Les promoteurs veulent investir

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Selon les plans de Zoulou Aviation, les promoteurs sont prêts à investir dans les infrastructures publiques.

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Carole et David St-Onge croient avoir un as dans leur manche pour réaliser leur projet de hangars privés. Rien de moins qu'une des clés de tout le développement industriel et aéronautique sur les terrains de la Ville situés à l'est de l'aéroport de Gatineau. Les deux promoteurs d'Aviation Zoulou se disent prêts à piger un peu plus creux dans leurs poches pour aider la Ville à financer une dépense publique qui devra nécessairement être faite un jour ou l'autre.

L'absence d'une aire d'accès asphaltée vers la piste de l'aéroport à partir des terrains de la Ville apparaît comme le principal obstacle au développement des terrains industriels. 

Le président de l'aéroport, le conseiller Jean Lessard, a confirmé que des travaux de 1,2 million $ sont nécessaires pour aménager cet accès et le ponceau liant ces terrains industriels aux propriétés de l'aéroport. 

Il a révélé au Droit qu'un tel investissement pourrait attirer des investissements privés de l'ordre de 1,4 million $ et des revenus annuels en taxes pour la ville de 104 000 $, selon les déclarations d'intentions à l'heure actuelle. 

« Avec cette aire d'accès, on ouvrirait tout le développement à l'est, mais nous n'avons pas le financement pour le faire, insiste M. Lessard. C'est pour ça que nous faisons des pressions, avec l'Union des municipalités du Québec (UMQ), pour que des subventions soient disponibles pour des projets d'infrastructures aéroportuaires. »

En entrevue avec Le Droit, M. et Mme St-Onge ont affirmé être prêts à financer de leurs poches le tiers des dépenses pour aménager le ponceau et l'aire d'accès à la piste. La manière de le faire n'est pas précisée, mais la volonté des deux promoteurs de participer financièrement est bien réelle. 

Le président de l'aéroport, n'avait pas eu vent de cette proposition d'Aviation Zoulou. 

« Je n'ai jamais eu cette information, soutient M. Lessard. Vous me l'apprenez. Je sais qu'ils ont rencontré le cabinet du maire. Si le cabinet est au courant, l'information ne m'a pas été transmise. »

Le chef de cabinet du maire, Melvin Jomphe, précise que sa dernière discussion avec les promoteurs d'Aviation Zoulou remonte à juillet dernier. 

Il confirme que M. et Mme St-Onge ont proposé une participation financière privée pour l'aménagement de l'aire d'accès et le ponceau. 

Il mentionne toutefois qu'il ne s'agissait pas d'une proposition officielle et dûment écrite et détaillée. Il précise que pour ces raisons, il n'en a pas informé M. Lessard.

Pas des compétiteurs, mais pas rentable

Gaston Cloutier, directeur général de l'aéroport de Gatineau... (Etienne Ranger, Le Droit) - image 3.0

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Gaston Cloutier, directeur général de l'aéroport de Gatineau

Etienne Ranger, Le Droit

S'il a refusé de donner suite au projet d'Aviation Zoulou sur ses terrains, en 2011, ce n'est pas pour une question de compétition, assure le directeur général de l'aéroport de Gatineau. Selon Gaston Cloutier, c'est parce qu'il jugeait que le projet n'était pas suffisamment rentable pour la corporation publique qu'il dirige. 

« Sur les terrains de l'aéroport, il faut aussi aménager les services publics (égout et aqueduc), mais qui doit payer pour ça ? demande M. Cloutier. Ce sont nos terrains, mais nous n'avons pas les moyens de défrayer ça compte tenu des revenus anticipés par le projet. Notre situation financière de l'époque ne nous permettait pas de demander un prêt à la Ville pour financer les travaux. Nous n'avions même pas la capacité de rembourser. Nous aurions fait rire de nous. »

Les choses ont cependant changé depuis 2011. À tout le moins suffisamment pour que M. Cloutier revoie sa position. De fait, la Ville et la Corportation de l'aéroport ont proposé à Aviation Zoulou, il y a quelques mois, de reconsidérer la possibilité de réaliser son projet sur les terrains de l'aéroport. 

« Les terrains de l'aéroport doivent servir à ce type de projet, lance le président de l'aéroport, Jean Lessard. Dans le nouveau protocole d'entente entre la Ville et l'aéroport, il est prévu que les revenus en taxes de tout bâtiment construit sur les terrains de l'aéroport, jusqu'à concurrence de 100 000 $ revient à la corporation. C'est une nouvelle donne. Ça peut rendre ce genre de projet plus intéressant pour l'aéroport. »

M. Cloutier ajoute que si Aviation Zoulou souhaite maintenir son projet sur les terrains à l'est de l'aéroport, comme proposé actuellement, les promoteurs devront s'attendre à défrayer des coûts aéroportuaires pour donner accès à nos infrastructures à leurs clients. « N'importe quel projet à l'est qui implique de l'aéronautique doit être bénéfique pour l'aéroport », dit-il.

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