Soirées karaoké: «les micros sont ouverts», réagit le maire

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«Gatineau ne ferme aucun micro», a affirmé le maire Maxime Pedneaud-Jobin.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a vivement réagi mardi à l'article «Gatineau ferme les micros» publié par LeDroit samedi dernier.

Il a affirmé que ce dossier avait fait perdre une «quantité phénoménale de temps» à l'administration municipale. «Il y a 75 établissements conformes à Gatineau, j'invite la population à aller y chanter, les micros sont bel et bien ouverts», a-t-il lancé, plus de 72 heures après le début de la controverse.

Dans une allocution faite lors du caucus préparatoire au conseil municipal, M. Pedneaud-Jobin n'a pas mâché ses mots pour qualifier le travail du Droit et de son représentant dans ce dossier. Il a mentionné que «l'absence de rigueur [...] a porté atteinte à la réputation de la Ville à la grandeur du Québec». Il a ajouté, sur les ondes de Radio-Canada, que l'article était «une insulte à l'intelligence». Il a aussi dit s'attendre à plus d'un quotidien régional et de tous ceux qui ont relayé la nouvelle sans vérification.

«Il y a eu des milliers de partages sur Facebook disant que Gatineau ferme les micros, a-t-il rappelé. Gatineau ne ferme aucun micro. C'est sûr qu'on n'a pas l'air particulièrement brillant, mais ça part d'une information qui n'est pas exacte et ça me choque profondément, comme tout le conseil.»

Visite d'agents

Dans notre édition de samedi, nous affirmions, après vérification auprès de nombreux tenanciers, du service des communications de la Ville de Gatineau et du Service de police de la Ville de Gatineau, que neuf établissements licenciés, avaient reçu la visite d'agents parce qu'ils organisaient des soirées karaoké - ou dans certains cas, des spectacles - sans avoir un permis de spectacle de la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ).

Ces établissements, qui offraient ces activités parfois depuis plus de 10 ans, se sont fait interdire l'organisation de ces soirées. 

«Ce n'est pas problématique», a insisté le maire. Sur la base d'informations qu'il n'a pas été possible d'obtenir au moment de la publication de l'article, il a précisé que sur les neuf cas, cinq ne portaient pas sur le karaoké, trois ont une demande de permis de spectacles et un doit bientôt obtenir le feu vert de la RACJ. «La loi c'est la loi, a-t-il ajouté. S'il y a des plaintes dans les autres villes, elles vont devoir agir comme nous.»

Le maire n'a particulièrement pas digéré que LeDroit affirme que Gatineau menait «une guerre sans merci» contre les soirées de karaoké qui, selon lui, démontre une profonde incompréhension de la loi, ainsi qu'une accusation gratuite. Plusieurs tenanciers, publiquement et sous le couvert de l'anonymat, ont indiqué au Droit avoir beaucoup de difficulté à obtenir l'autorisation de la Ville de Gatineau pour obtenir un permis de spectacle de la RACJ.

Le maire Pedneaud-Jobin n'a pas voulu s'étendre très longtemps sur cet élément du dossier, qui selon lui est «complètement un autre sujet».

Il a toutefois indiqué être conscient que la bureaucratie gatinoise peut parfois être lourde, comme c'est le cas, a-t-il ajouté, dans tout le monde municipal.

Dossier karaoké à Gatineau: les faits

  • Intervention du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) dans neuf établissements licenciés à la fin du mois d'avril 2016 pour y faire cesser des soirées karaoké ou la tenue de spectacles parce que cela ne respectait pas le permis délivré par la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec (RACJ). Des visites de suivi ont ensuite été faites pour s'assurer du respect de l'interdiction.
  • Quatre de ces établissements organisaient illégalement des soirées de karaoké, les autres présentaient illégalement des spectacles. À ce jour, cinq n'ont toujours pas fait de demande de permis de spectacle auprès de la RAJC, trois demandes sont en analyse et une demande doit être prochainement approuvée par la RACJ.
  • Plus de 75 établissements licenciés ont un permis de spectacle valide à Gatineau et sont en droit d'organiser des soirées karaoké.
  • L'intervention policière s'est faite sur la base d'une plainte, par des agents habillés en civil, alors que dans certains cas, des établissements organisaient des soirées depuis plusieurs années sans jamais avoir été avertis.
  • Le SPVG n'a pas agi avant parce ce n'«était pas une infraction qui attirait l'attention des policiers» avant d'avoir reçu une plainte.
  • Le SPVG n'a pas été dépêché dans les bars fautifs par la Ville de Gatineau. Il a agi sur la base du mandat qui lui est confié par la RACJ.
  • La Brasserie de l'Île, dont le cas est cité dans l'article du Droit de samedi, a fait plusieurs demandes de permis de spectacle, mais ne parvient pas à l'obtenir parce que l'immeuble est en situation de droit acquis et que l'usage spectacle n'est pas permis au zonage. Il s'agit d'un cas particulier.
  • L'obligation d'obtenir un permis de spectacle pour organiser des soirées karaoké relève de la réglementation provinciale et est mise en application par la RAJC. 
  • La Ville a 30 jours pour s'opposer à une demande de permis de spectacle fait auprès de la RACJ. Pour donner son accord à une demande de permis de spectacle auprès de la Régie, la Ville va exiger du commerçant un plan d'architecte, comme le fait la Régie, va vérifier les droits acquis et les usages conditionnels qui demanderaient l'autorisation du conseil municipal, s'assurer de la conformité de l'affichage ainsi que de la capacité d'occupation selon les usages permis.
  • Il arrive «fréquemment» que la Ville s'oppose à l'émission d'un permis de spectacle par la RACJ parce que la demande du commerçant est incomplète.
Selon les propos recueillis mardi auprès du chef de la police de Gatineau, de la directrice de l'aménagement du territoire et du développement économique, ainsi que des services juridiques de la Ville de Gatineau.

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