Budget 2017: six conseillers dissidents

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Six conseillers voteront contre le budget, dont la candidate à la mairie en 2017, Sylvie Goneau.

Patrick Woodbury, Le Droit

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Ce ne sera officiel qu'au début du mois de décembre, lors de l'adoption du budget 2017 par le conseil municipal, mais les Gatinois peuvent déjà prévoir une augmentation de la taxe foncière de 1,9 % l'année prochaine, hausse à laquelle s'ajoutera la désormais traditionnelle taxe dédiée aux infrastructures de 1 %.

Une majorité d'élus municipaux ont adopté, à titre indicatif, cette hausse totale de 2,9 %, comme ils l'ont fait depuis le début du mandat de l'administration du maire Maxime Pedneaud-Jobin. 

Les bonifications de services de 497 000 $ ne sont pas énormes, mais en contrepartie, le conseil municipal a réussi à maintenir la hausse des dépenses à 2,3 %, la plus faible depuis la fusion municipale. Un montant de 126 millions $ sera consenti à l'entretien des infrastructures. Environ un dollar sur cinq servira à repaver les rues de Gatineau. Le plan de 53 millions $ sur 10 ans pour régler le problème de l'eau brune qui affecte des milliers de Gatinois représente la plus grande nouveauté dans ce budget.

Six conseillers voteront contre le budget, dont la candidate à la mairie en 2017, Sylvie Goneau. Les conseillers LeBlanc, Laferrière, Boudrias, Blondin et Lacasse sont les autres qui s'y opposeront. 

« Il fallait faire un plus grand travail à l'intérieur de l'administration pour aller chercher des fonds supplémentaires pour réduire l'augmentation de taxes, mais je n'ai pas vu ce travail », a affirmé Mme Goneau pour expliquer son opposition. Selon elle, le présent conseil ne respecte pas la capacité de payer des contribuables. Elle indique qu'elle aurait été à l'aise, cette année, avec une augmentation de 1,3 % de la taxe foncière, une augmentation équivalente à celle de l'Indice des prix à la consommation. Une partie de sa plateforme électorale devrait se concentrer sur une réduction de l'augmentation annuelle de la taxe foncière.

Le maire Pedneaud-Jobin ne s'est pas fait prier pour dénoncer les propos de son adversaire. « La phrase la plus facile qu'un politicien puisse prononcer c'est qu'il faut moins augmenter les taxes, mais sans expliquer comment il va y arriver, a-t-il lancé. Ça fait des beaux slogans, mais les gens veulent aussi savoir quels services seront coupés pour y arriver. »

Le maire Pedneaud-Jobin estime que son administration a fait un bon travail en dégageant des économies récurrentes de 13,5 millions grâce à la commission révision des dépenses qui analyse les façons de faire, service par service.

Le budget en bref

Tarification

Unanimement, le conseil municipal a donné son aval pour l'augmentation de la tarification de la carte Accès Gatineau. Les hausses vont un 1 $ à 5 $ selon la catégorie de carte du détenteur. La mesure permettra d'ajouter 68 500 $ dans les coffres de la Ville. En contrepartie, les Gatinois, les CPE, les OBNL et les écoles n'auront plus un sou à débourser pour jeter des matériaux secs à l'Écocentre. Cette mesure prive la Ville de revenus de 258 000 $ par année.

L'augmentation de la tarification liée aux stationnements municipaux et aux parcomètres a aussi été adoptée, mais au terme d'un débat un peu plus nourri. La conseillère Denise Laferrière a signifié sa dissidence à l'augmentation de 1 $ de l'heure dans les parcomètres du centre-ville pour fixer le tarif à 3 $ de l'heure. Elle a dit craindre l'impact sur les commerces du centre-ville qui souvent peinent déjà à attirer de la clientèle. Les constats d'infraction donnés aux automobilistes qui circulent dans les voies réservées au transport collectif passeront de 149 $ à 246 $ dès l'an prochain et tous ceux liés au stationnement passeront de 30 $ à 40 $. 

Aide aux artistes

Le débat sur l'aide aux artistes qui a animé le conseil plus tôt cette semaine s'est terminé, jeudi, par un vote unanime en faveur d'une aide récurrente de 105 000 $ par année, jusqu'en 2022. Le conseiller Maxime Tremblay a toutefois fait adopter un amendement qui fait en sorte que le programme d'aide financière pour la création d'ateliers d'artistes, au cours des premières années, sera disponible uniquement pour les projets prévus dans le pôle culturel Montcalm. Il s'agit selon lui d'une façon plus pertinente de cibler les interventions souhaitées dans le centre-ville, et surtout qui est plus en lien avec le programme du conseil.

La première mouture du programme d'aide permettait le financement d'ateliers d'artistes sur tout le territoire de la Ville. Les conseillers Martin Lajeunesse, Jean-François LeBlanc et Josée Lacasse se sont toutefois opposés à la modification proposée par M. Tremblay, jugeant que cela était discriminatoire pour les artistes de leur secteur respectif. Les conseillers Jocelyn Blondin et Marc Carrière qui avaient laissé entendre, plus tôt cette semaine, que cette dépense en culture était un luxe se sont ralliés à leurs collègues et n'ont pas manqué de le souligner au représentant du Droit.

Sécurité dans les corridors scolaires

Cette mesure de 80 000 $ qui faisait l'unanimité lors de son analyse, plus tôt cette semaine, a bien failli faire dérailler tout le budget municipal de 2017 lors du débat final jeudi. Le conseiller Maxime Tremblay tenté de convaincre ses collègues qu'ils devaient aller plus loin en ajoutant une somme de 300 000 $, dès 2017, afin de faire des interventions aux abords d'un plus grand nombre d'écoles sur le territoire de la Ville. Les hauts fonctionnaires lui ont rapidement rappelé qu'une telle mesure ferait un trou équivalent dans le budget et que cela forcerait une coupe de 300 000 $ dans d'autres postes budgétaires afin de financer cette mesure. M. Tremblay a tout de même soumis sa proposition au vote, mais n'a pas réussi à rallier la majorité nécessaire.

Le conseiller Cédric Tessier a pour sa part fait mouche avec une recommandation similaire, mais dont l'impact financier ne se fera pas sentir avant 2018. Ainsi, cinq écoles déjà ciblées feront l'objet d'aménagement pour accroître la sécurité des élèves en 2017. Elles devraient être beaucoup plus nombreuses en 2018 avec un budget presque quatre fois plus important.

Stratégie événementielle

Le fossé entre plusieurs conseillers sur l'utilisation des 150 000 $ réservée pour la nouvelle stratégie événementielle en 2017 était à ce point important qu'ils ont d'un commun accord décidé, jeudi, de se donner quelques semaines pour revoir en entier le plan présenté par l'administration. La conseillère Louise Boudrias est montée au front pour signifier son désaccord total à ce que la Ville dépense des fonds publics pour faire ce qu'elle résume à du marketing événementiel.

Mme Boudrias a milité toute la semaine pour que l'argent réservé à la stratégie événementielle serve d'abord à aider les événements déjà financés à grandir. Elle avait l'appui de plusieurs collègues. Tout le dossier doit donc être révisé par le comité Fêtes et festivals d'ici deux semaines pour ensuite faire de nouveau l'objet d'un débat au conseil municipal.

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