Fuites du SPVG en 2010: la genèse d'une commission

Le chef du Service de police de la... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Le chef du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), Mario Harel, s'est inquiété des fuites d'informations dans les médias dès 2010-2011, dans un contexte de moyens de pression des syndiqués.

Etienne Ranger, Le Droit

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Le chef du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), Mario Harel, s'est inquiété des fuites d'informations dans les médias dès 2010-2011, dans un contexte de moyens de pression des syndiqués.

C'est l'analyse que fait le chef Harel sur les relations entre la presse et son service de police, à la lumière des informations rendues publiques mercredi dans le cadre de la Commission d'enquête Chamberland sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques.

On y apprend que la direction du SPVG a demandé à 36 policiers s'ils avaient des contacts avec des journalistes de la région, puisque des informations avaient coulé dans certains médias, en 2013.

Les journalistes Pierre-Jean Séguin, de TVA Ottawa-Gatineau, ainsi que les journalistes Éric Charron, Mathieu Locas et l'animateur Louis-Philippe Brûlé, du 104,7 FM, ont été visés. Le SPVG a alors tenté de relier leurs numéros de téléphone à ceux de certains policiers. Les enquêtes n'ont pas permis de faire de liens concluants.

« Il y avait (à l'époque) un contexte de moyen de pression », a dit Mario Harel en entrevue, jeudi. M. Harel en a contre la divulgation d'informations qu'il juge « sensibles », et qui mettent en danger les enquêtes, voire certains agents.

« C'est épouvantable d'avoir coulé de l'information comme ça », lance-t-il.

En 2010, la direction du SPVG et la Fraternité des policiers de Gatineau étaient à couteaux tirés, alors que les négociations entourant la convention collective, les ressources de l'escouade canine, ou l'Escouade régionale mixte, par exemple, faisaient la manchette quasi quotidiennement.

Le chef Harel n'a pas voulu directement pointer du doigt le syndicat en tant que tel. « C'est que, depuis la fusion (des villes en 2001) on a eu des crises, des moyens de pression. »

Selon le chef Harel, des enquêteurs aux affaires criminelles se sont dits de plus en plus « préoccupés » par la diffusion d'informations sensibles sur des enquêtes en cours.

« Alors, on a entamé, en 2010-2011, une démarche sur l'éthique, pour dire aux policiers qu'ils s'exposaient à des mesures disciplinaires. On a rencontré nos employés », d'ajouter le chef de police.

En 2013, « l'affaire Parker » a fait déborder le vase, précise M. Harel.

Il s'agissait d'une enquête sur un homme recherché pour des vols qualifiés. 

À leur arrivée sur le lieu de l'arrestation prévue, les policiers ont remarqué que le journaliste Pierre-Jean Séguin était déjà sur place avec un caméraman.

Le chef Harel a par ailleurs dit en entrevue, jeudi, qu'il avait dû « insister à plusieurs reprises » pour que les visages d'agents doubles soient floués après la première diffusion du reportage, ce qui a finalement été fait.

De son côté, Pierre-Jean-Séguin a dit, lors de son témoignage devant la Commission, que sa présence sur la scène n'était que le fruit du hasard. Dans son reportage, le journaliste rapportait que l'opération avait été retardée pour une question d'heures supplémentaires de l'équipe en place.

« C'est très sérieux, a dit le chef Harel. Qu'on débatte de la gestion de l'administration, je peux vivre avec, mais lorsque des informations diffusées mettent l'enquête en péril, ça n'a pas de bon sens. »

Le chef Harel a ajouté qu'en dehors de la Commission, d'autres informations, comme celles portant sur l'enquête du meurtre de Valérie Leblanc, en août 2011, « n'auraient pas dû sortir », et que des techniques d'enquête ont été publiées.

Pas de filature

Sur les ondes du 104,7, jeudi matin, Mario Harel, a précisé qu'il « n'aurait jamais accepté » que ses hommes suivent ou prennent des journalistes en filature pour connaître leurs sources.

La station a elle-même été visée, mercredi, dans le témoignage de l'inspecteur du SPVG, Sylvain Renaud, à la Commission Chamberland.

« Ce n'est pas quelque chose que j'aurais accepté, de suivre les journalistes, a dit M. Harel à l'animateur du matin, Michel Lapointe. On n'a pas suivi de journalistes. Je n'aurais jamais accepté ça. »

Une vaste enquête disciplinaire a finalement été lancée en 2013 au SPVG. L'inspecteur Renaud a dit, mercredi, que cette façon de faire avait permis de mettre une certaine pression sur les policiers, et « d'instaurer une crainte » chez ces derniers, afin qu'ils ne parlent pas aux journalistes.




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