Suspension sans solde de chauffeurs de la STO

Les chauffeurs de la Société de transport de... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Les chauffeurs de la Société de transport de l'Outaouais arborent des chandails fluorescents pour dénoncer la plus récente offre patronale.

Patrick Woodbury, LeDroit

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La Société de transport de l'Outaouais (STO) a mis sa menace a exécution et a commencé, mercredi, à imposer des suspensions sans solde d'une journée aux chauffeurs qui refusent de revêtir de façon intégrale l'uniforme officiel.

Par voie de communiqué, la STO affirme qu'elle ne tente pas de restreindre le droit à la liberté d'expression de ses syndiqués, qui portent des chandails fluorescents pour dénoncer la plus récente offre patronale. « Les conseillers juridiques de la STO confirment que la convention collective s'applique toujours et que le port de l'uniforme est obligatoire pour des raisons évidentes de sécurité des usagers et des employés », affirme la porte-parole du transporteur public, Céline Gauthier. 

Gradation des sanctions

L'avis de suspension reçu le 21 septembre dernier par un des chauffeurs de la STO - et dont LeDroit a obtenu copie - va plus loin. La STO laisse planer une gradation des sanctions. « En cas de récidive, la prochaine étape dans votre cas sera une suspension sans solde de trois journées », précise la lettre de réprimande. 

Les sanctions actuellement imposées par la STO tranchent avec les propos tenus il y a quelques semaines, lors du début des moyens de pression, par le président de l'organisation, le conseiller Gilles Carpentier. « C'est normal, c'est un droit qui appartient au syndicat et aux employés, ils l'exercent et la STO respecte ce choix-là, disait-il le 8 septembre dernier. Ce n'est pas souhaitable, mais ça demeure un geste qui n'a pas d'impact sur la qualité des services, et on va le tolérer. »

M. Carpentier a refusé de revenir sur ses propos jeudi. « Comme président, je ne suis pas dans la gestion quotidienne, a-t-il affirmé. L'important, c'est de se concentrer sur la prochaine convention collective. Je préfère regarder vers l'avant. »

Syndicat et patrons à couteaux tirés

Le président du syndicat des chauffeurs et des employés de l'entretien, Félix Gendron, a affirmé jeudi que le plan de match établi demeurait en vigueur et que les chauffeurs allaient continuer de porter leur gilet en guise de moyen de pression, et ce, malgré les menaces de l'employeur. 

M. Gendron accuse l'employeur de ne pas respecter les règles entourant la présente négociation.

La direction de la STO fait circuler à l'interne de nombreux mémos à l'intention des employés à propos des négociations en cours. Ceux dont LeDroit a obtenu copie datent des 2, 7 et 8 septembre derniers. 

À plusieurs reprises, la direction affirme déplorer l'attitude des représentants syndicaux. « La STO considère que les actuels moyens de pression sont inappropriés puisque les deux parties n'ont aucunement échangé suite aux derniers dépôts, stipule la missive interne du 7 septembre. Les dernières offres transmises aux représentants syndicaux sont raisonnables et équitables et elles constituent une base pour entreprendre des négociations de bonne foi qui, malheureusement, n'ont toujours pas eu lieu. »

Félix Gendron affirme que cette façon de faire ne respecte pas les règles encadrant les relations patronales-syndicales. Des griefs à cet effet sont en voie d'être déposés, s'ils ne le sont pas déjà officiellement. 

La porte-parole de la STO rétorque que l'employeur est tout à fait dans son droit d'entrer en contact avec ses employés et de les informer du déroulement des négociations.

Une série de rencontres de conciliation entre les deux parties sont prévues à partir du 5 octobre prochain.

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