Le vent se lève

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La publication cette semaine de données démontrant que la Ville de Gatineau accumule du retard dans la réalisation des travaux d'entretien de ses infrastructures pour une deuxième année de suite a mené à un repositionnement majeur des différentes forces politiques au conseil municipal.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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ANALYSE/ La publication cette semaine de données démontrant que la Ville de Gatineau accumule du retard dans la réalisation des travaux d'entretien de ses infrastructures pour une deuxième année de suite a mené à un repositionnement majeur des différentes forces politiques au conseil municipal. On pourrait presque dire que les Gatinois assistent, depuis mercredi, aux balbutiements de la campagne électorale. Le vent vient de se lever.

D'abord, il y a le président du conseil, Daniel Champagne, qui a profité de la situation qui prévaut au service des infrastructures pour se donner un bon bras de distance avec le maire, Maxime Pedneaud-Jobin. L'« autocritique » qu'il a faite du travail du conseil, à sept mois des élections, était un blâme à peine voilé contre le maire et son parti. L'exercice avait de quoi surprendre venant d'un conseiller qui a appuyé le maire dans la très grande majorité des votes au conseil depuis le début du mandat. 

M. Champagne continue en coulisses de travailler à rassembler une équipe de candidats indépendants en prévision de la prochaine élection. Il dit ne pas avoir l'intention de former un parti, mais il ne cache pas son souhait de mettre en place une équipe qui représenterait une force politique que le maire ne pourrait pas ignorer.

Une sortie qui en cachait une autre

En ce sens, il n'y avait rien d'anodin quand M. Champagne a affirmé au Droit, cette semaine, que le conseil s'est éloigné des priorités des Gatinois, qu'il s'est mis à gouverner dans une bulle et que les élus ont développé une tendance à complexifier les choses alors que les priorités des Gatinois sont simples.  

C'était encore moins anodin quand il a ajouté qu'il était de « ceux qui pensent que le maire actuel comme le prochain devra être plus attentif à sa toute première responsabilité qui est de fournir les services de base aux citoyens ». 

Cette sortie en cachait une autre, tout aussi significative pour la suite des choses. Jeudi, le conseiller Denis Tassé laissait entendre à Nathalie Tremblay de Radio-Canada que sa réflexion quant à sa possible candidature à la mairie avait beaucoup progressé dans les dernières semaines. Sa décision est imminente. Il n'adhère pas à la candidature de Sylvie Goneau et la possibilité d'un autre mandat de l'administration Pedneaud-Jobin ne l'enchante pas du tout. Les Gatinois peuvent dorénavant s'attendre à une course à trois à la mairie.

La marotte de Tassé 

Le maire Pedneaud-Jobin pourra, avec raison, clamer qu'il ne s'est jamais fait autant de travaux d'entretien d'infrastructures dans l'histoire de Gatineau que pendant son mandat.

 Il devra cependant déployer passablement d'efforts s'il veut s'imposer comme le champion des infrastructures face à un candidat comme Denis Tassé qui peut réclamer la paternité de la taxe dédiée aux infrastructures. 

La marotte de M. Tassé est connue depuis longtemps. Il milite sans ménagement pour que Gatineau règle son déficit d'entretien des infrastructures estimé à 1,3 milliard $ et pour que la Ville se concentre d'abord et avant tout sur la livraison des services de base. 

La même formule avait aidé Marc Bureau à définir une bonne partie de son engagement politique en 2005. M. Tassé a affirmé au Droit cette semaine que s'il se présentait à la mairie de Gatineau, il ferait d'abord campagne sur ces deux éléments. « Travaillons en fonction des priorités plutôt qu'à partir d'idéologies grandioses, a-t-il affirmé. Des grands projets comme la bibliothèque centrale, le monde n'en veut pas. » Parions que Daniel Champagne et ceux qui adhèrent à son équipe ont pris quelques notes. 

Les Gatinois assisteront-ils à un autre round de la bataille de l'asphalte contre les bibliothèques ?

Indépendants vs indépendants

Fait rarissime au cours du présent mandat, la dernière semaine a été le théâtre d'attaques entre élus indépendants. M. Tassé a dénoncé l'improvisation et le manque de pertinence de la politique d'équité homme/femme qu'a voulu, en vain, faire adopter Sylvie Goneau. 

Le président du comité exécutif, Gilles Carpentier, a présenté le projet de développement économique au Burkina Faso défendu par Mme Goneau comme un exemple de dossiers ayant fait perdre du temps au conseil et à l'administration. Daniel Champagne s'est rapidement rangé derrière son collègue sur les ondes du FM 104,7. 

Irritée, Mme Goneau a répliqué vendredi dans Le Droit en affirmant que les trois hommes tentaient de faire de la politique sur son dos et qu'ils auraient à expliquer à la population leur méconnaissance des enjeux de développement économique, ainsi que leur manque de sensibilité à l'importance d'améliorer l'équité homme/femme à la Ville de Gatineau. 

Tout cela survient à une semaine du congrès d'Action Gatineau où les membres seront appelés à voter sur les propositions qui détermineront le prochain programme électoral du maire Pedneaud-Jobin et de son parti. 

Le vent n'est donc pas près de tomber.




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