La STO présente son mea culpa

Un paysage commun jeudi matin à Gatineau en... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

Agrandir

Un paysage commun jeudi matin à Gatineau en raison de la grève des chauffeurs de la STO.

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Alors que des dizaines de milliers d'usagers du transport en commun devaient se débrouiller par leurs propres moyens pour se déplacer, jeudi, la Société de transport de l'Outaouais (STO) s'affairait à corriger le tir après une « erreur de communication » importante survenue la veille, lors de la présentation aux médias de sa nouvelle offre globale à l'intention du syndicat des chauffeurs et employés de l'entretien.

Les dirigeants de la STO indiquaient, mercredi, que la nouvelle offre sur la table comportait des bonifications estimées à 6 millions $, donc rien de plus, au total, que l'offre précédente. Or, jeudi matin, la direction du transporteur public revenait sur ses propos et précisait plutôt que les améliorations présentes dans sa nouvelle offre étaient estimées à 8 millions $. L'offre globale de mercredi doit donc être considérée comme une bonification de 2 millions $ par rapport à la précédente. 

Le syndicat des chauffeurs a déclaré, mercredi, avoir « regardé vite vite la proposition » avant de la rejeter du revers de la main et déclencher une première journée de grève générale. 

« Ça, c'est l'histoire de toute cette négociation, lance le vice-président du syndicat, Guy Gosselin. Je ne suis pas surpris de voir l'employeur s'empêtrer comme ça dans les médias aujourd'hui, c'est exactement ce qu'il fait avec nous depuis deux ans. Une journée, la partie patronale nous dit quelque chose, et le lendemain, elle revient sur sa position. »

Sur le fond des choses, le syndicat réitère que malgré la bonification de 2 millions $, l'offre globale déposée mercredi n'est pas plus acceptable que les précédentes.

« La bonification n'est essentiellement que salariale, note M. Gosselin. L'employeur n'a fait aucun pas en avant sur nos conditions de travail et pour nous, c'est ça qui est important et c'est là-dessus qu'il refuse de bouger. »

Le président de la STO, Gilles Carpentier, ne cesse de s'étonner de l'attitude du syndicat dans ce conflit de travail qui semble s'enliser.

« La porte de sortie, c'est l'offre qui est sur la table, lance-t-il. On n'a jamais dit qu'elle était finale. On est parlable. Ce syndicat fait de la négociation de convention collective depuis des années. Ce sont des gens intelligents. Je ne sais pas ce qu'ils ne comprennent pas. »

Le tiers de la convention réglé

Les deux parties ont en outre continué de se renvoyer la balle sur la question de l'arbitrage, jeudi. Le directeur adjoint de la STO, Jean Brunet, soutient que les deux dernières années de négociation ont permis de régler environ le tiers de la convention collective.

« L'arbitrage tel que le conçoit le syndicat, de couvert à couvert de la convention, implique des dépenses de plusieurs millions de dollars en experts et en avocats, de part et d'autre, dit-il. Ça peut prendre des années. Les pompiers à Québec ont eu besoin de cinq ans pour le même genre d'exercice. »

Gilles Carpentier affirme que la STO ne refuse pas l'arbitrage de différends, mais il rappelle que le cadre de l'arbitrage doit aussi faire l'objet d'une négociation. Guy Gosselin a affirmé au Droit que le syndicat a proposé, mercredi, devant le médiateur, d'avoir recours à l'arbitrage uniquement sur les points de la convention collective toujours en litige. « La STO a refusé », soutient-il.

À Québec, les chauffeurs sourient

Pendant qu'une grève tournante des chauffeurs et des employés de l'entretien paralysait la Société de transport de l'Outaouais (STO) jeudi, les demandes du syndicat et l'employeur étant diamétralement opposées, la situation était tout autre à 450 km d'ici. Les chauffeurs du Réseau de transport de la Capitale (RTC), à Québec, ont entériné à 88 % l'entente de principe convenue avec leur employeur à la fin de la semaine dernière. Dans la Vieille Capitale, les deux parties étaient aussi couteaux tirés cet hiver. La dernière offre patronale avait été rejetée et une grève générale devait être déclenchée lundi dernier. Or, au terme de 30 heures de pourparlers en continu, un accord avait été conclu. Des gains dans le régime de retraite et des hausses salariales totalisant 8 % sur cinq ans ont été consenties et la convention collective s'étirera jusqu'en 2021.

Avec Le Soleil




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer