Jacques-Cartier: le maire ne sent pas le besoin d'intervenir

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Des fonds publics ont servi à construire le perron et le parvis et l'église Saint-François-de-Sales, à Gatineau, ainsi qu'une rampe d'accès à l'église pour les personnes à mobilité réduite, mais sans protocole d'entente avec la Fabrique, ce qui est contraire à la Loi.

Etienne Ranger, LeDroit

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Dans la mesure où l'administration municipale reconnaît, sans faux fuyant, avoir transgressé sa propre procédure réglementaire sur la protection du patrimoine et avoir agi à l'encontre des dispositions de la loi encadrant la dépense de certains fonds publics dans le cadre des travaux réalisés sur la rue Jacques-Cartier, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, estime qu'il n'y a pas lieu pour lui d'« intervenir plus à fond » auprès de la haute direction de la Ville. 

Dans son édition de mercredi, LeDroit révèle que les travaux de réaménagement de 43 millions $ effectués sur la rue Jacques-Cartier ont fait l'objet d'au moins deux vices de procédure, à savoir que l'ensemble des travaux aurait dû faire l'objet d'une recommandation du comité consultatif d'urbanisme (CCU) en lien avec réglementation sur le site du patrimoine et d'une autorisation officielle du conseil municipal. 

LeDroit révèle aussi que des travaux de 303 643 $ faits en grande partie sur la propriété de l'église Saint-François-de-Sales n'ont pas fait l'objet d'un protocole d'entente permettant de légaliser une telle dépense publique sur une propriété privée. Ces travaux étaient prévus dès mars 2014 dans l'appel d'offres public de la Ville de Gatineau. Ils ont fait l'objet d'échanges de courriels avec la Fabrique entre décembre 2013 et juin 2014. Une des destinataires en copie conforme était la conseillère du quartier, Myriam Nadeau. 

« Rien ne me laissait croire qu'on n'agissait pas comme on le devait, a-t-elle affirmé. Ce que je voyais, c'est qu'on travaillait avec la Fabrique. Je considère que j'ai fait mon travail dans le sens où je n'ai pas senti que j'avais à intervenir sur un aspect purement administratif. »

Pas d'impact financier 

Pour le maire Pedneaud-Jobin, il y a lieu de minimiser ces erreurs de l'administration puisqu'elles n'ont pas eu de conséquence financière et qu'elles n'ont pas été faites de mauvaise foi. 

« Moi, quand il y a des erreurs, si je suis en face d'une administration qui les reconnaît et tente de les corriger, je suis satisfait », a-t-il ajouté. Quand on gère une ville, il y a des choses qui arrivent, et ça c'est arrivé et ça n'aurait pas dû arriver. Le résultat final c'est que tout est conforme et qu'on a un beau projet qui n'aura pas coûté plus cher que prévu aux contribuables. La vie étant ce qu'elle est, quand on fait pour des centaines de millions de dollars de projets par année, il y a des choses qui se produisent. Moi, ce que je n'accepte pas c'est qu'on cache des choses et qu'on nie avoir fait une erreur quand on en fait une. Dans ce cas, l'administration a avoué son erreur, elle fait les corrections sans que ça coûte plus cher aux contribuables et les conséquences sur le patrimoine sont nulles. »

Le maire précise avoir été mis au fait des vices de procédure dès que l'administration a été elle-même informée de ses propres erreurs par le citoyen Raymond Mantha. C'était en novembre 2015, il y a un an. 

Les travaux faits sur le terrain de l'église ne font toujours pas l'objet d'un protocole d'entente légal ni d'une recommandation du CCU. L'administration affirme y travailler et souhaite pouvoir soumettre le tout au conseil d'ici la fin de l'année. La Ville prévoit céder une partie de son terrain afin de régulariser les titres de propriété sur le site. Quant au reste des travaux, sur la rue Jacques-Cartier, ils ont été approuvés par le CCU et le conseil rétroactivement, en mai dernier.

La conseillère gatinoise, Sylvie Goneau... (Etienne Ranger, Archives LeDroit) - image 2.0

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La conseillère gatinoise, Sylvie Goneau

Etienne Ranger, Archives LeDroit

Le maire doit accepter le blâme, dit Goneau

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin devrait s'inspirer de l'attitude de ses fonctionnaires dans le dossier de la rue Jacques-Cartier, selon la conseillère et candidate à la mairie, Sylvie Goneau, et reconnaître, lui aussi, qu'il est responsable des vices de procédure révélés par LeDroit dans son édition de mercredi. 

Mme Goneau va plus loin et pointe aussi du doigt le président du comité consultatif d'urbanisme (CCU), Richard Bégin, et la conseillère du quartier, Myriam Nadeau. « Nous avons trois élus d'Action Gatineau en position d'autorité dans ce dossier et aucun n'accepte clairement le blâme, dit-elle. C'est inacceptable. Le politique doit toujours être imputable. Les élus d'Action Gatineau sont très bons pour prendre le crédit dans toutes sortes de choses, mais dès que ça ne fonctionne pas, ils ont rapidement tendance à minimiser les choses et laisser les autres porter le blâme. Quand tu fais un gâteau et que tes invités trouvent un cheveu dedans, tu ne peux pas blâmer les autres. »

Sylvie Goneau affirme que la conseillère Nadeau était en mesure de réagir bien avant que le citoyen Raymond Mantha n'intervienne auprès du CCU. « Elle était informée des travaux sur les terrains de l'église dès la fin de 2013 et jamais elle n'est intervenue par la suite pour dire qu'il n'y avait toujours pas de protocole d'entente pour cette dépense, rappelle la candidate à la mairie. Le maire a souligné, lors de l'inauguration de la rue, à quel point Mme Nadeau avait été impliquée dans le projet, dans les consultations publiques et dans le suivi avec les citoyens. Elle a reçu tous les éloges. Elle doit aujourd'hui accepter le blâme pour le travail qu'elle n'a pas fait. »

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