudé depuis si longtemps une habitude au sein de la population nécessitera un effort continu et des investissements pendant encore quelques années. L'occasion fait le larron.




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