Le projet du 22, rue Principale est «évolutif», assure l'architecte

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Cette esquisse du projet du 22, rue Principale, dans le Vieux-Aylmer, a été présentée lors d'une consultation publique, le 13 juillet dernier. Les plans ne prenaient alors pas en considération les commentaires faits par les citoyens.

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Le projet du 22, rue Principale, dans le Vieux-Aylmer, est «évolutif», insiste Christian Rheault, l'architecte embauché par l'entrepreneur Denis Cléroux pour concevoir les plans de l'immeuble. Il vient à nouveau d'être modifié, afin d'intégrer les commentaires des citoyens et de mieux respecter les sensibilités propres au quartier, explique l'architecte.

Une troisième mouture a officiellement été déposée au service de l'urbanisme de la Ville de Gatineau pour obtenir des commentaires, la semaine dernière.

LeDroit la dévoile aujourd'hui en exclusivité. 

L'immeuble projeté demeure imposant et compte toujours 18 unités de condominium, mais les architectes ont modifié la hauteur de certaines sections du bâtiment. Il demeure en tout point conforme avec le zonage et ses usages permis. La fondation a été enfoncée dans le sol, si bien que l'entrée doit être à la hauteur de la rue. L'utilisation de certains matériaux a été revue et l'immeuble a été éloigné de la marge avant afin d'être mieux aligné avec les bâtiments à proximité. 

«Les plans présentés en juillet étaient aussi conformes à la réglementation, affirme M. Rheault. Mais la plus récente mouture apporte certaines des améliorations proposées lors de la consultation publique.» 

Appel à la rigueur dans l'application des normes

Ghislain Otis, un citoyen qui agit comme porte-parole d'un regroupement de citoyens et d'organisations comme le conseil d'administration du Musée de l'auberge Symmes et l'Association du patrimoine d'Aylmer, affirme qu'il est prématuré de faire le procès de l'administration municipale sur la base de ce projet.

«Mais sur la base de précédents analysés, nous avons des préoccupations quant à l'application rigoureuse des normes d'insertion patrimoniale» relatives au plan d'intégration et d'implantation architecturale (PIIA) du secteur, dit-il. «Le règlement insiste explicitement sur le mot patrimonial, ajoute-t-il. Ça veut dire que ce sont les maisons patrimoniales du secteur qui sont la référence si on veut réussir une intégration harmonieuse.»

Ce dernier cite d'ailleurs certains exemples qui, selon lui, démontrent que «le personnel en place» interprète les règlements d'intégrations de manière trop favorable aux promoteurs.

«Nous ne souhaitons pas engager de polémique sur le sujet, mais il y a plusieurs exemples d'interprétations biaisées en faveur du promoteur, affirme M. Otis. Nous croyons que les normes en place n'autorisent pas ce genre de projet, si elles sont appliquées de façon rigoureuse.»

Un patrimoine à protéger, deux visions

Deux visions s'opposent sur ce que doit impliquer la préservation du patrimoine, note la grande patronne du module de l'aménagement du territoire et du développement économique de la Ville, Catherine Marchand.

Elles n'en sont pas à leurs premiers démêlés, et certainement pas à leurs derniers.  

Une réflexion sur l'encadrement réglementaire liée à la préservation du patrimoine doit avoir lieu à Gatineau, au cours de la prochaine année, précise-t-elle. Mme Marchand admet qu'il y a des efforts à investir pour «mieux adapter» le zonage dans des secteurs plus sensibles de la Ville, notamment ceux ayant une reconnaissance patrimoniale. «Peut-être», dit-elle, que le zonage n'est pas toujours en phase avec les objectifs d'intégration et de densification émis par la Ville. «Les Plans d'intégration et d'implantation architecturale (PIIA), notamment dans les zones patrimoniales, feront l'objet d'un examen détaillé afin qu'on puisse s'assurer que nos objectifs de préservation et de densification sont conséquents avec notre zonage», explique la haute fonctionnaire. 

C'est dans ce contexte que le débat sur la préservation du patrimoine pourrait gagner en vigueur. «Il y a deux façons de voir la préservation du patrimoine, explique Mme Marchand. Il y a la vision qui dit que la préservation, c'est reproduire, autant que faire se peut, ce qui a été fait dans le passé. Et il y a l'autre qui dit qu'il faut reconnaître la valeur de ce qui a été hérité du passé et le mettre en valeur dans un dialogue entre l'ancien et le nouveau. On ne construit pas un nouveau bâtiment patrimonial, mais on s'assure d'ajouter un bâtiment qui ne fait pas ombrage au patrimoine et qui le valorise.»

Le cas du 22, rue Principale

L'architecte Christian Rheault, dont la firme Lapalme-Rheault est responsable du projet du 22, rue Principale, dénonce la tendance qu'ont certains à verser dans le mimétisme.

«La préservation du patrimoine ne doit pas être une image figée dans le temps, une sorte de vision romantique et nostalgique qu'il faut protéger pour les générations à venir, dit-il. Une intervention architecturale doit être de son temps et intégrée en étant sensible de ce qui a été dans le passé. Il faut éviter de figer une ville ou un secteur dans le temps. C'est le condamner à mourir.» 

Ghislain Otis, porte-parole d'un regroupement de citoyens et d'organisations dans le Vieux-Aylmer, rétorque que les défenseurs du patrimoine ne sont pas des gens bornés. «On ne dit pas qu'il faut faire des pastiches, mais une insertion ne doit pas changer la nature du milieu», à plus grande raison s'il est patrimonial, dit-il. 

Catherine Marchand a fait savoir qu'elle n'offrira pas de commentaire sur ce projet du 22, rue Principale tant que toutes les discussions qui doivent avoir lieu dans ce dossier ne seront pas terminées. 

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