En attendant Goneau

Les Gatinois pourraient assister à une course à... (Parick Woodbury, Archives Le Droit)

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Les Gatinois pourraient assister à une course à deux entre le maire sortant Maxime Pedneaud-Jobin et la conseillère Sylvie Goneau.

Parick Woodbury, Archives Le Droit

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ANALYSE / En annonçant sa candidature à la mairie de Gatineau en plein Salon de la femme, il y a déjà plus d'un an, la conseillère Sylvie Goneau a déclaré haut et fort qu'elle entendait se démarquer du maire Maxime Pedneaud-Jobin en offrant aux Gatinois un « leadership rassembleur » si ces derniers acceptent de lui livrer les commandes de leur ville en novembre prochain.

Jusqu'à maintenant, la conseillère du district de Bellevue a laissé filtrer bien peu d'éléments de sa plateforme électorale. La façon dont elle compte s'y prendre pour rassembler le prochain conseil sous son leadership est encore aussi bien floue. Les quelques dossiers pour lesquels elle a tenté d'imposer sa vision politique au conseil dans les derniers mois ont essentiellement tous faits chou blanc. Seul le nouveau programme de sécurité dans les zones scolaires, un projet qu'elle a développé, défendu et qui a été adopté à l'unanimité par le conseil, porte résolument son empreinte. 

Mme Goneau a été l'une des principales opposantes au maire dans le dossier Guertin. Maxime Pedneaud-Jobin n'a pas encore remporté son pari et ce n'est pas demain la veille que les pépines s'activeront à Place de la Cité. Il a toutefois été en mesure, malgré une adversité parfois féroce, de convaincre une majorité de conseillers de le suivre dans cette aventure. 

En janvier, la candidate à la mairie a choisi de mettre tout son poids politique derrière ce qu'elle présentait à ses collègues comme une occasion en or pour Gatineau de faire du développement économique au Burkina Faso. Elle est allée jusqu'à forcer un vote au conseil malgré le manque d'appuis manifeste de ses collègues. Alors que le maire Pedneaud-Jobin vivait l'un de ses moments les plus difficiles du mandat en termes de relations publiques, avec le décès de l'octogénaire Thérèse Gauvreau et le cafouillage du 9-1-1, Mme Goneau, plutôt que de tenter de capitaliser sur les difficultés de son adversaire, s'est retrouvée isolée à la table du conseil municipal pour un projet qui n'a jamais suscité l'intérêt de ses pairs. 

L'enjeux du 2,9 %

Après une quatrième hausse consécutive de 2,9 % de la taxe foncière, en décembre dernier, l'enjeu du fardeau fiscal qui pèse de plus en plus lourd sur le contribuable gatinois s'est imposé de lui-même à la table du conseil. Mme Goneau a rapidement voulu se présenter comme celle sur qui les citoyens pouvaient compter pour reprendre leur souffle. Elle a toujours la ferme intention de limiter la hausse de taxes si elle remporte les suffrages le 5 novembre prochain. Elle affirmait même, en début d'année, que des orientations claires devaient être données dès maintenant à l'administration afin qu'elle travaille déjà à prévoir des hausses de taxes moindres que celles qui ont forgé une partie de la réputation de l'administration Pedneaud-Jobin. 

Sauf que lors du débat public sur les orientations budgétaires pour 2018, en mars dernier, alors que le moment était tout indiqué pour donner le ton à son engagement, Mme Goneau n'a fait qu'effleurer le sujet. Elle s'est par la suite défendue en affirmant qu'elle aurait toujours l'occasion de passer à l'action une fois élue.

La cause féminine

Sylvie Goneau a aussi choisi de mettre de l'avant les enjeux d'égalité homme-femme, d'équité et d'inclusion pour cadrer sa personnalité politique auprès des Gatinois. Elle a dénoncé à de nombreuses reprises ce qu'elle juge être un manque de sensibilité du maire sortant pour la représentativité des femmes dans les instances décisionnelles. 

À ce jour, à part la candidate indépendante Audrey Bureau, toutes les nouvelles candidatures féminines déjà annoncées en prévision de la prochaine élection ont choisi de porter les couleurs d'Action Gatineau. 

La volonté politique de Mme Goneau en matière d'égalité et d'équité a culminé, cette semaine, avec le dépôt d'une ébauche de politique d'égalité homme-femme, sans toutefois avoir obtenu préalablement le mandat du conseil pour le faire. Qu'à cela ne tienne, elle a de nouveau décidé de forcer le conseil municipal à se prononcer sur sa proposition élaborée deux semaines après une consultation publique qui avait regroupé 15 personnes. Plusieurs élus autour de la table ont affirmé éprouver un malaise devant le caractère improvisé et précipité de la démarche. Une majorité claire de conseillers a finalement rejeté la proposition de Mme Goneau. 

Une course à deux ?

Plus les élections approchent, plus les noms de candidats potentiels à la mairie s'effacent du tableau. Après le désistement de Lawrence Cannon, il y a un mois, c'était au tour de l'ancien maire Yves Ducharme de passer son tour cette semaine. La réflexion qu'affirme faire le conseiller Denis Tassé depuis des mois attire pour l'instant bien peu d'attention. Ceux qui, dans certains cercles d'influence de la région, cherchaient à tout prix à convaincre une grosse pointure politique pour déloger le maire sortant sont sur le point de capituler. À moins d'un revirement, les Gatinois pourraient finalement assister à une course à deux. Reste à savoir à quel moment Mme Goneau prendra véritablement place sur les blocs de départ.




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