Zone de turbulences à l'aéroport de Gatineau

Jonathan Blais, propriétaire de Blais Aéronautique, estime que... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Jonathan Blais, propriétaire de Blais Aéronautique, estime que l'Aéroport de Gatineau a beaucoup à offrir mais le problème se situe au niveau de l'organisation.

Etienne Ranger, Le Droit

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Le plus important mécanicien à travailler sur les terrains de l'aéroport de Gatineau, le seul à avoir la certification nécessaire pour réparer et entretenir à la fois les avions privés et commerciaux, estime que d'importants changements sont nécessaires pour faire de ces infrastructures aéroportuaires le véritable levier économique souhaité par la Ville.

« Cet aéroport est un diamant brut, lance Jonathan Blais, propriétaire de Blais Aéronautique. Les terrains disponibles, les infrastructures, la proximité avec Ottawa et tout le blabla qu'on entend, tout est vrai, tout est là. Le problème, c'est l'organisation. Elle ne met pas en place un bon environnement d'affaires. Ce n'est pas avec les gens en place en ce moment que cet aéroport va se développer. Les pilotes qui louent un espace pour leur avion représentent environ 70 % des revenus de l'aéroport, mais le conseil d'administration refuse d'avoir un représentant des pilotes à sa table. »

Jonathan Blais s'est installé dans un hangar privé vers la fin de 2013. Seul mécanicien accrédité comme organisme de maintenance agréée par le gouvernement fédéral, il y voit une belle opportunité d'affaires. Il affirme aujourd'hui s'occuper, avec ses deux employés, de l'entretien de 80 % des appareils à l'aéroport de Gatineau. 

Les affaires allaient si bien que, cinq mois plus tard, il a décidé de déménager ses outils dans un hangar de l'aéroport afin d'avoir un espace mieux organisé. Il payait 1600 $ par mois à l'aéroport pour louer son espace. 

« Quand je suis arrivé, j'étais tout excité, j'avais le goût que ça fonctionne, je voyais grand et j'ai rapidement eu besoin de prendre de l'expansion », raconte le mécanicien. Ce dernier a cependant vite déchanté et ses plans d'affaires ont vite fait place à de nombreuses frustrations. 

Il a proposé de construire un hangar privé sur l'un des terrains de l'aéroport, en novembre 2014. Un projet d'environ 500 000 $. « J'étais prêt à investir, j'avais des plans de hangar, une entente avec la banque, j'étais déjà rendu là, dit-il. Le directeur général de l'aéroport, Gaston Cloutier, n'était par contre pas prêt du tout à recevoir une offre. Il n'avait aucun véritable plan à me présenter. Il m'a proposé un bail emphytéotique au prix de 55 sous le pied carré, mais il ne pouvait pas me préciser le nombre d'années de ce bail. »

M. Blais entreprend alors des démarches pour comparer ce qu'offrent d'autres aéroports régionaux. « À Trois-Rivières, on était prêt à me recevoir immédiatement, au prix de 17 sous le pied carré, avec un bail de 50 ans et tous les services d'électricité et d'aqueduc », dit-il.

M. Cloutier affirme avoir offert un prix de 55 sous le pied carré à M. Blais avant d'avoir fait faire une étude indépendante par une entreprise de la région pour déterminer quel serait le bon prix de location au pied carré. « Je ne dirais pas combien, mais le prix proposé par l'étude était en bas de 55 sous le pied carré finalement, admet le directeur général. Nous avons déterminé un nouveau prix en tenant compte de notre région et de la proximité avec Ottawa et on s'en tient à ce prix. Nous sommes compétitifs. »

M. Cloutier affirme avoir fait une nouvelle offre à M. Blais. Ce dernier affirme que c'est faux. « S'il y a un nouveau prix, j'attends toujours la nouvelle offre », dit-il. 

Incapable de s'entendre avec la direction de l'aéroport pour son projet d'investissement, pas plus que pour une nouvelle entente de location dans un hangar de l'aéroport parce que, dit-il, la direction avait un appétit trop vorace, Jonathan Blais a finalement déménagé ses outils dans un hangar privé sur le site de l'aéroport. « Au lieu de recevoir environ 22 000 $ par année en location, l'aéroport reçoit maintenant zéro dollar de ma part », souligne le mécanicien.

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