Bibliothèque Lucy-Faris: nouvelle bataille politique

Seconde plus fréquentée à Gatineau, la bibliothèque Lucy-Faris... (Etienne Ranger, archives LeDroit)

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Seconde plus fréquentée à Gatineau, la bibliothèque Lucy-Faris dans le secteur Aylmer est vétuste depuis quelques années déjà.

Etienne Ranger, archives LeDroit

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Toute une bataille politique s'est amorcée, cette semaine, en filigrane de l'étude du budget municipal de 2017 à Gatineau. À la clé, une somme de 9 millions $ réservée aux bibliothèques, mais qu'on sait désormais insuffisante pour réaliser quoi que ce soit du plan déterminé par le conseil en 2014.

La nouvelle bibliothèque du Plateau qu'on croyait au départ pouvoir construire pour environ 5 millions $ gruge finalement 13 millions $ de l'enveloppe. Les 21,9 millions $ mis en réserve il y a deux ans après d'âpres débats qui avaient donné lieu à l'une des plus fortes charges des élus d'Action Gatineau au cours de ce mandat ne suffiront pas à la tâche. 

L'administration a commencé par parler d'un « enjeu financier » concernant le plan pour les bibliothèques Lucy-Faris d'Aylmer et Guy-Sanche de la Maison de la culture, au détour d'une explication mardi après-midi. Mercredi, le chat est sorti du sac. Il en coûtera entre 40 et 60 millions $ pour réaliser l'objectif. La douche a été froide pour de nombreux élus, mais d'autres y ont vu une opportunité. Le débat s'est amorcé le lendemain matin, lors d'un huis clos qu'on raconte comme particulièrement houleux. 

C'est de la conseillère Josée Lacasse que le tout devient public plus tard, en fin de journée. Elle demande qu'une discussion ait lieu, en janvier, sur le solde de 9 millions $. Il est 18 h. Une longue semaine d'étude et de débats s'achève. Aussi conseiller du secteur Aylmer, Richard Bégin, fulmine, mais tente de se contenir. Mme Lacasse rallie une majorité de conseillers.

À un an des élections, l'utilisation de l'argent mis de côté pour le plan de redéploiement des bibliothèques, un enjeu cher au maire Maxime Pedneaud-Jobin et aux élus d'Action Gatineau, est remise en question. Plusieurs conseillers pointent du doigt la mauvaise planification dans ce dossier. D'autres se demandent si le conseil a véritablement les moyens de ses ambitions. 

La suite de l'histoire, à la fin janvier.

Choc inévitable à Aylmer

Il est hors de question pour la conseillère Josée Lacasse d'attendre encore plusieurs années pour utiliser les 9 millions $ réservés aux bibliothèques. 

Cette dernière est prête à faire une croix sur la construction, tel que prévu, d'une nouvelle bibliothèque ressource évaluée à environ 30 millions $ dans son secteur pour favoriser quelque chose de plus modeste, du type bibliothèque de quartier. « Nous avons 9 millions $, faisons quelque chose de bien avec ça », propose-t-elle en entrevue avec Le Droit.

Ces propos font sursauter le conseiller du quartier voisin, Richard Bégin. « Ma collègue, qui a déjà tenu des propos gênants sur l'importance des bibliothèques, est prête à faire la moitié d'un projet juste pour avoir l'air de faire quelque chose pour la culture, lance-t-il. Ce n'est pas un compromis, c'est de la compromission. »

Scepticisme 

Même si l'administration soutient que l'immeuble Place des pionniers qui héberge actuellement la bibliothèque Lucy-Faris, la deuxième plus fréquentée de tout Gatineau, n'a pas la capacité portante pour un agrandissement au premier étage, la conseillère continue de penser que c'est une solution viable. 

« Il faudra qu'on m'en fasse la preuve que c'est impossible », dit Mme Lacasse. 

Le conseiller Mike Duggan pousse la réflexion un peu plus loin. S'il est vraiment impossible de régler le cas de Lucy-Faris avec la somme disponible, elle doit être réinvestie ailleurs, affirme-t-il. « Si on ne fait rien avec ces millions, ils vont juste pourrir à la banque pendant encore un ou deux mandats », dit-il. Il propose d'évaluer la possibilité de dépenser l'argent dans des projets comme la Marina d'Aylmer, le lac Beauchamp ou la marina Kitchissipi. « Le prochain conseil verra à mettre en place un fonds pour les bibliothèques, avec l'argent nécessaire, et qui aura une meilleure planification. »

Pour le conseiller Bégin, ces propositions sont inacceptables. « Pour moi, c'est non négociable, insiste-t-il. L'argent doit demeurer disponible. Si leur idée passe, ça voudra dire qu'Aylmer passe et passera toujours en dernier. Je ne peux pas croire que des élus du secteur soient favorables à ça. »

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