Bâtiments contaminés: les cols bleus ont dû faire pression

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Le syndicat des cols bleus de Gatineau a milité longtemps afin de forcer la Ville à produire une liste complète, claire et accessible quant à la présence d'amiante dans les immeubles qui sont sous sa responsabilité.

Au moment de l'évacuation du Centre de services de Masson-Angers, le président du syndicat, Denis Savard, dénonçait le manque de transparence de la Ville à cet égard. Il accusait l'administration de n'avoir aucune directive claire avant d'entreprendre des travaux dans des lieux dont elle soupçonnait la présence d'amiante. À l'époque, seuls 28 bâtiments municipaux avaient été caractérisés et le syndicat n'avait pas accès à cette liste.

Malgré les interventions médiatiques faites par le syndicat des cols bleus à l'automne 2012, la Ville disait ne pas avoir l'intention d'agir rapidement, notamment à cause des coûts liés à un tel exercice de caractérisation. Huit mois plus tard, elle changeait son fusil d'épaule, un peu forcée par la loi qui allait bientôt l'exiger, et annonçait la mise en place d'un programme de caractérisation de tous ses immeubles afin d'obtenir une liste de tous les matériaux contenant de l'amiante et de pouvoir les localiser. C'est la firme EXP qui a obtenu le contrat d'une valeur de 333 460$. Les analyses ont toutes été faites en 2014 et les rapports ont été soumis à la fin de 2015.

Les cols bleus ont exigé de faire partie de l'exercice dès le début, ce qui a finalement été accepté par l'administration. «Nous avons dû mettre beaucoup de pression sur l'employeur, se rappelle M. Savard. Il a fini par comprendre que si nous n'étions pas impliqués de A à Z dans ces analyses, nous allions toutes les contester. Au début, notre présence n'était pas très appréciée, mais l'employeur a finalement reconnu qu'on devait être impliqués pour que nos membres se sentent à l'aise.»

Ainsi, trois cols bleus ont suivi les travaux de caractérisation du début jusqu'à la fin. Ils ont eu en main les quelque 258 rapports de caractérisation produits par la firme EXP. Le syndicat a donc aujourd'hui toute l'information pour assurer la protection de la santé de ses membres. 

«Tous les cols bleus affectés aux édifices ont reçu une formation sur les travaux en lien avec les matériaux contenant de l'amiante, précise la porte-parole de la Ville de Gatineau, Cynthia Lauzon. Ils ont également reçu une formation portant sur le registre des endroits en présence d'amiante. Au total, 110 cols bleus et 12 employés-cadres du service des travaux publics et du service de l'environnement ont reçu cette formation.»

Les rapports de caractérisation peuvent tous être consultés par les travailleurs. Le registre papier est également disponible dans un boîtier sécurisé à l'entrée de chaque bâtiment ayant la présence d'amiante.

Une analyse deux ans après la découverte d'amiante

Novembre 2012. De l'amiante est trouvé dans les tuiles de plafond du centre de services de Masson-Angers. L'endroit est condamné, forçant la Ville de Gatineau à déménager ses employés à Buckingham. Ils n'y reviendront que plusieurs mois plus tard. 

L'administration municipale attendra toutefois jusqu'en décembre 2015 avant d'obtenir une étude de caractérisation de l'immeuble par la firme EXP. Le service des communications n'a pas été en mesure d'expliquer pourquoi elle n'a pas été faite plus tôt, compte tenu de l'incident de 2012. Les employés de ce centre de services travaillent toujours dans un environnement dont certains matériaux contiennent de l'amiante, mais maintenant, la Ville sait où elle est située et estime que c'est sans danger pour la santé. 

Le rapport de caractérisation révèle que de l'amiante, dans des taux de concentration allant de 1 à 65%, est présent dans certains murs, plafonds, planchers et sur des conduites mécaniques. La firme embauchée par la Ville précise que cet amiante n'est cependant pas friable, mais se trouve à l'intérieur de matériaux parfois endommagés. La Ville ne prévoit pas de travaux correctifs à cet endroit pour l'instant.

Le cas du poste de police d'Aylmer

Des travaux entamés au poste de police d'Aylmer, en septembre 2013, en ont aussi forcé l'évacuation. Craignant la présence d'amiante dans certains matériaux, les policiers ont rapidement quitté les lieux avant d'y revenir le lendemain. La Ville avait finalement indiqué que les analyses effectuées ont démontré qu'il n'y avait aucune présence d'amiante dans les locaux précis où on craignait une contamination. 

L'étude de caractérisation des lieux n'a eu lieu que huit mois plus tard. Le rapport révèle qu'il y a bien de l'amiante dissimulé dans les matériaux à cet endroit. C'est le cas dans des planchers, des plafonds et dans des murs. Le taux de concentration d'amiante atteint 8% et les matériaux sont parfois très endommagés, stipule la firme spécialisée dans son rapport. 

Il s'agit de l'un des édifices où il a été recommandé à la municipalité de retirer des matériaux contenant de l'amiante. La porte-parole de la Ville de Gatineau, Cynthia Lauzon, indique que ces travaux doivent être réalisés d'ici la fin de l'année.

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