Labeaume provoque un malaise parmi les élus gatinois

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La candidate à la mairie en 2017, Sylvie Goneau, reproche au maire Pedneaud-Jobin d'avoir laissé M. Labeaume s'ingérer dans la politique gatinoise dans l'unique but de se faire valoir auprès de la population.

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Le maire de Québec en a beurré beaucoup trop épais au goût de plusieurs élus gatinois lors de sa visite, jeudi, si bien qu'un véritable malaise s'est installé à la table du conseil municipal.

Ils sont plusieurs à dire, au lendemain de cette visite, que Régis Labeaume a outrepassé son rôle de maire en venant dire aux Gatinois qu'ils devraient voter pour Maxime Pedneaud-Jobin aux prochaines élections et ce qu'ils devraient penser du projet des tours Brigil. 

Le malaise est devenu si important lors du dîner organisé avec le conseil et la direction de la Ville que le président du conseil municipal, Daniel Champagne, a préféré se lever et tout simplement quitter la pièce en signe de protestation. C'est une question posée par la conseillère Sylvie Goneau au maire Labeaume, et surtout la façon d'y répondre de ce dernier, qui a été la goutte qui a fait déborder le vase du président du conseil. Plusieurs y ont vu un manque de respect à l'endroit de la conseillère cautionné par le maire Pedneaud-Jobin.

« Je me suis levé et je suis parti, tout simplement, raconte-t-il au Droit. Bien honnêtement, il y avait un sérieux malaise. J'ai senti qu'il ne voulait pas répondre à Mme Goneau. Régis Labeaume est ce qu'il est, mais de là à arriver dans notre ville et venir nous dire quoi faire et quoi ne pas faire, nous dire pour qui les gens devraient voter, ce n'est pas son rôle. Sa présence à Gatineau, hier (jeudi), aurait pu se limiter à sa participation à l'activité partisane organisée par Action Gatineau. Toute sa visite était clairement partisane et moi, ce genre de chose, ça ne m'intéresse pas pantoute. »

La candidate à la mairie en 2017, Sylvie Goneau, reproche au maire Pedneaud-Jobin d'avoir laissé M. Labeaume s'ingérer dans la politique gatinoise dans l'unique but de se faire valoir auprès de la population. 

« C'est décevant et triste de voir que notre maire ait besoin de l'appui d'un autre maire pour tenter de convaincre sa population que ses orientations sont les bonnes, lance-t-elle. Jamais, comme mairesse, je ne laisserai un autre maire venir se mêler de nos affaires et nous dire comment nous devrions faire notre développement. »

Pour Mme Goneau, une chose est claire : le maire Labeaume était en service commandé pour Maxime Pedneaud-Jobin. « Il avait des lignes préparées, soutient-elle. Être maire de Gatineau aujourd'hui, j'aurais honte de ce qui s'est passé. Je serai toujours prête à collaborer avec le maire de Québec, mais moi, je ne serai pas à genoux devant lui. Si nous voulons prendre notre place comme quatrième ville en importance au Québec, il faut d'abord se tenir debout seul, sans avoir besoin qu'un autre maire vienne valider ce qu'on fait ici. »

Le conseiller Marc Carrière est aussi de ceux qui affirment avoir vécu un important malaise, jeudi. « Nous avons été pris dans une activité partisane du maire Pedneaud-Jobin, lance-t-il. C'était une visite uniquement électoraliste et partisane. Il n'y avait rien d'autre au menu. Il doit y avoir une ligne entre ce qui est partisan et ce qui relève de la gestion municipale. Hier, cette ligne a été traversée par les deux maires. Moi, je n'ai pas besoin d'entendre le maire de Québec venir nous dire que Maxime Pedneaud-Jobin est beau, fin et intelligent. »

M. Carrière soutient que le maire de Québec n'aurait pas été respectueux envers la conseillère Sylvie Goneau, lors du dîner avec le conseil. Le maire de Québec venait d'ailleurs d'affirmer sur les ondes du FM 104,7 qu'il ne connaissait tout simplement pas Mme Goneau. « C'est évident qu'il me connaît, rétorque Mme Goneau. J'ai battu la candidate que lui et le maire Pedneaud-Jobin défendaient pour la présidence de la Fédération canadienne des municipalités (FCM). Nous nous sommes croisés à plusieurs reprises, voyons donc. »

Qui est le champion de la transparence?

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a maintes fois répété que sa ville est la plus transparente au Québec et qu'elle est un modèle à suivre pour toutes les autres administrations municipales de la province. 

Il martelait encore, la semaine dernière, que Gatineau était la seule ville au Québec à faire l'étude de son budget en public et qu'il s'agissait d'un élément de fierté gatinoise. Ce dernier s'est toutefois fait rabrouer par le maire de Québec, de passage à Gatineau, jeudi, en pleine conférence de presse. « On s'est un peu chicanés là-dessus », a mentionné le maire Pedneaud-Jobin. 

Le maire de Gatineau a certainement raison en disant que des efforts importants sont faits à Gatineau pour assurer une certaine transparence dans les affaires municipales. La Ligue d'Action civique salue d'ailleurs les façons de faire de Gatineau. 

« Moi, j'ai dit au maire de Gatineau que les champions de la transparence, c'est nous à Québec, a répondu le maire Régis Labeaume, à une question du Droit. C'est sûrement très transparent à Gatineau, mais nous sommes durs à battre à Québec. Nous faisons, nous aussi, l'étude du budget en public. Ça dure une semaine, les fonctionnaires et toutes les directions défilent devant les élus et expliquent leurs affaires. On passe à travers tout le plan triennal d'immobilisations. Ça dure une semaine, sans arrêt. Les journalistes passent toute la semaine là. C'est très transparent. »

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