Moyens de pression colorés à la STO

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Les chauffeurs ont troqué leur uniforme réglementaire pour des chandails fluorescents dénonçant la dégradation de leurs conditions de travail.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Les chauffeurs de la Société de transport de l'Outaouais (STO) arborent depuis mercredi des chandails fluorescents pour dénoncer la plus récente offre patronale, alors que le syndicat ne cache pas que «le but ultime, c'est d'aller chercher un mandat de grève».

À la suite d'une assemblée tenue mardi, les chauffeurs ont troqué leur uniforme pour des chandails sur lesquels on peut lire «nos conditions de travail se dégradent», un premier moyen de pression pour le syndicat qui représente aussi les employés d'entretien.

Le syndicat a quitté la table de négociation et un avis de différend devait être envoyé mercredi à la ministre fédérale du Travail, qui devra répondre dans les 21 jours. Selon le président de la section locale 591 du Syndicat uni du transport, Félix Gendron, il est probable que la ministre envoie les parties en conciliation.

Le Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) doit aussi être saisi du dossier pour se pencher sur la question des services essentiels. Selon Félix Gendron, en cas de débrayage, la décision risque d'être similaire à celle rendue en 2009 lors de la grève des chauffeurs d'OC Transpo, alors que le CCRI avait statué que le transport en commun n'était pas un service essentiel dans la capitale.

L'objectif «ultime»: un mandat de grève

M. Gendron ne peut prédire à quel moment ses quelque 550 membres pourraient être appelés à se prononcer sur un mandat de grève, mais affirme qu'il s'agit de l'objectif «ultime», dans le but de «mettre de la pression sur l'employeur».

En attendant, les moyens de pression vont «s'intensifier», dit-il, en précisant que «pour l'instant, le but n'est pas d'affecter le service aux usagers».

«C'est dans le cours des négociations, a réagi mercredi le président de la STO, Gilles Carpentier. C'est normal, c'est un droit qui appartient au syndicat et aux employés, ils l'exercent et la STO respecte ce choix-là. [...] Je souhaite simplement que ces moyens de pression n'auront pas d'impact sur la qualité du service et l'information que j'ai [mercredi] matin c'est que tout est dans l'ordre. Les chauffeurs ont décidé de porter un gaminet [...], ce n'est pas souhaitable, mais ça demeure un geste qui n'a pas d'impact sur la qualité des services, et on va le tolérer.»

Le président du syndicat affirme que le deuxième dépôt de l'employeur était «exécrable et même pire que le premier». Les syndiqués, dont la convention collective est échue depuis décembre 2014, soutiennent que la plus récente offre représente des pertes du côté des horaires de travail et des conditions salariales.

Gilles Carpentier affirme pour sa part que les choses suivent leur cours. «Le conseil d'administration a donné un mandat de négocier au comité de négociation, et ce mandat-là demeure inchangé, tout comme la stratégie de la STO demeure la même, a-t-il indiqué. [...] Le processus est normal, il suit son cours. Le syndicat a choisi de se retirer pour l'instant. On verra les prochaines étapes. J'ai des rencontres de prévues avec l'administration dans les prochains jours, on va se pencher sur ce dossier et on verra s'il y a des gestes à poser pour l'employeur pour préparer les prochaines étapes du processus.»

- Avec Mathieu Bélanger

Le Rapibus fait un pas de plus vers le boulevard Lorrain

Le processus officiel pour permettre à la STO d'obtenir les 37,5 millions $ nécessaires au prolongement du Rapibus jusqu'au boulevard Lorrain est officiellement enclenché.

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«On a eu une très bonne discussion, on lui a fait visiter la station de la Cité, on lui a expliqué les enjeux qui viennent avec le fait qu'on ne se rend pas jusqu'à Lorrain et les impacts sur la qualité des services, explique M. Carpentier. Notre mandat reste le même, c'est de convaincre le ministère de libérer les sous. L'information a été donnée. On va maintenant respecter le processus et les analyses du MTQ.»

- Mathieu Bélanger, LeDroit

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