Les sinistrés exigent le report du décret

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Plus de 300 personnes ont assisté lundi à la consultation publique du gouvernement du Québec sur le décret relatif à la zone d'intervention.

Patrick Woodbury, Le Droit

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Crue historique en Outaouais
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Les sinistrés des inondations printanières à Gatineau ont été nombreux lundi soir à réclamer de Québec qu'il reporte à tout le moins la mise en oeuvre du décret sur la reconstruction dans les zones inondables.

L'ordonnance doit entrer en vigueur à la mi-juillet. 

« Je vous demande de retarder ou reformuler, ou de potentiellement annuler ce décret qui va vraiment venir toucher tout le monde dans la salle, ou presque », a plaidé Réjean Belcourt, un des sinistrés de Pointe-Gatineau, devant des responsables du gouvernement du Québec. M. Belcourt demande un programme équitable qui permettrait aux gens de rénover, ou de rebâtir s'il est impossible de rénover.

Plus de 300 citoyens ont assisté à la consultation publique du gouvernement provincial sur le décret lundi soir au Palais des congrès de Gatineau. 

Beaucoup de sinistrés n'ont pas encore réintégré leur domicile. Ils habitent dans un motel ou chez des amis depuis deux mois.

La détresse était palpable chez de nombreux intervenants qui se sont présentés au micro pour exprimer leur colère concernant la lenteur du processus pour les rapports d'évaluation, et surtout pour exprimer leur crainte de perdre leur domicile en raison du critère où il serait interdit de reconstruire dans les zones de récurrence 0-20 ans si la valeur des travaux de réfection dépasse 50 % de la valeur de l'immeuble. 

« Ça fait sept semaines que je ne suis plus chez moi, a indiqué Robert Dorion, un sinistré du Pontiac qui a été forcé d'évacuer sa résidence. Pourquoi ça fait si longtemps qu'on attend ? J'habite dans le sous-sol de quelqu'un. J'ai mon entreprise, je travaillais de chez moi dans le montage vidéo, et là je n'ai plus de place pour travailler, je n'ai plus de place pour vivre. Je comprends qu'un décret doit être fait, mais prenez en considération le côté psychologique. C'est tough. Ce n'est pas évident pour personne ».

Philippe Gagnon, de Pointe-Gatineau, craint que le quartier soit appelé à disparaître si le décret entre en vigueur comme prévu à la mi-juillet.

« C'est une zone patrimoniale qui doit être préservée », a-t-il notamment fait valoir. 

« Ce décret n'est pas la solution. Ça va détruire des milieux de vie. Une vraie solution serait une aide financière suffisante pour permettre aux gens de réparer leur maison et de les immuniser. Nos maisons seraient protégées contre les inondations dans l'avenir, et ça veut dire qu'il n'y aurait ainsi pas d'autres indemnisations de versées », a-t-il ajouté, tout en précisant que le gouvernement devrait exproprier les gens à la juste valeur de leur propriété s'il trouve que l'alternative qu'il propose n'est pas bonne.

Un mémoire présenté par les conseillers municipaux Marc Carrière et Sylvie Goneau ainsi que d'autres sinistrés de la crue printanière demande notamment au gouvernement « de respecter le droit des gens de protéger leur propriété ».

Le gouvernement tiendra un forum à l'automne pour discuter des solutions en gestion des inondations.




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