Goneau prône des compressions par attrition

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La conseillère et candidate à la mairie en 2017, Sylvie Goneau

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La Ville de Gatineau  n'a plus le choix, elle doit trouver un moyen de couper dans sa masse salariale, estime la candidate à la mairie en 2017, Sylvie Goneau. « Il faut un plan de compression par attrition, on ne s'en sauvera pas », lance-t-elle.

La conseillère Goneau n'a pas voulu commenter les chiffres présentés par l'administration à huis clos, la semaine dernière, et obtenus par Le Droit, mais elle est d'avis que la situation financière de la Ville qui est projetée pour les prochaines années oblige un réel coup de barre. 

« Il y a 162 postes qui deviendront vacants à la Ville au cours des prochaines années parce que des gens quitteront pour la retraite, note-t-elle. Il y a une réflexion à faire. À mon avis, une bonne part de ces postes ne doit pas être comblée. Ce n'est pas l'administration qui va nous le proposer, alors il faut une décision politique. Il faut en discuter sérieusement.

C'est une opportunité qu'on ne peut pas rater. Il faut réduire la masse salariale en faisant de l'attrition. »

La candidate à la mairie en 2017 affirme aussi que Gatineau doit porter une attention plus particulière aux projets de développement comme les tours Brigil qui pourraient rapporter des revenus importants à la Ville. « Si on veut se redonner un potentiel financier, il faut regarder attentivement ce genre de projet », ajoute-t-elle. 

Mme Goneau affirme sortir relativement inquiète des discussions budgétaires de la semaine dernière. « Nous avons dans les cartons des projets qui ne respectent même pas la capacité de payer de la Ville pour les prochaines années, dit-elle. Ce n'est pas réaliste, ce n'est pas de la saine gestion de la part du conseil et du maire, et ce n'est surtout pas de la bonne planification. On a un maire qui demande à un conseil de voter sur des projets alors qu'on n'a pas l'argent nécessaire pour les réaliser. C'est une aberration. »

Au-delà de la réduction de la masse salariale grâce à l'attrition, Mme Goneau soutient que plusieurs avenues restent à explorer pour dégager des économies à Gatineau. Une révision en profondeur doit rapidement être faite, dit-elle, sur le panier de services offerts par la Ville. 

Mme Goneau revient aussi sur ses déclarations de la semaine dernière, alors qu'elle s'était engagée à boucler le financement nécessaire pour terminer la première phase du plan de déploiement des bibliothèques si elle est élue à la mairie en 2017. « Maintenant que je sais qu'il y en a pour 60 millions $, ce n'est plus la même chose, dit-elle. Je ne m'engagerai pas à dépenser 60 millions $ pour deux bibliothèques. »

Quelques pistes de solution

Le secteur privé et le Fonds de la FTQ pourraient-ils devenir les sauveurs du plan de déploiement des bibliothèques de la Ville de Gatineau ? Le vice-président du Groupe Heafey, Charles Masse, est convaincu que oui. 

Ce dernier a déjà laissé savoir, il y a plusieurs années, qu'il était ouvert à accueillir l'éventuelle grande bibliothèque dans le futur complexe immobilier de 300 millions $ que projette de construire le Groupe Heafey sur le terrain délimité par les rues Wright, Eddy et Wellington, dans le centre-ville. Les années ont passé, mais le souhait y est toujours.

Le vice-président du Groupe Heafey, Charles Masse... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit) - image 3.0

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Le vice-président du Groupe Heafey, Charles Masse

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

Il est désormais acquis que la Ville de Gatineau ne pourra pas, au cours du prochain mandat, à la fois construire et être propriétaire de l'immeuble de la future bibliothèque Lucy-Faris et agrandir Guy-Sanche. La Ville n'aura pas les 60 millions $ nécessaires pour le faire, et on ne parle même pas de la construction de la bibliothèque centrale, maintenant estimée à 70 millions $.

D'autres solutions pourraient toutefois poindre à l'horizon et permettre à la Ville de réaliser son plan à moindre coût. « Nous sommes aussi en train de développer un nouveau modèle de collaboration avec le privé pour nos arénas, rappelle le conseiller Richard Bégin. Pourquoi quelque chose de semblable ne pourrait pas être fait pour nos bibliothèques ? »

En avril dernier, le Fonds FTQ a annoncé sa volonté de consacrer 400 millions $ d'ici 2020 pour financier la construction d'infrastructures immobilières, à savoir des écoles, des arénas et des bibliothèques. Le plan présenté par Gaétan Morin, président et chef de la direction du Fonds FTQ permettrait à un tiers privé d'investir en collaboration avec le Fonds dans des immeubles qui serviront au secteur public. Ainsi, Gatineau pourrait se faire construire une bibliothèque sans dépenser un seul sou. La Ville deviendrait locataire de l'immeuble avec un bail à long terme de 25, 30 ou 35 ans. À l'échéance du bail, le Fonds et son partenaire privé demeurent propriétaires et gèrent ensemble la suite des choses.

« C'est bien évident qu'un tel modèle pourrait être très intéressant pour nous et pour la Ville, surtout pour son plan en lien avec les bibliothèques, indique M. Masse. Comme partenaire privé, nous pourrions discuter avec la Ville pour voir comment répondre à ses besoins quant à l'architecture, au design et à l'espace nécessaire. La Ville est locataire, mais avec un mot à dire sur ce qu'elle loue. »

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