STO: tension en hausse, l'arbitrage envisagé

Les moyens de pression, amorcés il y a... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

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Les moyens de pression, amorcés il y a cinq semaines, ont jusqu'ici forcé l'annulation de près de 3000 voyages, a annoncé le transporteur public jeudi lors d'un point de presse pour faire état de la situation. Un chiffre « qui frappe l'imaginaire », selon le président de la STO, Gilles Carpentier.

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

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Face à l'impasse qui se pointe à l'horizon dans le blitz de négociations entre la Société de transport de l'Outaouais (STO) et ses chauffeurs et employés de l'entretien, les deux parties devront statuer le 2 mars, à la demande du médiateur, s'ils auront recours à l'arbitrage pour régler le conflit de travail qui les oppose.

Si l'employeur voit d'un bon oeil ce scénario, car il a porté fruit dans d'autres différends, le syndicat consultera quant à lui ses membres lors d'assemblées prévues mercredi prochain avant de statuer sur la suite des choses. La possibilité de remettre les termes de la prochaine convention collective entre les mains d'un arbitre sera abordée, tout comme celle d'accentuer les moyens de pression. À ce sujet, tout est sur la table, y compris la grève générale illimitée d'ici quelques jours, prévient le président du syndicat des chauffeurs, Félix Gendron. 

Ce dernier ajoute toutefois que ses membres gardent en tête les besoins de la clientèle de la STO dans toutes leurs décisions. « On veut faire attention », dit-il. 

Les moyens de pression, amorcés il y a cinq semaines, ont jusqu'ici forcé l'annulation de près de 3000 voyages, a annoncé le transporteur public jeudi lors d'un point de presse pour faire état de la situation. Un chiffre « qui frappe l'imaginaire », selon le président de la STO, Gilles Carpentier. 

« Ça, ce sont des gens qui restent au coin de la rue, qui ne se présentent pas à leurs rendez-vous à l'heure, qui arrivent chez eux plus tard le soir, etc. C'est un grand dérangement », a-t-il lancé.

Également, la STO affirme avoir à ce jour remis 560 000 $ en compensation à ses usagers, le tout via 15 000 transactions. 

Signe que le torchon brûle plus que jamais entre l'employeur et le syndicat, M. Gendron accuse le président de la STO, Gilles Carpentier, de s'être récemment vanté en marge d'un 5 à 7 qu'il « aurait la tête du président du syndicat ».

« Nous avons nos sources et nous n'allons pas les dévoiler, affirme-t-il. C'est déplorable qu'un politicien s'attaque personnellement à un président de syndicat. La seule volonté de la STO est de casser le syndicat et de nous faire dépenser notre argent sur le dos des contribuables. »

Refusant d'abord catégoriquement de commenter ces accusations plus tôt en journée, M. Carpentier n'a pas tardé à répliquer, affirmant « qu'il n'était pas là pour faire rouler des têtes » et niant formellement avoir tenu de tels propos.

« Pourquoi je voudrais ça, moi ? Il faut regarder en avant, il faut s'assurer de ne pas tomber dans le piège de personnaliser le conflit. Je préfère dédier nos énergies à négocier de bonne foi. [...] Ce n'est pas dans ma nature de parler comme ça, j'ai fait carrière en travaillant dans des relations syndicales-patronales et j'étais quelqu'un qui respectait de façon absolue les représentants syndicaux », a-t-il indiqué, ajoutant que les attaques personnelles servent à faire dévier les discussions.

Demandes « irréalistes »

Par ailleurs, si le syndicat soutient de son côté que les représentants de la STO à la table des négociations ont une méconnaissance des dossiers et ajoutent constamment des demandes, la partie patronale a une toute autre façon de percevoir les choses, jugeant que l'écart entre l'offre et la demande est substantiel.

« On veut conclure une entente satisfaisante pour les deux parties, mais ça ne se fera pas à n'importe quel prix. Ce prix-là, ce sont les citoyens de Gatineau via leur compte de taxes, les usagers via l'achat de titres, qui le paient. Le syndicat est au courant de ce cadre financier là, mais malgré cela, les demandes sont complètement irréalistes. Il serait tentant d'étaler ces demandes-là sur la place publique, mais on ne le fera pas, simplement parce que les deux parties ont convenu avec le médiateur qu'ils ne négociaient pas en public », de dire M. Carpentier, toujours confiant que les ponts puissent être rebâtis entre les deux clans une fois le conflit terminé. 

Par ailleurs, il faudra patienter jusqu'à la fin mars pour savoir si le conflit à la STO a un impact sur l'achalandage. Pour l'instant, celui-ci s'est accru de 2,5 % en janvier, mais les moyens de pression n'ont débuté que dans le dernier tiers du mois. 

Jeudi, des dizaines de syndiqués ont tour à tour manifesté durant quatre heures devant le siège social de la STO.

La convention collective est échue depuis le 31 décembre 2014.

Avec Mathieu Bélanger




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