Logements insalubres : Gatineau améliore ses délais d'intervention

La rue Morin.... (Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit)

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La rue Morin.

Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit

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La Ville de Gatineau intervient beaucoup plus rapidement lorsqu'elle reçoit une plainte en lien avec la salubrité des logements sur son territoire.

Une moyenne de 2,6 jours a été nécessaire, en 2016, pour permettre aux fonctionnaires de la Ville d'établir un premier contact avec un requérant, alors qu'ils avaient besoin de 27,5 jours un an auparavant. Le délai pour traiter et fermer une plainte fondée s'est aussi considérablement amélioré, passant de 102 jours en 2015 à 23,7 l'an passé. 

L'amélioration est observable dans tous les secteurs de la ville. Les secteurs de Masson-Angers et Buckingham faisaient très mauvaise figure en la matière en 2015, alors que pas moins de 82 jours étaient nécessaires pour les fonctionnaires de l'est de la Ville afin d'établir un premier contact. Les requérants de ces secteurs n'attendent plus que 2,3 jours en moyenne avant d'avoir la visite d'un employé de la Ville. 

Le traitement d'une plainte dans ces secteurs pouvait prendre jusqu'à cinq mois en 2015, alors que les plaintes fondées étaient traitées et fermées en moins de 25 jours en 2016.

Inspecteurs

Le service de l'urbanisme précise que cette amélioration est en partie liée au regroupement des inspecteurs municipaux, à l'harmonisation des pratiques internes et à l'amélioration des procédures. 

Les 16 inspecteurs sont maintenant formés en salubrité des bâtiments, alors qu'ils n'étaient que trois auparavant. 

« Ça vient d'abord d'une volonté politique claire et pleinement assumée et là-dessus, je vais me donner le retour d'ascenseur pour le rôle que j'ai joué et le leadership dont j'ai fait preuve sur cette question, a affirmé la présidente de la commission permanente sur l'habitation, Myriam Nadeau. C'était important pour moi. C'était une question de dignité humaine. Nous avons soutenu l'administration. On lui a donné les outils pour qu'elle puisse mettre en place ce dont elle avait besoin. On s'assure maintenant qu'à chaque occasion qu'on a de serrer la vis, on serre la vis. On ne laisse rien passer. » 

« Impressionnant »

Le conseiller Gilles Caprentier a aussi tenu à saluer l'amélioration des délais de réponse pour l'intervention municipale en matière de salubrité des logements. 

« C'est vraiment impressionnant de voir cette amélioration, a-t-il dit. On voit que notre réorganisation qui a été une décision courageuse donne des résultats. »

Un total de 519 plaintes ont été déposées à la Ville de Gatineau en 2016, c'est 69 de plus qu'en 2015. 

De ce nombre, 63 % étaient des plaintes fondées et dans la très grande majorité des cas, 96 %, les propriétaires des immeubles visés on fait preuve de collaboration pour la résolution rapide des problèmes. 

Une vingtaine de bâtiments de la Ville ont semblé plus problématiques que les autres alors que 83 des 519 plaintes concernaient 22 bâtiments. 

Il s'agissait principalement de plaintes formulées.

Impossible d'imposer la construction de logements abordables aux promoteurs

Par ailleurs, Gatineau ne pourra pas imposer la construction de logements abordables.

Contrairement au souhait émis à la fois par Action Gatineau et le conseil municipal, la Ville ne sera pas en mesure d'imposer à court terme aux promoteurs immobiliers d'inclure des logements abordables dans leurs projets de développement. 

Le cadre légal en place ne le permet tout simplement pas. La nouvelle politique d'habitation pour les années 2017 à 2021, qui doit être adoptée par le conseil le 13 juin prochain, ne pourra donc pas inclure cette mesure. La Ville tentera plutôt de sensibiliser les promoteurs immobiliers à agir de bonne foi et à considérer le besoin en logements abordables lorsqu'ils présentent des projets à la municipalité. 

La présidente de la commission permanente sur l'habitation de Gatineau, Myriam Nadeau, affirme toutefois ne pas lancer la serviette. Gatineau, à travers le projet de loi sur l'autonomie des villes, et Montréal par celui sur le statut de métropole, ont toutes deux demandé à Québec que lui donner le pouvoir d'imposer une telle exigence. Le projet de loi sur l'autonomie des villes ne sera toutefois pas adopté avant l'automne.

Entre temps, Montréal s'est donné une stratégie de négociation avec les promoteurs qu'elle utilise lors des dérogations mineures ou de la vente de terrains municipaux. Mme Nadeau indique que Gatineau tentera aussi de développer une telle stratégie de négociation, mais que cela doit se faire en collaboration avec l'industrie afin que l'ensemble des enjeux soient bien compris de part et d'autre. 

La prochaine politique d'habitation mettra par ailleurs l'accent sur l'offre de produits résidentiels diversifiés permettant notamment la rétention des familles dans les quartiers urbains et encouragera le recours aux énergies renouvelables ainsi qu'aux pratiques de conservation de l'eau et de l'énergie.




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